PESER DANS SA SELLE

Peser dans sa selle signifie concentrer le poids de son corps plus particulièrement dans la selle et très peu dans les étriers, en adoptant une position spécifique.

Il est bien évident qu’un cavalier pesant 60 kilos les fera toujours, qu’il pèse dans sa selle ou non !La différence tient à la répartition de son poids sur le dos du cheval. En effet, ce dernier n’aura pas les mêmes sensations selon qu’il est monté au trot assis où au trot enlevé. Un jeune cheval aura par exemple moins de contrainte s’il est monté au trot enlevé !

Comment peser ? Un cavalier qui pèse ne s’agite pas, ne gesticule pas dans sa selle ! La plus belle représentation d’un cavalier pesant est sans nul doute celle de Nuno Oliveira sur cette photo : ceinture avancée, assiette profonde, épaules et jambes effacées vers l’arrière. L’impression qu’il donne est d’être dans son cheval et non simplement posé dessus.

abouti

Peser c’est exercer une poussée continue vers le bas et vers l’avant, le dos droit et fort, le bassin plutôt en légère antéversion permanente. L’action de peser n’est en aucun cas une accentuation des mouvements successifs d’antéversion et de rétroversion du bassin !

Voici une petite expérience à réaliser facilement pour avoir une idée de l’effet ressenti lorsque l’on pèse : se placer bien en équilibre à cheval sans étriers, écarter très légèrement les cuisses en les dégageant un peu vers l’arrière, puis tirer des deux mains sur le pommeau comme si l’on voulait soulever la selle. Il est important de ne modifier en aucune façon son équilibre. On a alors l’impression de descendre dans le cheval, d’être collé, rivé à la selle. C’est un peu cette sensation qu’il faut rechercher quand on pèse.

Quand peser ? Dès que le cavalier cherche à obtenir de son cheval une attitude plus raccourcie ou plus rassemblée dans un surcroît d’activité de l’arrière-main. Cela sous-entend que le cheval a le niveau requis pour cela, et qu’il supporte bien le trot assis !

Les chevaux sont très réceptifs à l’état physique et à l’état psychologique de leur cavalier et ont tendance à s’y accorder. Un cavalier mou au dos relâché n’aura certainement pas un cheval tonique au dos tendu. A contrario, un cavalier à l’assiette profonde et au dos fort n’aura certainement pas un cheval en arrière des jambes avec le dos relâché.

Cependant attention, l’action de peser est une contrainte pour le dos du cavalier du fait de la quasi permanence de l’antéversion du bassin. Il est donc important pour son intégrité, d’alterner avec des moments plus neutres, qui correspondent à un état de tension musculaire moindre et à un retour à une mobilisation plus équilibrée du bassin.

Nuno Oliveira a beaucoup souffert de fortes douleurs de dos. Le fait qu’il pesait très fort dans sa selle quasiment en permanence n’est certainement pas étranger à ces douleurs! Mais une part de son génie ne résidait-elle pas néanmoins dans cette fabuleuse assiette ?

Pour terminer, j’aimerais souligner que l’action de peser, outre qu’elle permet  de mobiliser les forces du cheval, permet également au cavalier, et cela n’est pas de moindre importance, de diminuer l’emploi de ses mains et de ses jambes.

Pour illustrer cela, il n’est qu’a regarder une fois encore la photo de Nuno Oliveira : le cheval piaffe, l’écuyer est quant à lui parfaitement en descente de mains et de jambes, son dos se substituant aux mains, et son assiette aux jambes.

A vous de peser…

 

 

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