Archive for janvier, 2013

LATERO-FLEXION DE LA NUQUE.

dimanche, janvier 27th, 2013

Bien qu’ayant déjà écrit un post sur la flexion latérale de la nuque (post auquel vous pouvez accéder en cliquant ici) un petit retour sur ce sujet ne me paraît pas inutile.

Il est très difficile de bien obtenir ce fameux petit pli derrière la ganache. Bien souvent, soit il n’y a aucun pli et seule l’encolure se ploie, soit le cheval bascule la nuque.

Mais pourquoi cette « manœuvre » est-elle si délicate? Voici ce que nous dit Gerd Heuschmann dans son livre « Dressage moderne » :

« L’articulation atlanto-occipitale (la nuque) est une petite articulation qui ne permet pratiquement que le mouvement vertical (hochement). Une flexion latérale n’est possible que dans une mesure restreinte.Ceci est dû à l’anatomie fonctionnelle de cette articulation, mais aussi  au fait que les processus paracondylaires limitent les flexions latérales. C’est une des raisons qui expliquent que la flexion latérale de la nuque n’est possible que dans de faibles proportions lors d’une demande de pli, comme le préconise l’enseignement classique. »

Les processus paracondylaires sont indiqués par le chiffre 2.

    Il est également à souligner que certains chevaux ont des glandes parotides très développées, ce qui peut ajouter à la difficulté de latéro-flexion de la nuque.

En règle générale, le travail de la nuque est très délicat et requière beaucoup de finesse dans l’utilisation de la main, la place de celle-ci étant tout à fait déterminante pour la justesse de la flexion latérale.

Le cavalier ne peut se borner à n’utiliser qu’une ou deux actions de base, de type rêne d’ouverture, qui n’est d’ailleurs pas vraiment appropriée à ce type de travail, ou rêne contraire. Il doit se faire expérimentateur, et ne pas hésiter à rechercher dans la grande palette de nuances d’actions de mains, celle qui conviendra le mieux à son cheval. Le plus important étant d’agir avec tact et douceur.

 

CASSURE A LA TROISIEME VERTEBRE.

dimanche, janvier 20th, 2013

Ce petit post a pour but d’aider à comprendre comment, d’un point de vue anatomique, un cheval « casse » l’encolure entre la deuxième et la troisième vertèbre cervicale.

 

Cheval qui se casse ponctuellement et légèrement à la troisième vertèbre, lorsque la main de son cavalier manque de délicatesse.

La colonne cervicale du cheval forme une sorte de « S » inversé. La première courbe de ce « S », la courbure nuchale va de la protubérance occipitale à la deuxième vertèbre comprise.

Lorsque dans le travail, la main du cavalier devient trop dure, elle exerce une traction sur la bouche du cheval qui porte sa tête en arrière de la verticale. En fonction de l’intensité de cette traction, l’encolure se ploie alors plus ou moins, à la jonction entre la première courbure et la ligne oblique du « S », c’est à dire entre la deuxième et la troisième vertèbre.

Ceci n’explique pour autant pas pourquoi cette flexion se fait à cet endroit plutôt qu’à un autre,  par exemple plus bas. En fait, plusieurs éléments sont la cause de cette flexion :

  • Un puissant système musculaire relie solidement entre elles la protubérance occipitale à la première et à la deuxième vertèbre cervicale;
  • cette courbure est la partie de la colonne cervicale la plus proche de la partie supérieure de l’encolure ( que l’on nomme le « chignon »). Elle n’est donc pas couverte d’une masse musculaire aussi importante que plus bas, là où elle plonge à l’intérieur et vers le bas de l’encolure;
  • certains muscles puissants de l’encolure comme le m.rhomboïde, le m.trapèze, ou le m.dentelé du cou, ne couvrent pas la totalité de la colonne cervicale, et ne sont pas reliés aux premières vertèbres cervicales.

 

 

Cheval vraisemblablement toujours cassé à la troisième vertèbre consécutivement à un travail mal conduit dans son ensemble. 
Ces différents points concourent à provoquer à cet endroit de l’encolure une certaine « faiblesse » responsable de cette cassure.

PROCHAIN « CAFE-RENCONTRES ».

lundi, janvier 14th, 2013

 Prochain « Café-Rencontres » le samedi 2 février sur l’ostéopathie équine autour d’une petite collation, comme le veut la coutume.

Venez nombreux!

L’intervenante, ostéopathe équin mais également kinésithérapeute, aura très certainement une foule de bons conseils à vous donner.

N’hésitez pas à vous inscrire dès maintenant!

 

LE DÉBOURRAGE : HABITUATION A LA SELLE ET AU MORS (seconde partie).

dimanche, janvier 6th, 2013

Le précédent post était consacré à l’habituation du cheval à la selle. Celui-ci parlera de l’habituation au mors.

J’aimerais rappeler, avant de commencer, qu’à ce stade de son apprentissage, le cheval est mené régulièrement à pied, dans de petits exercices ayant pour but de lui apprendre à avancer, en variant plus ou moins la vitesse, et à changer de direction lorsqu’on lui demande.

Le cheval est conduit, les rênes accrochées au licol. Même s’il va sans dire que l’action ainsi produite n’est pas la même que celle produite par les rênes installées sur le filet, elle habitue tout de même le cheval à déplacer la tête, l’encolure ou les épaules. 

De façon concomitante, le cheval a appris à céder à la pression de la main sur différentes parties de son corps afin de les déplacer (par exemple chasser les hanches), à se porter en avant sur l’action de la cravache sans  avoir peur.  

Je souhaiterais faire une petite parenthèse concernant l’utilisation de la cravache : si l’apprentissage est bien mené, jamais la cravache ne doit frapper, ni  pour agir, ni pour punir!

Pour apprendre au cheval à se porter en avant sur l’action de la cravache, je conseille d’agir par touchettes assez espacées et régulières (n’allant pas crescendo)  sur la cuisse de ce dernier, jusqu’à ce qu’il se porte en avant. A ce moment, il faut cesser d’agir instantanément et récompenser. Les touchettes à la cravache ne doivent provoquer aucune douleur (essayez sur vous, c’est le meilleur moyen de vous rendre compte), tout au plus une gêne. C’est pour faire cesser cette même gêne que le cheval ce porte en avant. Il choisit cette réponse, et comme il se trouve que c’est la réponse attendue, il s’agit de récompenser immédiatement. Cette réponse ayant le double avantage de faire cesser le désagrément, et d’être en plus associée à quelque chose d’agréable, elle est intégrée par le cheval comme étant la bonne réponse. Seulement, il ne faut pas être pressé, car l’ action de cravache n’engendrant pas de douleur, le cheval peut mettre un certain temps à réagir. Il faut alors bien se garder d’ être tenté d’avoir des actions de plus en plus fortes, car alors, le cheval céderait à la pression de la douleur, ce qui changerait toute la philosophie du travail.  

Lorsque que le cheval ne manifeste plus aucune appréhension ni réaction vis à vis de la selle, le moment est venu de lui faire découvrir le mors.

La chose n’est pas forcément agréable, et il convient de particulièrement bien choisir son matériel. La cavité buccale et tout ce qui s’y trouve, est un espace fragile et sensible qu’il faut respecter, et agresser le moins possible.

Je n’ai pas un mors en particulier à recommander, mais plutôt quelques consignes importantes à proposer, qui pourront servir de guide dans le choix de l’embouchure :

  • Tout d’abord, bien adapter au niveau largeur, la taille du mors à la taille de la bouche, ensuite vient le choix de la forme et de la matière du mors;
  • Un mors fin est plus « tranchant »;
  • Un mors trop gros peut être encombrant pour une petite bouche;
  • Il faut tenter de trouver le juste milieu entre les deux.
  • Le métal bien froid, l’hiver, peut susciter sur les dents sensibles, des sensations fort désagréables;
  • Des alternatives existent avec le caoutchouc, qui cependant s’abîme vite, ou la résine.
  • Le palais de certains chevaux n’est pas très creux et peut être agressé par la pointe de l’angle formé par les deux canons d’un mors à simple brisure;
  • Par ailleurs un mors droit est trop dur pour un jeune cheval;
  • Le mors à double brisure me semble être une bonne solution.
  • Le mors à aiguilles est tentant pour le cavalier qui souhaite tourner plus facilement;
  • Ne vaut-il pas mieux passer un peu plus de temps à la préparation de cet exercice, à pied?
– Quelques exemples de mors-
Cette liste n’est pas exhaustive, et si vous-même, lecteurs de ce blog, avez de bons conseils, n’hésitez pas à les donner!

Une fois le mors choisi et installé sur le filet, le moment est venu de brider le cheval. Je pense judicieux, pendant quelques temps, d’associer la prise du mors à quelque chose d’agréable. Il est très facile de se munir d’une petite friandise, et de la proposer en même temps que l’on propose le mors.

Je dis « proposer », car jamais le mors ne doit être mis en force, au risque de voir le cheval rechigner définitivement à le prendre!

Voici un petit conseil pour inviter le cheval à ouvrir la bouche s’il tarde à le faire. Au lieu d’appuyer sur les barres, comme il est souvent de coutume de faire, j’ai eu de meilleurs résultats en « chatouillant » légèrement le palais.

Au début, il est important de ne pas conduire le cheval par les rênes attachées au mors, le temps qu’il s’habitue à ce nouveau contact assez désagréable pour lui je pense. Les exercices appris à pied en licol seront poursuivis un certain temps, le filet sous le licol, les rênes toujours sur ce dernier. Ensuite, ils seront débutés sur le filet, chaque action de main exercée sur le mors étant renforcée par un action sur le licol si cela est nécessaire pour une meilleure compréhension. Lorsque le dialogue s’installe, on peut enfin agir uniquement sur le filet.

Il faut que le cheval intègre en les comprenant, toutes ces nouvelles sensations qu’il retrouvera quant il sera monté et que le cavalier agira sur sa bouche par l’intermédiaire des rênes.

Cette phase est très importante, car elle conditionne le rapport ultérieur entre la bouche du cheval, et la main du cavalier.

A ce stade, le cheval va calmement et en confiance au travail à pied sur le filet. On peut maintenant ajouter la selle et le travailler étriers descendus, en veillant toutefois à ce que ceux-ci ne le gênent pas en venant taper les coudes.

A suivre …