A PROPOS DU PAS (3ème partie).

Avant de parler de ce qui pourrait être une des raisons d’une latéralisation du pas, revenons sur quelques points d’anatomie et de biomécanique : le ligament nuchal et le ligament supra-épineux d’un côté, et le muscle long dorsal de l’autre,  qui ont un rôle très important dans la locomotion, et en l’occurrence dans le pas.

Le ligament nuchal court sur la ligne du dessus, au niveau de l’encolure. Il part de la protubérance occipitale, entre les deux oreilles, et va jusqu’au garrot. Le ligament supra-épineux part du garrot, et va jusqu’au sacrum.

Tous deux servent à relier entre elles les vertèbres, et constituent un puissant soutien de la charpente vertébrale. Le ligament nuchal a une particularité due à l’anatomie de la colonne cervicale. En effet, cette dernière ne suis pas la ligne de l’encolure, mais plonge au contraire vers le bas de l’encolure. Pour rester relié aux vertèbres cervicales, le ligament nuchal est donc constitué de deux parties : la corde, qui suit la ligne de l’encolure, et la lame, qui comporte  plusieurs groupes de puissantes fibres qui partent de la corde,  et descendent s’attacher aux vertèbres.

En rouge se dessine la corde du ligament nuchal, et de cette dernière partent les fibres constituant la lame, et représentées en gris.

Le muscle long dorsal est un des muscles locomoteurs les plus puissants chez le cheval. Il part du sacrum, et va jusqu’aux dernières cervicales (les plus basses) en courant de part et d’autre de la CV. Il est puissamment inséré sur les vertèbres et sur les côtes en région thoracique,  plus en avant il a des insertions sur la face médiale du bras.

Au pas et au trot, ce muscle fonctionne par alternance de contractions et décontractions latérales en fonction de l’alternance du déplacement des membres. Il en va légèrement différemment au galop, du fait de la quasi simultanéité du déplacement des membres. On retrouve cette alternance « contraction-décontraction » latérale, dans les changements de pied au temps.

Voici deux exemples de mouvements qui illustrent l’étendue des implications du long dorsal : la pesade, où il agit comme élévateur de l’avant main, et la croupade, comme élévateur de l’arrière main. Autant dire que s’il est contracté, cela peut avoir une incidence sur les membres antérieurs comme sur les membres postérieurs.

Rappelons qu’il n’a pas la vocation de porter le cavalier !

 

C’est la justesse de l’attitude du cheval qui, par une tension optimale du ligament nuchal et du ligament supra-épineux, assure le portage du cavalier, en laissant au muscle long dorsal sa vocation de muscle locomoteur.

Par une orientation vers l’avant et vers le bas de l’encolure, le ligament nuchal s’étire, et sa base, qui se trouve insérée sur les apophyses épineuses du garrot entraîne, par voix de conséquence, ces dernières vers l’avant. Les apophyses épineuses du garrot servant également de point d’insertion au ligament supra-épineux, étirent alors ce dernier vers l’avant. C’est ainsi que la ligne du dessus s’étend et que le dos remonte.

Dans le travail au pas moyen, il est donc de la plus grande importance de laisser à l’encolure la possibilité de s’allonger, mais également de laisser libres les mouvements de balancier de celle-ci!

C’est justement dans le cas où le cavalier, de quelques façons que ce soit, entrave le bon fonctionnement du binôme encolure-dos, que l’altération du pas peut survenir, puisqu’on a vu qu’un muscle long dorsal contracté ou mal orienté pouvait induire des contractions vers les autres groupes musculaires et notamment ceux des membres.

 

4 Responses to “A PROPOS DU PAS (3ème partie).”

  1. sylou dit :

    faut il donc comprendre que le fait de garder la main fixe dans le pas, en
    n’ accompagnant pas les mouvements de l’encolure en avançant les mains vers les oreilles, peut être un facteur de la détérioration du pas vers l’amble ?

  2. Je pense en effet, que pour un bon pas allongé la main doit rester fluide.

  3. sylou dit :

    Donc on ne remet pas en cause le principe de la main fixe, sauf pour les allures allongées où le cheval se sert de son encolure comme balancier (pas et galop allongé donc ?)

  4. Je pense en effet que c’est raisonnable.

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