LE DÉBOURRAGE : HABITUATION A LA SELLE ET AU MORS (première partie)

Ce post sur le débourrage sera dans un premier temps consacrée à l’habituation à la selle.

Je suggère de ne pas habituer le cheval à la selle et au mors en même temps, afin de ne pas le submerger de trop de nouvelles informations et de nouvelles sensations en même temps.

Vous pouvez par exemple commencer par la selle, en prenant toutes les précautions habituellement requises :

  • Faire voir et faire sentir le matériel au préalable au cheval;
  •  S’assurer que le cheval supporte tout à fait, que l’on évolue autour de lui avec le matériel, sans précautions particulières;
  • S’assurer que le cheval accepte en restant détendu, que l’on pose la selle sur son dos;
  • Idem pour le sanglage.

Si l’une de ces étapes pose  problème au cheval, s’il prend peur ou s’il se contracte, il faut revenir en arrière, sans omettre de récompenser à chaque fois qu’il n’ a aucune réaction négative de peur ou d’appréhension. Cela s’appelle le renforcement positif, et c’est ce qui fonctionne le mieux lors de l’apprentissage de nouvelles tâches. 

 Ceci est très important, et est un gage de réussite pour le bon déroulement de la suite du débourrage!

Le fait d’avoir la selle sur son dos est déjà le début du portage pour le cheval, et ce n’est pas anodin pour lui, car cela ne lui est absolument pas naturel. Il aurait plutôt tendance à déclencher le programme anti prédateur.

Lors du débourrage du jeune cheval, de nombreuses chutes de cavaliers sont liées à la mise en place trop rapide et incomplète de cette phase. Cela est fort dommageable pour le cheval car, en plus de travailler dans la peur, ce qui est déjà une première sanction,  il se voit de nouveau sanctionné pour ses soi-disant frasques!

Lorsque le cheval accepte en toute confiance d’être sellé et sanglé, il faut l’habituer à marcher sellé. Ensuite, les même précautions seront prises afin qu’il supporte sereinement le contact des étriers sur ses flancs.

Lorsque l’étape des étriers est bien intégrée, et afin d’habituer le cheval à porter plus de poids, on peut se munir de pneus, les relier entre eux au moyen d’une solide sangle, et les faire pendre de part et d’autre de la selle. J’utilise ce moyen sur un cheval dont l’étape montoir a été mal conduite, et avec lequel je préfère reprendre à zéro. Le mieux est d’avoir des pneus de différentes grosseurs, et de les utiliser en allant progressivement des plus légers aux plus lourds.

Il ne faut pas hésiter à les installer indifféremment par la gauche et par la droite du cheval. A chaque pose de nouveaux pneus, faire marcher ce dernier sur le droit et sur des courbes, en le conduisant aux deux mains et en se tenant tant à sa gauche qu’à sa droite.

Selon les individus, l’habituation à la selle peut prendre plus ou moins de temps. Cela dépend également du temps dont on dispose pour l’entreprendre, mais quoi qu’il en soit, la réussite ne s’évalue pas au temps passé, mais à la sagesse et à la sérénité observées chez le cheval!

One Response to “LE DÉBOURRAGE : HABITUATION A LA SELLE ET AU MORS (première partie)”

  1. Marie-Pierre dit :

    Merci d’insister sur la décomposition des étapes lors du débourrage !
    Il est très important à mes yeux d’introduire chaque élément sereinement, d’attendre que le poulain soit parfaitement « zen » pour passer à l’étape suivante.
    Aussi je me permets d’insister…sur le tapis ! C’est une étape importante, c’est celle qui a posé le plus de problème à mon 3 ans appaloosa….
    On peut faire pleins de choses avec un tapis. Le poser sur le dos, bien-sûr, puis partout… L’agiter, le faire tomber (parce qu’un jour peut-être le vent le fera s’envoler), s’en servir pour faire du « volume » en hauteur, à partir d’une chaise (et ainsi habituer le poulain au volume d’un cavalier).
    Dans le même ordre d’esprit, habituer le jeune à voir un cavalier en hauteur, perché sur une chaise, sur le futur montoir, d’abord statique, puis qui s’agite, ça permet d’avancer le travail. Faire marcher à coté d’un cheval monté aussi, il y a pleins de situations à imaginer !
    De même, il est bon d’habituer au sanglage. J’aime bien introduire d’abord une simple longe plate, qui serre progressivement autour du passage de sangle (avec la main simplement), puis faire marcher ainsi.
    En décomposant toutes les étapes, pour ma part la selle a été une simple formalité pour mes deux 3 ans. (Et la suite aussi pour le moment, à ma plus grande surprise…).
    Je ne sais pas si la durée du débourrage a été abordée…. Avant j’étais « classique », un mois ou deux et tout « devait » être fini.
    Là, sans doute parce que je n’avais pas prévu de le faire moi-même, et aussi parce que je me suis beaucoup remise en question, parce que j’ai essayé d’avoir une vision plus éthologique, je ne me suis fixée aucune limite de temps, m’adaptant complètement à la progression du cheval. C’est très plaisant….

    Désolée je suis bavarde, mais le débourrage, je suis en plein dedans, c’est un sujet qui me tient à coeur !

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