Archive for mai, 2013

EN FAIRE LE MOINS POSSIBLE.

mercredi, mai 29th, 2013

Lorsque je demande à un élève d’en faire le moins possible, je me dois de lui expliquer qu’ il peut répondre à cette demande de diverses manières.

Reprenons quelques points importants concernant les aides :

Premier point : selon les exercices, les actions du cavalier nécessitent des associations d’aides plus ou moins complexes.

Second point : selon la réactivité du cheval au moment de la demande du cavalier, le dosage des aides peut varier.

Partant de ces deux concidérations, le cavalier doit chercher à en faire le moins possible.

Par rapport au premier point, et contrairement à ce que dit l’adage bien connu de tous : « Qui peut le plus, peut le moins », quelle que soit la complexité d’association des aides, il s’agit de n’utiliser que les aides strictement nécessaires à l’action voulue. En effet, et si l’on prend l’exemple d’une épaule en dedans, combien voit-on de cavaliers mettre en place un maximum d’aides, et sans trop de discernement il faut bien le reconnaître, dans l’espoir d’obtenir ne serait-ce qu’un semblant d’épaule en dedans.

Et bien ça ne fonctionne pas ainsi, et cela n’engendre en général que désordre et perturbation chez le cheval qui n’y comprend pas grand chose.

Trop d’informations tuent l’information. Mieux vaut bien utiliser une aide, plutôt que deux,  de manière inappropriée.

 Par rapport au second point, même si l’on sait que le cheval que l’on monte a une faible réactivité, il faut toujours chercher à commencer par une action la plus faiblement dosée, donc là encore en faire d’abord le moins possible, ceci pour abaisser le seuil de réponse de l’animal. En effet, si l’on agit « fort » de suite, on ne donne aucune chance au cheval d’apprendre à répondre un jour à des aides fines et délicates, pour la simple raison qu’elles sont inexistantes. De plus, le cavalier perd autant d’occasions d’apprendre à travailler dans la décontraction.

Par contre il est bien évident qui si l’on doit augmenter l’intensité de l’action, on peut le faire, mais en prenant garde de ne contracter que les seuls muscles nécessaires à la réalisation de cette action.

Si d’autres groupes musculaires se contractent inutilement, c’est autant d’informations parasites reçues par le cheval, et qui risquent de rendre l’action initiale incohérente. 

Augmenter l’intensité d’une action, ne doit pas en modifier la qualité.

PIROUETTE AU PAS : QUELQUES COMPLÉMENTS D’INFORMATIONS.

mercredi, mai 15th, 2013

 Pour commencer, je reprendrai les éléments précédemment  écrits sur le sujet :

Essai de descriptif:

Le cheval décrit un petit cercle avec ses postérieurs, tandis que ses antérieurs décrivent un cercle concentrique plus grand autour de ces derniers ( déplacement côté concave, le cheval étant incurvé dans le sens du déplacement et regardant donc ses hanches).
Une plus grande amplitude de mouvement est demandée aux épaules afin qu’elles précèdent les hanches.
Le cheval croise son postérieur et son antérieur externes par dessus son postérieur et son antérieur internes. Les membres externes travaillent essentiellement en adduction.

La pirouette a pour but d’apprendre au cheval à s’équilibrer en se grandissant et en abaissant ses hanches, et par voie de conséquence, à s’alléger du devant et à renforcer la musculature de son l’arrière- main.

Pré-requis:

Le cheval doit être à l’aise dans tous les pas de côté, particulièrement dans les appuyers, puisque les aides de base sont les mêmes. Cela semble être une évidence, néanmoins, il ne s’agit pas seulement d’effectuer ces exercices, deux points me paraissent très importants à surveiller :

Les déplacements latéraux doivent être faits avec un grand souci de finesse dans l’emploi des aides, afin que le cheval apprenne à répondre avec beaucoup de sensibilité aux demandes de son cavalier, ce travail demandant des corrections rapides et subtiles.

Le cheval ne doit en aucun cas perdre son impulsion. Il doit rester énergique, sous peine de « s’acculer », en s’écrasant sur ses postérieurs, et sans pouvoir détacher correctement ces derniers du sol.

Précisons tout d’abord, que lorsque tout se passe correctement, le cavalier, après avoir légèrement ployé sa monture vers l’intérieur, déplace et contrôle les épaules à l’aide de sa rêne extérieure, tandis que sa jambe extérieure, en arrière de la sangle, empêche les hanches de déraper et donc, le postérieur externe de s’écarter vers l’extérieur  au lieu de chevaler par dessus l’autre, vers l’intérieur. L’assiette et parfois la jambe intérieure à la sangle, maintiennent l’impulsion.

J’insiste tout particulièrement sur l’état d’esprit avec lequel le cavalier doit aborder sa pirouette. Il ne doit  être relâché ni mentalement ni physiquement, comme s’il était dans un état trop neutre, par exemple dans une détente appaisante en descente d’encolure.

J’entends par là que la pirouette, comme tous les exercices qui requièrent de la part du cheval une attitude rassemblée, demande au cheval énergie, concentration et brillant, et le cavalier doit être dans les mêmes dispositions : redressement du buste, tension du dos , assiette profonde et impulsive, et réactivité mentale.

Ceci est très important, et pour une même utilisation des aides, peut tout changer!

Trop d’application peut ôter du brillant. Il fait mettre beaucoup de vie dans cet exercice!

Problèmes rencontrés.

Parmi les problèmes rencontrés par le cavalier en cours d’apprentissage de la pirouette au pas, en voici quelques uns rencontrés fréquemment :

  • Le cavalier déplace les épaules de son cheval par une rêne d’appui externe, celui-ci risque de perdre son pli, et de se voir un peu brusquement déséquilibrer vers l’intérieur en tombant sur son épaule interne, interdisant au cheval toute possibilité de s’équilibrer sur les hanches.  Alors, les hanches vont très certainement chasser à l’extérieur du cercle, le postérieur externe s’écartant en travaillant en abduction, et non plus en adduction.
  • Le cavalier utilise trop fort sa jambe extérieure de peur de voir les hanches déraper : le cheval « s’entable ». Les hanches précèdent les épaules qui ne tournent plus autour de ces dernières, les antérieurs ayant beaucoup perdu de leur amplitude de mouvement.
  • Une réaction identique peut avoir pour origine un emploi trop important de la rêne intérieure. En effet, pour marquer le pli, le cavalier fait une rêne contraire interne qui peut bloquer les épaules et les contrarier dans leur déplacement vers l’intérieur. Les hanches de ce fait, vont précéder les épaules.
  • Poids du corps du mauvais côté, vers l’extérieur, ce qui n’aide pas le cheval à aller vers l’intérieur.

Les épaules doivent toujours donner l’impression de vouloir passer en avant des hanches!

Proposition de quelques « remèdes ».

Dans le premier cas, le cavalier devrait plutôt se grandir en se redressant sur une rêne directe extérieure agissant en direction de la hanche du même côté. Toutefois, cette action est associée à un léger rapprochement de cette rêne vers le garrot, provoqué par une subtile rotation du buste vers l’intérieur pour inviter les épaules à tourner.
Pour ce qui est du second cas, attention! La jambe n’est pas toujours là pour mettre les hanches à l’intérieur, mais pour les empêcher d’aller à l’extérieur. Tout est question de nuance. Il suffit très certainement de modérer l’action de cette jambe, pour voir la situation s’améliorer.

Enfin, dans le dernier cas, en décollant la main intérieure du garrot, et en transformant la rêne contraire en rêne directe, ici encore, l’amélioration peut être instantanée. Méfiance pourtant! Cette rêne directe est délicate à utiliser et ne doit en aucun cas exercer une traction vers l’arrière, elle pourrait provoquer l’effet inverse et faire chasser les hanches. Le cavalier ne doit pourtant pas renoncer à l’employer, mais au contraire, s’appliquer à garder la main bien fixe, et pour marquer son action, à tourner légèrement son poignet vers l’extérieur en fermant les doigts sur la rêne.

Il ne faut pas oublier non plus, qu’un cheval qui manque de force aura besoin qu’on le laisse un peu avancer dans les débuts de l’apprentissage de cet exercice, sous peine de le voir éventuellement reculer, ce qui est plus ennuyeux.

Maintenant j’aimerais insister sur un point important, le plus important de ce travail : le postérieur interne, support de toute la masse du cheval, et véritable pivot autour duquel ce dernier tourne,  abaissant ses hanches et  fléchissant ses articulations, du bassin aux jarrets.
Cette attitude demandant énormément de force et d’efforts, beaucoup de chevaux dans les débuts de l’apprentissage, cherchent naturellement à s’y soustraire. Ce faisant, les hanches peuvent partir à l’extérieur, se porter excessivement vers l’intérieur, ou bien ne faire ni l’un ni l’autre et rester dans l’axe, mais sans jamais que les postérieurs ne travaillent en adduction ou en abduction. Le cheval alors fait de tout petits pas, les postérieurs se posant l’un à côté de l’autre, sans croiser ni s’écarter, mais plutôt en piétinant.

 

 

Ci-dessus, le postérieur gauche est resté à côté du postérieur droit.
Ci-dessus, le postérieur gauche croise trop par delà le postérieur droit.
ici, le postérieur gauche se pose devant le postérieur droit.
Comme je l’ai dit, ces problèmes peuvent être inhérents au cheval, mais aussi être accrus du fait des maladresses du cavalier. Le dernier cas de figure évoqué ci-dessus est souvent lié à un manque d’impulsion. Pour ce qui est des deux autres cas, je constate fréquemment qu’ils surviennent lorsque le cavalier ne réussit pas à gérer de façon concomitante et équilibrée, la mobilité  des épaules et celle des hanches. 
En effet, si parfois un simple ajustement soit des hanches soit des épaules, suffit à améliorer l’attitude, d’autres fois, cette même correction incite le cheval à échapper de son autre extrémité. Par exemple : le cavalier doit amener les épaules un peu plus vers l’intérieur, mais sous l’effet de cette nouvelle contrainte, le cheval échappe des hanches vers l’extérieur, ou bien encore le cavalier doit tenir d’avantage les hanches, mais le cheval tente de se libérer de cet effort supplémentaire en déportant ses épaules à l’extérieur.
Le cavalier devra alors faire face à ce type de situation, en coordonnant habilement ses mains et ses jambes, de manière à encadrer ponctuellement un peu plus fermement sa monture, pour qu’en même temps, il ait le bon déplacement des épaules et le maintien des hanches à la bonne place.
Voici le défaut que j’observe le plus souvent chez le cavalier : sous l’action renforcée de la jambe extérieure, le cavalier déporte tout son poids de ce même côté, donc vers l’extérieur, ce qui n’est pas recommandé dans la pirouette, et freine le déplacement des épaules vers l’intérieur.
 

REPONSE OUVERTE.

mercredi, mai 1st, 2013

Petite réponse ouverte à tous, à la question de Sören concernant les changements de pied.


Je ne pense pas que l’on puisse affirmer que les changements de pied sont mauvais pour un cheval qui est sur les épaules, pas plus que ne le sont les petits cercles pour un cheval raide, ou que le piaffer  pour un cheval faible des jarrets.

Ce qui importe, c’est avant tout la façon dont l’exercice est demandé, et la fréquence des demandes.

J’oserai un parallèle un peu familier : on sait que l’abus d’alcool est néfaste pour la santé, pour autant, il n’est pas interdit de boire de temps à autre, voire quotidiennement, un  petit verre de vin, bien sûr sauf en cas de pathologie avérée.

Tout est toujours une question de mesure et d’équilibre. Dans la vie en général, d’ailleurs! Et le travail des chevaux ne doit pas échapper à cette règle.

C’est pourquoi je pense que, sauf avis contraire du vétérinaire, tout exercice peut être demandé à un cheval. Il va sans dire que je parle d’un exercice à la portée du niveau de dressage du cheval!

Si le cavalier connait parfaitement sa monture, tant sur le plan physique que sur le plan mental, et s’il est entouré de bons conseils, le choix du bon dosage dans la réalisation des exercices aura toutes les chances d’être le bon et de ne pas porter préjudice au cheval.

Si un cheval rechigne systématiquement à réaliser un mouvement, alors que par ailleurs sa bonne volonté semble évidente, c’est qu’il exprime une difficulté dont il faut vraiment tenir compte et agir en conséquence, avec grande modération.

Pour le reste, même si un exercice demande un réel effort au cheval, il peut néanmoins lui être demandé de temps à autre. Je prendrai l’exemple de mon cheval qui n’est vraiment pas fort dans son arrière main, mais qui galope bien volontiers à pied, alors même que cela lui demande de se rassembler de manière relativement conséquente, et en mobilisant beaucoup de force. Et bien je ne  lui demande  que de temps en temps et peu à chaque fois, mais cet exercice reste toutefois inscrit à son répertoire.

Pour finir, et pour rassurer Sören qui posait la question concernant les changements de pied, je dirai quelques mots sur Latina, la jument d’une de mes élèves, et qui est plutôt faite en descendant. Elle commence à aborder les changements de pied aux deux temps. Tout se passe dans le calme, tranquillement, la jument semblant se plaire dans cet exercice. Sa cavalière ne force jamais, ne lui demande pas à chaque séance car elle varie beaucoup les activités, et lorsqu’elle lui demande, je ne pense pas qu’elle y passe plus de cinq minutes.