RETOUR SUR L’APPRENTISSAGE (2).

Voici de nouveau quelques lignes extraites du livre :

« Cheval Qui es-tu? L’éthologie du cheval : du comportement naturel à la vie domestique« 

de Michel-Antoine LEBLANC et Marie-France BOUISSOU.

La punition (première partie): 

…Les punitions se traduisent par une sanction et visent à diminuer la probabilité d’apparition du comportement; dans ce cas l’agent « punitif » peut être un stimulus désagréable…ou l’ajournement d’une stimulation agréable (nourriture, caresse).

…Ce qui caractérise la punition, c’est que le dresseur présente le stimulus aversif pendant ou après que le cheval ait donné une réponse non désirée, alors que dans le renforcement négatif le dresseur présente le stimulus aversif avant que le cheval ait donné la bonne réponse, et le fait cesser dès que le cheval donne la bonne réponse. De plus, lors d’un renforcement négatif, son imminence est généralement signalée…Dans le cas de la punition au contraire, rien ne l’annonce et, de plus, elle ne contient pas d’indication sur le comportement souhaité par le dresseur. La punition diffère des renforcements, qu’ils soient négatifs ou positifs, car elle vise à supprimer ou éliminer une réponse, alors que les renforcements, nous l’avons déjà mentionné, accroissent la probabilité que la réponse apparaisse de nouveau lors de la présentation d’un stimulus particulier. Une telle distinction paraît effectivement utile dans la pratique.

Dans le domaine de l’équitation, l’usage des aides (jambes, éperons, actions de main, actions de la chambrière) constitue en général pour le cheval un mode de renforcement négatif. Ce sont des stimulus déplaisants ou qui lui causent une gêne que l’animal peut faire cesser en donnant la réponse désirée. Rapidement le cheval va comprendre qu’il suffit d’adopter le comportement souhaité par le dresseur pour mettre fin à la gêne qu’il éprouve. Il est donc essentiel de faire cesser l’action des aides dès que le cheval a obéi. Un exemple de punition serait les coups de cravaches ou d’éperons après un refus à l’obstacle, ou un coup de chambrière sanctionnant une tentative de morsure. Les mêmes aides (éperons, cravache ou chambrière) peuvent donc constituer un renforcement négatif ou une punition selon les modalités d’application : ainsi une pression des éperons, précédée d’une action de l’assiette et d’une pression des mollets, que le cheval peut faire cesser en répondant correctement sera considérée comme un renforcement négatif, alors qu’un violent et soudain coup d’éperon (volontaire ou non) entrerait dans la catégorie des punitions.

La punition ayant pour effet de supprimer un comportement, il faut faire attention à ne pas l’utiliser de manière non intentionnelle (par exemple des chocs dans la selle, une action brutale sur le mors, des coups d’éperons involontaires, etc.), afin de ne pas supprimer des comportements désirables.

A suivre…

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