Archive for mars, 2013

A PROPOS DES PRINCIPALES FORMES D’APPRENTISSAGE.

mercredi, mars 27th, 2013

Ce post a pour thème les renforcements et punitions au cours du processus d’apprentissage.

Il se décompose en plusieurs parties.

La première partie est consacrée  à l’énumération des différents types de renforcements et de punitions utilisés dans le processus d’apprentissage.

Les parties suivantes vous proposeront quelques extraits de textes écrits par des scientifiques sur ce sujet.

Les avis de certains auteurs divergent quant au sens qu’ils accordent aux termes de renforcement positif, renforcement négatif, et de punition.

Dans ce post, je prendrai comme référence, les auteurs qui envisagent les modalités d’interactions entre réponse et renforcement de la manière suivante :

Les 4 catégories du conditionnement opérant :

  1. Le renforcement positif : ajout de quelque chose d’agréable pour augmenter la probabilité qu’un comportement se produise.
  2. Le renforcement négatif : suppression d’une chose aversive pour augmenter la probabilité qu’un comportement se produise.
  3. La punition positive : ajout d’une chose aversive pour diminuer la probabilité qu’un comportement se produise.
  4. La punition négative : suppression de quelque chose d’agréable, pour diminuer la probabilité qu’un comportement se produise.

Il faut considérer les termes « positif » et « négatif » non pas avec une connotation de jugement de valeur mais simplement comme un moyen de préciser qu’un élément est ajouté (positif) ou supprimé (négatif).

Les théories du conditionnement opérant définies par le psychologue Burrhus Frederic Skinner(1904-1990) servent également de références théoriques aux éthologues, car les principes d’apprentissage sont les mêmes pour les animaux, tel le cheval, et pour les hommes.

Essayons d’associer à chaque catégorie de conditionnement un exemple concret . Prenons l’exemple d’un dresseur qui voudrait apprendre au travail à pied une levade à son cheval uniquement à la demande (sachant que ce dernier a déjà spontanément produit ce mouvement) :

  • Apprentissage par  renforcement positif : le dresseur met son cheval en liberté et décide de jouer avec lui. Au cours de cette séance, il cherche à déclencher un cabrer en stimulant son cheval soit par des bruits ou une gestuelle spécifique, lorsque le cabrer se produit celui-ci est   aussitôt  récompensé, par exemple, d’une friandise. 
    • Production spontanée d’un comportement (souhaité par le dresseur)=>récompense par ajout d’un élément agréable =>augmentation de la probabilité que le comportement se reproduise.
  • Apprentissage par renforcement négatif: le dresseur agit directement sur son cheval grâce à ses aides tactiles (badine derrière les postérieurs pour rassembler, et mains qui agissent par demi-arrêts sur les rênes pour déclencher l’élévation de l’avant main). Ces actions mettent le cheval dans un certain inconfort et, pour s’y soustraire, il va produire différentes réponses. Lorsque la bonne réponse est produite (levade), le dresseur cesse aussitôt ses actions, permettant ainsi à son cheval de retrouver du confort.
    • Production provoquée d’un comportement=>récompense par suppression d’une stimulation gênante=>augmentation de la probabilité que le comportement se reproduise.
                 
                                                                                                                    
  • Conditionnement par punition positive : le cheval se cabre sans y avoir été invité. Le dresseur agit de la cravache sur la croupe du cheval pour le porter en avant, ce qui le fait redescendre.  
    • Production spontanée d’un comportement (non souhaité par le dresseur)=>sanction par ajout d’un élément désagréable=>diminution de la probabilité que le comportement se reproduise.


  • Conditionnement par punition négative :  le cheval se cabre sans y avoir été invité. Le dresseur ne donne aucune récompense pour ne pas encourager le cheval à recommencer.
    •  Production spontanée d’un comportement (non souhaité par le dresseur)=>sanction par suppression d’un élément agréable=>diminution de la probabilité que le comportement se reproduise.
A suivre…

LES TROIS GRANDES ETAPES DE LA FORMATION DU CAVALIER.

lundi, mars 18th, 2013

A voir de nombreux cavaliers évoluer dans leur pratique de l’équitation, j’ai l’impression que trois grandes phases se détachent de l’ensemble d’un parcours équestre, de son point de départ jusqu’à son aboutissement.

1ère phase : dissociation des aides;

2ème phase : accord des aides;
3ème phase : indépendance des aides.
Ces trois grandes périodes s’imbriquent nécessairement les unes dans les autres, le cavalier débutant devenant un jour confirmé, et le cavalier confirmé, après de longues années de travail, devenant un cavalier (voire un écuyer) abouti, admiré par ceux qui le regardent.
Le débutant découvre d’abord un nouvel équilibre, puis les aides et leur emploi. N’étant pas stable, il a des difficultés à coordonner ses mouvements, et ne peut en général n’utiliser que ses jambes ou ses mains à la fois, les unes servant bien souvent à se tenir au cheval tandis que les autres agissent. Il est dans la dissociation des aides,(non volontaire). Le dosage des aides et la décontraction sont encore bien loin.
A force de persévérance, ce cavalier se stabilise, maîtrise mieux ses gestes, et parvient même à utiliser ses mains et ses jambes simultanément, accédant ainsi progressivement au statut de cavalier confirmé.
Le cavalier confirmé possède désormais un bon équilibre, et n’éprouve donc plus la nécessité de se « raccrocher » à sa monture. Par le biais d’ exercices de plus en plus complexes, le travail sur l’accord des aides s’installe, et s’améliore de plus en plus.
Cette phase est longue. Certains, qui sont le plus grand nombre d’ailleurs, n’iront jamais au delà et s’en accommodent parfaitement, pensant parfois qu’ils sont arrivés à une entière maîtrise de la technique, et qu’ils n’ont plus qu’à apprendre des exercices de plus en plus difficiles à leur cheval.
Pour d’autres, la tâche est ingrate. Ils savent qu’il reste encore beaucoup de travail. Le plus délicat, mais le plus beau, reste encore à atteindre : l’aisance totale !
Parce qu’ils cherchent et se remettent en question, ceux-là n’ont pas une progression tout à fait linéaire. De grands bonds en avant, à ce qui leur semble être des régressions vertigineuses, ils avancent lentement (mais sûrement) vers l’ultime étape.
A ce stade, la frustration est parfois grande pour ces cavaliers dont on pourrait dire qu’ils en savent trop, ou pas assez. En effet, ils n’ont plus l’innocence du débutant qui va en quelque sorte à l’essentiel par des moyens, certes grossiers, mais fort simples, et ne possèdent pas encore la dextérité  du cavalier abouti dont les actions paraissent d’une simplicité absolue tant elles sont fines!
A ce stade souvent, les actions sont trop nombreuses, souvent trop compliquées et parfois maladroites. Une seule raison : une maîtrise imparfaite du corps.
Lorsque le cavalier confirmé aura dépassé ce dernier handicap, il aura enfin atteint la dernière étape qui fera de lui un cavalier abouti!

Ce cavalier est capable de ressentir chaque partie de son corps, d’en évaluer immédiatement l’état de tension musculaire, et d’effectuer la plus fine correction afin que le dosage de ses actions soit le plus juste possible. C’est parce qu’il a une conscience totale et parfaite de son corps, que ce cavalier a pu accéder à l’indépendance des aides qui mène à cet état de grâce où celui-ci semble ne faire qu’un avec sa monture, dans un état de décontraction donnant à imaginer que c’est le cheval qui mène la danse !

 

 

 

 

 

ACTUALITÉS ÉTHOLOGIQUES.

samedi, mars 9th, 2013

Pour la deuxième année consécutive, une journée d’actualités éthologiques est organisée le mardi 26 mars 2013 à l’ENE à Saumur.

Parmi les conférenciers présents à ce colloque, Léa Lansade, qui nous fera aussi le plaisir d’animer le prochain « Café-rencontres équestres » de l’association « Quadrupède » le samedi 23 mars, interviendra notamment sur le lien entre le tempérament et le stress. Certainement passionnant!

Pour plus de renseignements et une éventuelle inscription à cette journée saumuroise, vous trouverez toutes les informations nécessaires

 en cliquant ici

Et pour un avant goût de cette journée, rendez-vous le 23 mars au « Café-rencontres »!!

voir post du 24 février

EXISTE-IL UN PLANNING TYPE DE TRAVAIL DU CHEVAL?

vendredi, mars 1st, 2013

Une lectrice de ce blog m’a récemment demandé s’il existait un planning type de travail hebdomadaire pour  les chevaux.

Pour les chevaux de compétition, certainement, mais je ne pense pas que les cavaliers de compétition lisent ce blog, qui s’adresse surtout à tous les autres, ceux dont les objectifs de travail font qu’ils ne sont pas pressés.

A ceux-ci je dirai que je ne pense pas qu’il existe un programme type, même s’il y a néanmoins certaines grandes lignes à respecter, applicables à tous les chevaux.

Voici quelques-unes de ces grandes lignes :

  • Toujours arrêter le travail avant de dépasser les capacités physiques et de concentration du cheval;
  • Tenir compte de l’age du cheval;
  • Varier les exercices dans une même activité, et les activités elles-mêmes, afin de solliciter les facultés cognitives du cheval;

 

 

  • Varier les lieux de travail, pour ne pas maintenir le cheval dans un cocon;

 

  • Si le cheval ne va pas au paddock, ou si les paddocks sont impraticables à cause du temps, profiter de la carrière ou du manège pour le mettre en liberté, et l’autoriser à s’exprimer comme il l’entend, et à évacuer les tensions indésirables.

 

  • Passer du temps auprès de son compagnon pour faire autre chose que le panser ou le travailler, par exemple jouer avec ou le faire brouter, ces activités se substituant bien sûr à une séance de travail dans la semaine.

Un cavalier doit savoir écouter son cheval et son bon sens. Le cheval lui renvoie sans cesse des informations qu’il doit être capable de recevoir, de traiter au plus juste, et dont il doit pouvoir tirer profit pour, dans le cas qui nous intéresse,  établir un programme de travail hebdomadaire.

Mais ce programme sera probablement sans cesse à remanier pour des raisons multifactorielles, telles que l’état physique et psychique de l’animal.

De plus, un cavalier qui s’occupe de plusieurs chevaux ne peut raisonnablement pas appliquer le même programme à tous, tant la différence est parfois remarquable d’un individu à l’autre. Certains chevaux sont raides et ont besoin d’assouplissements quotidiens pour rester en forme physique (comme certains cavaliers, pour ne citer que moi d’ailleurs,qui suis raide et qui ai besoin d’étirements quotidiens).

D’autres par contre, et là je pense à un cheval qui n’est monté qu’une fois par semaine (il va tous les jours au paddock!),  par moi, et que je retrouve presque chaque fois comme si je l’avais monté la veille. Par contre, cette souplesse est associée à une grande sensibilité qui s’accorde mal à une répétition trop prononcée des exercices, l’agacement survenant relativement vite.

Cette cavalière qui m’écrit, semble être à l’écoute de son cheval puisqu’elle remarque un certain nombre de points qui paraissent ne pas lui convenir. Si elle fait appelle à son bon sens, elle se posera les bonnes questions, et en expérimentant différents ajustements  dans le planning de travail de sa monture, elle obtiendra très certainement les bonnes réponses.

Sauf si le cheval a réellement besoin d’une véritable préparation physique avec mise en condition particulière en vue d’un effort important, il est toujours plus dommageable de demander trop que pas assez.

Si le cheval est calme, à l’écoute, disponible, reste joyeux et ne rentre pas systématiquement mouillé, c’est que le planning n’est pas mauvais!

Si vous avez des doutes, n’hésitez pas à expérimenter de nouvelles formules et surtout, offrez dès que possible à votre compagnon, des mises au paddock si vous le pouvez, ou dans le cas contraire, des mises en liberté en carrière ou dans le manège.