RETOUR SUR L’APPRENTISSAGE (1).

Voici comme prévu, quelques extraits tirés du livre :

« Cheval Qui es-tu? L’éthologie du cheval : du comportement naturel à la vie domestique« 

de Michel-Antoine LEBLANC et Marie-France BOUISSOU.

La chaîne « stimulus-réponse-renforcement »

On admet en général que, comme la plupart des autres animaux, le cheval apprend grâce à la chaîne d’événements « stimulus-réponse-renforcement ».

…Le premier élément est le stimulus.C’est un indice présent dans l’environnement : par exemple un signal visuel (mouvement de la chambrière ou de la main), ou sonore (ordre vocal) ou encore tactile (assiette du cavalier, action de mains ou de jambes) pour prendre des exemples dans la pratique équestre.

…Etant donné la grande capacité des chevaux à discriminer des stimulus parfois très proches, le dresseur doit faire attention à être très précis dans sa demande. Si une modalité varie entre différentes présentations, le cheval doit généraliser à des indices voisins afin de répondre correctement. Des stimulus plus forts deviendront donc nécessaires pour obtenir des réponses que l’on obtenait à l’origine. Un exemple familier à tous les cavaliers est le cheval d’instruction qui, blasé par  des stimulus parasites (fournis involontairement par les cavaliers débutants), devient insensible à des stimulus plus subtils. Il faut aussi bien évidemment que le stimulus soit présenté au moment où le cheval est capable d’y répondre; il est ainsi par exemple inutile d’essayer de demander une jambette de l’antérieur gauche si tout le poids de l’animal est dessus! Un autre exemple : ce n’est que lorsqu’un membre est en l’air que l’on peut demander au cheval de le mouvoir latéralement.

Au début du dressage on utilisera des stimulus simples et « naturels » pour le cheval. Puis au fur et à mesure que l’animal progresse, on pourra utiliser des stimulus dont la signification aura été apprise par association avec l’ancien stimulus.

Venons en maintenant au deuxième élément de la chaîne « stimulus-réponse-renforcement », à savoir la réponse. Nous avons vu que, quel que soit le problème posé, l’animal va donner au début une réponse au hasard. Une réponse est en général un comportement (appuyer sur un levier, aller à un certain endroit, etc.), mais ce peut être aussi l’omission d’un comportement (rester immobile, ne pas changer de place…). Ce sont les conséquences positives ou négatives qu’entraîne cette réponse, c’est-à-dire le renforcement, qui vont augmenter ou diminuer sa probabilité d’apparition ultérieure.

…Par exemple si l’on veut apprendre à un cheval à reculer on se contente d’abord d’un simple transfert du poids vers l’arrière, puis on demandera un pas, puis deux, etc…Durant les premières phases de l’apprentissage le dresseur doit ignorer les mauvaises réponses et, bien sûr encourager les bonnes réponses.

 A suivre…

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