Archive for juillet, 2014

LE SAVIEZ-VOUS? (seconde partie)

samedi, juillet 5th, 2014

Ce post fait suite à une première partie concernant le sens de l’équilibrioception que je vous invite à consulter en cliquant ici.

Dans cette seconde partie, nous évoquerons le sens de la proprioception.

En situation statique, la proprioception permet la sensation du corps dans sa totalité, mais renseigne également sur la position précise des membres et/ou de toute autre partie du corps, ainsi que sur la place des différents segments les uns par rapport aux autres, et sur le degré de tonus et de contraction musculaire. En situation dynamique, la proprioception sert à contrôler et guider les mouvements volontaires. Elle permet de localiser les différentes parties du corps et d’évaluer leur déplacement, tant au niveau de la vitesse que de la direction.

« …La sensibilité proprioceptive est rendue possible par l’existence de récepteurs microscopiques, les propriocepteurs, situés dans les muscles (fuseaux neuromusculaires) et leurs tendons (organes tendineux de Golgi), dans les ligaments des articulations, dans la peau de la paume des mains et de la plante des pieds (corpuscules profonds de Paccioni). Ces récepteurs sont sensibles à l’étirement ou à la pression. Des fibres nerveuses en partent, qui cheminent dans les nerfs et parviennent à la moelle épinière, où elles forment deux sortes de faisceaux de substance blanche : cordons postérieurs se terminant dans le cortex cérébral (lobes pariétaux) pour la voie consciente, faisceaux spinocérébelleux se terminant dans le cervelet pour la voie inconsciente. »

Encyclopédie Larousse Médical.

Un fois son schéma corporel définitivement établi, l’être humain en situation ordinaire, possède un sens de la proprioception tout à fait normal. En effet, porter sa fourchette à sa bouche, se brosser les dents, se gratter le dos à un endroit bien précis, ou bien d’une main tourner une sauce pour ne pas qu’elle attache, et de l’autre se servir un verre d’eau, sont des actions banales et pratiquement toujours maîtrisées à 100%.

Lors de l’apprentissage de nouvelles activités requérant des habiletés physiques, l’utilisation du sens de la proprioception devrait être primordial!

Prenons par exemple le cas d’un perchiste : si le geste technique n’est pas parfait, la sanction ne se fait guère attendre, et la barre tombe à coup sûr. Si la barre n’est jamais franchie correctement, le perchiste n’aura très vite plus de plaisir à pratiquer son sport. Son sens de la proprioception doit être très développé pour une maîtrise parfaite de son corps.

Si l’on prend maintenant l’exemple d’un cavalier, on se rend compte qu’il peut toute sa vie monter de façon médiocre, sans avoir forcément de réelles sanctions (surtout si son cheval possède un certain nombre de qualités physiques et mentales), et en se faisant relativement plaisir. S’il pratique la compétition, les sanctions arriveront sans doute un jour ou l’autre. Mais elles peuvent arriver tard si le cheval a de grandes qualités!

Alors me direz-vous, pour un cavalier qui ne pratique pas la compétition, à quoi bon essayer de développer son sens de la proprioception?

Mais tout d’abord par respect pour le cheval! Pour lui rendre le travail plus facile, plus confortable et qui sait, peut-être même agréable! Pour une relation physique cavalier-cheval plus harmonieuse. Le cavalier ayant une proprioception très fine, ne gêne pas son cheval, il a des actions très précises et, ayant un ressenti plus développé, agit le plus souvent au bon moment et avec le bon dosage.

Il est évident qu’ainsi, l’accession à une équitation supérieure est envisageable, avec la satisfaction de pouvoir réaliser des exercices de plus en plus complexes, mais au delà de tout cela, la satisfaction de sentir l’harmonie physique s’installer entre soi et sa monture et déjà une immense source de plaisir.

Je vois souvent des cavaliers qui sentent relativement bien les mauvaises attitudes de leur cheval, mais qui par ailleurs ont une mauvaise perception de leur corps, et n’apportent donc pas les corrections adéquates.

Il m’arrive parfois de demander par exemple à un élève de reculer sa jambe restée à la sangle, et de l’entendre me répondre : « Encore!!? » Ce qui prouve que cet élève était persuadé qu’elle était déjà reculée!

Il ne suffit pas à l’élève d’avoir une formulation mentale correcte des consignes, la réalisation de ces consignes doit être non moins correcte.

Le cavalier doit absolument prendre conscience des sensations qui émanent de son corps, ou plus particulièrement des parties de son corps qui sont censées agir au moment de la réalisation d’une action précise. Ces sensations conscientisées sont autant de renseignements utiles pour aiguiller le cavalier dans son travail.

L’acquisition d’un solide bagage technique est certes importante, mais l’enseignant doit être là pour faire comprendre à ses élèves que l’amélioration de la proprioception est essentielle.

A cheval, le savoir n’est pas suffisant, et sans le savoir faire, il ne sert bien souvent qu’à faire du tort à l’animal!

Pour vous aider dans le perfectionnement de votre proprioception, vous pouvez relire certains posts écrits précédemment en cliquant sur les liens hypertextes suivants :

 SE RELAXER A CHEVAL

LE REGARD

Pathologie