Archive for the ‘Contact Cheval’ Category

RETOUR SUR L’APPRENTISSAGE (3).

jeudi, avril 18th, 2013

Suite et fin des quelques extraits, de Michel-Antoine LEBLANC et Marie-France BOUISSOU, Ibid..

…Peu d’études expérimentales ont étudié les effets d’une punition. Dans l’une d’elle, des chevaux avaient appris une tâche (choisir entre deux branches d’un labyrinthe), grâce à un renforcement positif. Puis, en cas d’erreur, ils recevaient une « punition » (consistant en un jet de CO² provenant d’un extincteur). Ils ont fait moins d’erreurs, mais passaient par contre beaucoup plus de temps à choisir de quel côté ils devaient aller.

Rappelons qu’en général, dans le cas de la punition, rien ne signale l’événement aversif; même si quelque chose signale l’imminence de la punition, le cheval ne peut rien faire pour l’éviter. Il a donc peu, voire pas, de contrôle de la situation, et la punition n’a que peu de valeur prédictive. En conséquence, il est plus difficile pour l’animal d’associer la punition avec un comportement spécifique, surtout si elle est appliquée de manière inconséquente ou trop importante. Par exemple, si le cheval est battu à la suite d’un refus à l’obstacle, il n’est pas évident qu’il associe punition et refus lui-même. Il peut aussi associer l’ensemble de la situation à la punition : les obstacles, le fait de sauter, voire même le fait d’être monté!

Une sorte d’indifférence à des punitions légères peut aussi s’installer, conduisant les dresseurs à l’utilisation de châtiments de plus en plus sévères. Aussi dans le cas où des punitions semblent nécessaires, elles doivent donc être appliquées dès le début avec l’intensité adéquate.

Enfin des punitions sévères entraînent des émotions qui peuvent interférer avec les processus d’attention et l’apprentissage lui-même. Les changements émotionnels peuvent conduire l’animal à  se montrer agressif ou à présenter une inhibition de son comportement, souvent confondue avec de l’obstination. Ceci peut en retour conduire à une plus grande violence de la part du manipulateur, et l’on entre ainsi dans un cercle vicieux. Enfin la punition peut être associer avec la personne qui en est l’auteur et aboutir à un conditionnement d’évitement de cette personne, qui deviendra incapable d’enseigner quoi que ce soit au cheval qui cherche à l’éviter. Ce dernier sera alors qualifié de difficile, entêté ou stupide.

En fait, il vaut mieux qu’un comportement soit interrompu par ses propres conséquences négatives, que par une punition infligée. Le principe qui veut qu’un apprentissage basé sur des renforcements (positif ou négatif) soit beaucoup plus efficace que s’il est basé sur des punitions est maintenant largement admis et appliqué dans le dressage des animaux.

RETOUR SUR L’APPRENTISSAGE (2).

vendredi, avril 12th, 2013

Voici de nouveau quelques lignes extraites du livre :

« Cheval Qui es-tu? L’éthologie du cheval : du comportement naturel à la vie domestique« 

de Michel-Antoine LEBLANC et Marie-France BOUISSOU.

La punition (première partie): 

…Les punitions se traduisent par une sanction et visent à diminuer la probabilité d’apparition du comportement; dans ce cas l’agent « punitif » peut être un stimulus désagréable…ou l’ajournement d’une stimulation agréable (nourriture, caresse).

…Ce qui caractérise la punition, c’est que le dresseur présente le stimulus aversif pendant ou après que le cheval ait donné une réponse non désirée, alors que dans le renforcement négatif le dresseur présente le stimulus aversif avant que le cheval ait donné la bonne réponse, et le fait cesser dès que le cheval donne la bonne réponse. De plus, lors d’un renforcement négatif, son imminence est généralement signalée…Dans le cas de la punition au contraire, rien ne l’annonce et, de plus, elle ne contient pas d’indication sur le comportement souhaité par le dresseur. La punition diffère des renforcements, qu’ils soient négatifs ou positifs, car elle vise à supprimer ou éliminer une réponse, alors que les renforcements, nous l’avons déjà mentionné, accroissent la probabilité que la réponse apparaisse de nouveau lors de la présentation d’un stimulus particulier. Une telle distinction paraît effectivement utile dans la pratique.

Dans le domaine de l’équitation, l’usage des aides (jambes, éperons, actions de main, actions de la chambrière) constitue en général pour le cheval un mode de renforcement négatif. Ce sont des stimulus déplaisants ou qui lui causent une gêne que l’animal peut faire cesser en donnant la réponse désirée. Rapidement le cheval va comprendre qu’il suffit d’adopter le comportement souhaité par le dresseur pour mettre fin à la gêne qu’il éprouve. Il est donc essentiel de faire cesser l’action des aides dès que le cheval a obéi. Un exemple de punition serait les coups de cravaches ou d’éperons après un refus à l’obstacle, ou un coup de chambrière sanctionnant une tentative de morsure. Les mêmes aides (éperons, cravache ou chambrière) peuvent donc constituer un renforcement négatif ou une punition selon les modalités d’application : ainsi une pression des éperons, précédée d’une action de l’assiette et d’une pression des mollets, que le cheval peut faire cesser en répondant correctement sera considérée comme un renforcement négatif, alors qu’un violent et soudain coup d’éperon (volontaire ou non) entrerait dans la catégorie des punitions.

La punition ayant pour effet de supprimer un comportement, il faut faire attention à ne pas l’utiliser de manière non intentionnelle (par exemple des chocs dans la selle, une action brutale sur le mors, des coups d’éperons involontaires, etc.), afin de ne pas supprimer des comportements désirables.

A suivre…

RETOUR SUR L’APPRENTISSAGE (1).

dimanche, avril 7th, 2013

Voici comme prévu, quelques extraits tirés du livre :

« Cheval Qui es-tu? L’éthologie du cheval : du comportement naturel à la vie domestique« 

de Michel-Antoine LEBLANC et Marie-France BOUISSOU.

La chaîne « stimulus-réponse-renforcement »

On admet en général que, comme la plupart des autres animaux, le cheval apprend grâce à la chaîne d’événements « stimulus-réponse-renforcement ».

…Le premier élément est le stimulus.C’est un indice présent dans l’environnement : par exemple un signal visuel (mouvement de la chambrière ou de la main), ou sonore (ordre vocal) ou encore tactile (assiette du cavalier, action de mains ou de jambes) pour prendre des exemples dans la pratique équestre.

…Etant donné la grande capacité des chevaux à discriminer des stimulus parfois très proches, le dresseur doit faire attention à être très précis dans sa demande. Si une modalité varie entre différentes présentations, le cheval doit généraliser à des indices voisins afin de répondre correctement. Des stimulus plus forts deviendront donc nécessaires pour obtenir des réponses que l’on obtenait à l’origine. Un exemple familier à tous les cavaliers est le cheval d’instruction qui, blasé par  des stimulus parasites (fournis involontairement par les cavaliers débutants), devient insensible à des stimulus plus subtils. Il faut aussi bien évidemment que le stimulus soit présenté au moment où le cheval est capable d’y répondre; il est ainsi par exemple inutile d’essayer de demander une jambette de l’antérieur gauche si tout le poids de l’animal est dessus! Un autre exemple : ce n’est que lorsqu’un membre est en l’air que l’on peut demander au cheval de le mouvoir latéralement.

Au début du dressage on utilisera des stimulus simples et « naturels » pour le cheval. Puis au fur et à mesure que l’animal progresse, on pourra utiliser des stimulus dont la signification aura été apprise par association avec l’ancien stimulus.

Venons en maintenant au deuxième élément de la chaîne « stimulus-réponse-renforcement », à savoir la réponse. Nous avons vu que, quel que soit le problème posé, l’animal va donner au début une réponse au hasard. Une réponse est en général un comportement (appuyer sur un levier, aller à un certain endroit, etc.), mais ce peut être aussi l’omission d’un comportement (rester immobile, ne pas changer de place…). Ce sont les conséquences positives ou négatives qu’entraîne cette réponse, c’est-à-dire le renforcement, qui vont augmenter ou diminuer sa probabilité d’apparition ultérieure.

…Par exemple si l’on veut apprendre à un cheval à reculer on se contente d’abord d’un simple transfert du poids vers l’arrière, puis on demandera un pas, puis deux, etc…Durant les premières phases de l’apprentissage le dresseur doit ignorer les mauvaises réponses et, bien sûr encourager les bonnes réponses.

 A suivre…

A PROPOS DES PRINCIPALES FORMES D’APPRENTISSAGE.

mercredi, mars 27th, 2013

Ce post a pour thème les renforcements et punitions au cours du processus d’apprentissage.

Il se décompose en plusieurs parties.

La première partie est consacrée  à l’énumération des différents types de renforcements et de punitions utilisés dans le processus d’apprentissage.

Les parties suivantes vous proposeront quelques extraits de textes écrits par des scientifiques sur ce sujet.

Les avis de certains auteurs divergent quant au sens qu’ils accordent aux termes de renforcement positif, renforcement négatif, et de punition.

Dans ce post, je prendrai comme référence, les auteurs qui envisagent les modalités d’interactions entre réponse et renforcement de la manière suivante :

Les 4 catégories du conditionnement opérant :

  1. Le renforcement positif : ajout de quelque chose d’agréable pour augmenter la probabilité qu’un comportement se produise.
  2. Le renforcement négatif : suppression d’une chose aversive pour augmenter la probabilité qu’un comportement se produise.
  3. La punition positive : ajout d’une chose aversive pour diminuer la probabilité qu’un comportement se produise.
  4. La punition négative : suppression de quelque chose d’agréable, pour diminuer la probabilité qu’un comportement se produise.

Il faut considérer les termes « positif » et « négatif » non pas avec une connotation de jugement de valeur mais simplement comme un moyen de préciser qu’un élément est ajouté (positif) ou supprimé (négatif).

Les théories du conditionnement opérant définies par le psychologue Burrhus Frederic Skinner(1904-1990) servent également de références théoriques aux éthologues, car les principes d’apprentissage sont les mêmes pour les animaux, tel le cheval, et pour les hommes.

Essayons d’associer à chaque catégorie de conditionnement un exemple concret . Prenons l’exemple d’un dresseur qui voudrait apprendre au travail à pied une levade à son cheval uniquement à la demande (sachant que ce dernier a déjà spontanément produit ce mouvement) :

  • Apprentissage par  renforcement positif : le dresseur met son cheval en liberté et décide de jouer avec lui. Au cours de cette séance, il cherche à déclencher un cabrer en stimulant son cheval soit par des bruits ou une gestuelle spécifique, lorsque le cabrer se produit celui-ci est   aussitôt  récompensé, par exemple, d’une friandise. 
    • Production spontanée d’un comportement (souhaité par le dresseur)=>récompense par ajout d’un élément agréable =>augmentation de la probabilité que le comportement se reproduise.
  • Apprentissage par renforcement négatif: le dresseur agit directement sur son cheval grâce à ses aides tactiles (badine derrière les postérieurs pour rassembler, et mains qui agissent par demi-arrêts sur les rênes pour déclencher l’élévation de l’avant main). Ces actions mettent le cheval dans un certain inconfort et, pour s’y soustraire, il va produire différentes réponses. Lorsque la bonne réponse est produite (levade), le dresseur cesse aussitôt ses actions, permettant ainsi à son cheval de retrouver du confort.
    • Production provoquée d’un comportement=>récompense par suppression d’une stimulation gênante=>augmentation de la probabilité que le comportement se reproduise.
                 
                                                                                                                    
  • Conditionnement par punition positive : le cheval se cabre sans y avoir été invité. Le dresseur agit de la cravache sur la croupe du cheval pour le porter en avant, ce qui le fait redescendre.  
    • Production spontanée d’un comportement (non souhaité par le dresseur)=>sanction par ajout d’un élément désagréable=>diminution de la probabilité que le comportement se reproduise.


  • Conditionnement par punition négative :  le cheval se cabre sans y avoir été invité. Le dresseur ne donne aucune récompense pour ne pas encourager le cheval à recommencer.
    •  Production spontanée d’un comportement (non souhaité par le dresseur)=>sanction par suppression d’un élément agréable=>diminution de la probabilité que le comportement se reproduise.
A suivre…

RECTIFICATIF!

jeudi, mai 3rd, 2012

Dans les deux posts précédents, j’ai écrit Bisou avec un « s », alors que cela s’écrit avec un « z »!

Je suis certaine que l’intéressé me pardonnera!!

BISOU DES FRETTES.

mercredi, mai 2nd, 2012

Ce blog sert très rarement de support publicitaire, mais je ferai une exception pour Bisou.

Cet entier lusitanien que je connais depuis une dizaine d’années maintenant, est désormais reconnu étalon.

J’aime beaucoup ce cheval au mental d’acier, généreux et joyeux. Il est souple, comprend très rapidement ce qui lui est demandé, et de surcroît, ce qui ne gâche rien, n’est  jamais  malade.

Bisou a 22 ans, et n’a jamais été aussi beau, de plus il est de bonne famille, venant d’un bon élevage, c’est donc il me semble, un excellent parti!

 

BISOU DES FRETTES.

mercredi, mai 2nd, 2012

I

1ER RENDEZ VOUS.

jeudi, avril 5th, 2012

Pour tous les passionnés de ce bel animal qu’est le cheval, l’association « Quadrupède » organise une toute première rencontre « Café équestre » le samedi 21 Avril.

 

 

Selon la formule consacrée je vous dis : venez nombreux!!

QUICK.

samedi, octobre 9th, 2010

     faire du dressage avec un cob blog mh lelièvre

J’ai beau être juste un peu plus gros qu’un autre parce que je suis un Cob, et non, je ne suis pas un vulgaire cheval de selle, moi madame, je n’en suis pas moins appliqué dans mon travail.

Je sais me tenir, tout de même! Être léger, aussi. Ce n’est pas l’apanage des PRE, des Lusitatniens, ou de je ne sais quelle autre race encore! 

 

Bon, c’est vrai, au galop, je n’ai pas encore un port de tête altier, mais ça viendra, vous verrez. Je n’ai que six ans, après tout!

 

MANIFESTATION D’AFFECTION CHEZ LE CHEVAL.

mardi, juin 8th, 2010

J’observe souvent autour de moi des cavaliers qui laissent leur cheval se frotter la tête contre eux.

Lorsqu’on les interroge sur leur manque de réaction, ils répondent à chaque fois que comme il s’agit là d’une manifestation d’affection, ils n’ont aucune raison d’empêcher leur compagnon de le faire.

Et moi je leur rétorque qu’à ce moment précis, leur cheval ne leur montre pas plus d’affection qu’il n’en montrerait au montant de la porte du boxe, s’il l’avait à disposition pour se gratter!

Voici la grande Majolie (1m84!!), en train de demander un petit « câlin ». La demande est discrète au début, mais patientez bien jusqu’à la fin de la vidéo.