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LE SAVIEZ-VOUS? (première partie)

dimanche, juin 15th, 2014

Il y a environ 2300 ans, Aristote a identifié les 5 sens chez l’être humain et  les a recensés en une liste toujours d’actualité.

Toutefois aujourd’hui, la communauté des neurologues s’accorde à dire que l’homme en possède beaucoup plus! S’ils ne sont pas d’accord pour donner le même nombre de sens à ajouter à la liste déjà existante, « 9 » est le chiffre minimum communément admis par tous.

Les quatre sens supplémentaires sont :

  1. La proprioception;
  2. L’équilibroception;
  3. La thermoception (ressentir le chaud et le froid);
  4. La nociception (ressentir la douleur).

Si je suis passée brièvement sur les deux derniers sens, je m’arrêterai plus longuement sur les deux premiers qui nous intéressent particulièrement dans notre pratique de l’équitation.

L’équilibroception, dont je parlerai dans cette première partie, est le sens de l’équilibre. Il dépend du bon fonctionnement de petits os et de fluides situés dans  l’oreille interne. Il nous dit à tout moment si nous sommes en équilibre, c’est-à-dire stables ou sur le point de tomber.

Si à pied, l’adulte ne souffrant d’aucune pathologie, n’a aucun problème particulier avec son sens de l’équilibre, il n’en va pas de même à cheval. Le fait de ne plus être directement relié au sol change beaucoup de chose! Peu de cavaliers peuvent se targuer d’avoir la même maîtrise de l’équilibroception  à cheval comme à pied.

Progressivement, au fil de son apprentissage, le cavalier retrouve en partie le sens de l’équilibre, ce qui lui permet de ne plus tomber. Mais est-ce suffisant pour lui permettre d’être en parfaite harmonie avec sa monture qui bouge en permanence?

S’il est facile de s’équilibrer sur un support stable sans aides extérieures, qu’en est-il sur un support instable?

Si l’on prend l’exemple d’un simple travail sur le plat aux trois allures, quel cavalier peut dire qu’il ne s’aide jamais de ses mains ni de ses jambes pour  pallier  à un défaut d’équilibre?

L’apprentissage de la marche est pour le petit enfant un vrai défi, qu’il va relever en mobilisant toutes ses capacités psychomotrices  et sensorielles jusqu’à obtenir un résultat extraordinaire. Au bout de quatre ou cinq ans, son schéma corporel bien établi, il saura courir, sauter sur un pied, à pieds joints, et faire toutes sortes de fantaisies et autres pirouettes sans tomber.

Tous les enfants du monde, si tant est qu’ils ne souffrent d’aucun problème locomoteur ni psychomoteur, y parviennent. C’est dans l’ordre des choses! L’idée que ces mêmes enfants maîtrisent  la marche, la course, ou les sauts mais toujours  en s’aidant d’une béquille, paraît totalement saugrenue!

Et bien à cheval, cela ne paraît saugrenu à personne, ou en tout cas bien peu de personnes pensent que les choses pourraient se passer différemment!

Les mains et les jambes du cavalier sont malheureusement bien trop souvent des béquilles!!

Il serait tout à fait intéressant que les enseignants mettent davantage l’accent sur l’équilibroception. Le cavalier, plus posé sur son cheval qu' »agrippé » à lui, profiterait de ses aides pour des actions plus fines, tandis que sa monture, libérée des contraintes que représentent les tractions des mains sur sa bouche et les compressions des jambes contre ses flancs, gagnerait en fluidité de mouvement et en rapidité de réponse aux demandes de son cavalier!

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A suivre…