A PROPOS DU TROT.

Comme nous avons précédemment évoqué l’altération du pas, nous allons dans ce post évoquer l’altération du trot.

Nous allons prendre l’exemple du trot allongé, car c’est dans cet exercice que l’altération de l’allure peut s’exprimer de la façon la plus spectaculaire, comme on peut d’ailleurs souvent le constater en compétition.

Dans le cas d’un trot correct, les canons des deux membres d’une paire diagonale, doivent être parallèles. Si l’on sort du cadre du trot pur, cette affirmation n’est plus valable au piaffer, au passage et au trot espagnol.

Le problème est qu’à l’heure actuelle en compétition, elle n’est bien souvent plus valable non plus, ni au trot de travail, ni au trot allongé. En effet, une nouvelle mode a fait son entrée sur les rectangles de dressage, où l’on voit des trots particulièrement spectaculaires mais quelque peu dénaturés, le trot de travail devenant ni plus ni moins du trot passagé, et le trot allongé, du trot espagnol!

Revenons à l’exemple choisi, le trot allongé, et constatons en regardant  la photo ci-dessous, qu’il est à peine exagéré de dire que certaines fois, il peut ressembler à du trot espagnol.

Sur cette photo, les canons ne sont absolument plus parallèles, l’antérieur étant projeté très en hauteur!

Comment arrive-t-on à un tel trot?

Le cheval que nous montre la photo précédente, présente une ligne du dessus hyper tendue, avec un dos « body buildé » sans doute très fort, mais manquant probablement d’élasticité.

Les postérieurs sont engagés, mais le cheval est trop raccourci, ne s’étendant pas suffisamment pour donner un allongement alors sans doute moins spectaculaire, mais plus harmonieux et moins contraignant physiquement. C’est simple, si l’on cache les membres, le cheval pourrait tout aussi bien être au trot rassemblé!

L’attitude de ce cheval est certainement voulue par son cavalier, désireux de développer force et brillant. On peut toutefois légitimement se demander si les contraintes nécessaires à l’obtention d’un tel résultat préserveront longtemps l’intégrité physique du cheval!

La photo suivante ne nous montre pas du tout le même cas de figure, bien qu’on y voit aussi un trot altéré, les canons non parallèles.

Le cheval présenté est tout le contraire du précédent. Ligne du dessus relâchée, dos creux, et propulsion faible avec des postérieurs loin derrière. Le garrot est affaissé, et les épaules manquent de liberté.

Il semble que seuls les antérieurs allongent, tant les postérieurs sont en retard, ne pouvant s’engager!

Dans ce cas ci, je ne pense pas que l’attitude du cheval soit voulue par le cavalier, mais procède plutôt d’un travail présentant des lacunes, et dans lequel le dos du cheval porte mal son cavalier. A long terme, voire à moyen terme, cette disposition de la ligne du dessus n’est pas sans risque pour l’intégrité physique du cheval.

On pourrait commenter ces deux photos en résumant ainsi : sur la première, les postérieurs sont en place et les antérieurs se mobilisent trop, en allant au delà de la ligne des postérieurs, et sur la seconde, les antérieurs sont à peu près à leur place, mais les postérieurs sont beaucoup trop en arrière de la ligne des antérieurs.

Dans les deux cas, les cavaliers restent dans une attitude non conforme à celle requise lors de la réalisation d’un trot allongé. On pourrait les croire au trot de travail. Il n’émane pas de leur position l’envie d’accompagner leur monture vers l’avant pour la laisser s’étendre.

3 Responses to “A PROPOS DU TROT.”

  1. Sabrina dit :

    Je vouais réagir sur cette phrase :

    « L’attitude de ce cheval est certainement voulue par son cavalier, désireux de développer force et brillant. On peut toutefois légitimement se demander si les contraintes nécessaires à l’obtention d’un tel résultat préserveront longtemps l’intégrité physique du cheval! »

    Je pense que les juges de dressages poussent les cavaliers à cet excès, il n’y a qu’a constater le « trot allongé » de Salinero, totilas et autres grands noms du dressage actuel. L’effet de liberté des antérieurs, assez impressionnant et esthétique, efface complétement le « détail » des membres parallèles, donnant fatalement une meilleure note au cavalier et incitant les autres à en faire de même.

    Je trouve que cet exercice est même parfois plus proche du trot espagnol que du trot allongé (chez Totilas ou Fuego au dernier jeux mondiaux par exemple). Le trot espagnol, chez un cheval rassemblé et en équilibre, peut être vraiment bénéfique s’il est pratiqué raisonnablement et en respectant l’intégrité physique et psychique du cheval. Il peut être intéressant chez un cheval au trot rasant, qui manque de brillant. Il peut même parfois animer et donner du brillant au passage.
    L’apprentissage de la jambette, du pas espagnol et du trot espagnol renforce aussi le lien entre le cavalier et son cheval, en affinant leur communication.
    Il n’y a cas jeter un coup d’œil au photos de Vallerine monté par E. Beudant et quelques vidéos ou livres de Nuno Oliveira, il est vrai que cet air donne de la prestance!

    Merci pour ces articles très intéressants, je pense que je vais passer du temps sur ce site!

    Bonne journée,

    Bien cordialement,

    Sabrina

  2. ml dit :

    ces photos sont très parlantes, merci pour tous ces articles très intéressants!

  3. Lambert dit :

    Bonjour,

    Je voulais juste vous remercier pour ce super article. Enfin des gens qui en parlent. Je fais de l’obstacle, mais tout ce qui se passe en dressage m’intéresse beaucoup aussi. Je dirais qu’actuellement en saut d’obstacle, il y aussi des pratiques douteuses.
    Par exemple, en Suisse, l’hyperflexion sera sanctionnée à partir de cette année !!! Mais qui appliquera et comment ce sera appliqué…. je ne sais pas trop. En tout cas si c’est appliqué, il n’y aura plus grand monde en compétition…..

    Mais où va le dressage moderne, ils détruisent les chevaux ainsi. Ce n’est plus du dressage classique mais du SHOW !!!!!! Et les juges actuels cautionnent tout ça, ils donnent des 10 pour de telles allures, je ne comprends pas. Cela va pourtant à l’encontre des lignes de conduites écrites dans le guides des juges de la FEI que j’ai eu entre les mains il y a peu.

    Ces chevaux sont tous des leg mover et pas des back mover. Ils ne savent pas et ne peuvent utiliser leur dos correctement. Mais où va-t-on ?????? Le pire pour moi et que nombreux sont les cavaliers qui admirent ces chevaux et ces cavaliers. Du coup, ils veulent les imiter !!!!!

    Très bonne journée à vous !!!!

    Avec mes meilleures salutations

    Aurélie

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