Archive for the ‘Conseils Dressage’ Category

ÉBAUCHE DES PREMIÈRES FOULÉES DE PIAFFER.

Saturday, April 28th, 2012

Après avoir mené de façon concomitante, plusieurs exercices préparatoires, le cavalier conduit son cheval vers les premières foulées de ce qui ressemble à du piaffer.

On ne sait pas toujours quel exercice déclenchera la diagonalisation tant attendue, c’est pourquoi personnellement, je demande à mes élèves de travailler, dans une même période, différents exercices tels, des départs au trot cadencé du pas compté, des départs au trot cadencé du reculer, des balancements un pas en avant un pas en arrière plusieurs fois, avant de partir au trot.

Une fois ces exercices assimilés, la mobilisation sur place, ou légèrement en avançant, se dessine. Le cheval a compris.

Les débuts sont parfois maladroits, la diagonalisation n’étant pas parfaite, ou le cheval, manquant encore de force, ne saute pas assez dans ses foulées. Je pense qu’il est intéressant, à ce stade, d’alterner entre récompense immédiate à l’arrêt, et départ au petit trot cadencé.

La grande question est : doit on attendre que le cheval ait assez de force pour aborder cet exercice, ou bien cet exercice peut-il au contraire, l’aider à acquérir de la force?

Pour ma part, j’opte pour la deuxième solution, et  je pense que si le cheval arrive à comprendre aisément ce que l’on attend de lui, par le biais d’exercices appropriés et abordés sans que le cavalier ne force, il n’y a aucune raison pour ne pas poursuivre l’apprentissage. Les progrès viendront petit à petit.

Les efforts seront demandés sur des laps de temps courts, avec une stimulation dosée de la part du cavalier, et de préférence, sans se fixer d’échéance de résultats.

Comme vous le verrez sur les toujours très petites vidéos, le style est encore imparfait, mais les progrès vous seront montrés au fur et à mesure.

J’ai parlé des tâtonnements du cheval, mais qu’en est- il de ceux du cavalier qui découvre l’art de piaffer, en même temps que sa monture?

Les principaux défauts que je rencontre chez mes élèves, et qui sont le signe d’une assiette encore trop timide, sont principalement une légère agitation du couple bassin-buste, comme pour stimuler le cheval, et une tendance à accompagner de manière excessive du bas des jambes. Autant d’erreurs qui gênent le cheval dans ses efforts.

Et pour terminer ce post qui vous amènera, nombreux je l’espère,  à poser vos questions et à parler de votre expérience, voici deux précieux conseils pour votre approche du piaffer :

  • laisser le cheval avancer légèrement dans le piaffer n’est pas un problème, mais le laisser reculer doit être considérer comme une erreur à corriger plus que rapidement;
  • il faut impérativement éviter de comprimer sa monture entre les mains et les jambes lorsque l’on aborde ce travail. Ce comportement inadapté qui peut justement inciter le cheval à reculer, voire à s’acculer, risque de le priver de la possibilité d’exprimer sa force musculaire et sa force d’expression, le brillant.

 

Affaire à suivre…!

CHANGEMENTS DE PIED EN 1 TEMPS.

Friday, April 20th, 2012

Il est une condition préalable, indispensable aux changements de pied en un temps : la rectitude.

Très souvent, c’est le postérieur qui tarde à changer. La cause est en générale à rechercher dans une déviation trop prononcée des hanches du côté du contre galop, avant le changement. Je vous recommande la lecture (ou re lecture) d’un post écrit précédemment sur le sujet en cliquant ici.

Cependant, malgré toute l’attention portée sur la rectitude, cela peu encore s’avérer insuffisant pour l’obtention d’un bon changement de pied.

La qualité de l’attitude longitudinale a un rôle également très important, et se trouve être un facteur de réussite indéniable.

Lorsque le cavalier arrive à mieux  maîtriser les hanches de sa monture par le biais d’un galop plus actif tout en étant légèrement plus rassemblé, nuque ne “plongeant” pas au moment du changement, il voit ses chances de changer en 1 temps nettement augmenter.

J’espère que les très (trop, veuillez m’en excuser) petites vidéos qui suivent sont assez explicites. N’hésitez pas à donner vos impressions.

 

 

 

 

ALLONGER LE PAS.

Wednesday, April 11th, 2012

Voici un petit exercice susceptible d’aider votre cheval à mieux allonger le pas.

Le pas allongé articule énormément les chevaux, et pour cette raison, c’est un excellent travail. Toutefois, cela représente pour certains, un véritable effort qu’ils peuvent avoir des difficultés à fournir.

Aussi, plutôt que de chercher à tout prix à allonger à partir du pas naturel du cheval (pas inhérent à chaque cheval lorsque celui-ci n’est soumis à aucun effort particulier), il s’avère souvent plus efficient de faire la demande à partir d’un pas plus raccourci, voire rassemblé pour ceux qui en ont le niveau, bien actif, et cadencé.

Il faut maintenir l’effort suffisamment longtemps (j’entends par longtemps, plutôt 6 foulées que 3, par exemple), pour que l’allongement demandé ensuite, représente pour le cheval un retour à un état de moindre tension. Pour qu’aprés l’effort, il trouve en quelque sorte, le réconfort.

Au delà de ce point positif et tout à fait important, le ralentissement, s’il est  est bien exécuté, met le cheval dans le même état, pardonnez moi cette comparaison un peu triviale, qu’un ressort comprimé prêt à se détendre.

Pour autant, je ne prétends pas du tout qu’il faille comprimer son cheval!! Bien au contraire la sacro-sainte légèreté est à rechercher.

Cet exercice peut s’effectuer en ligne droite ou sur le cercle, en veillant, dans ce second cas, à garder les épaules devant les hanches!

 

ÉPAULE EN DEDANS SUR LE CERCLE : QUELQUES INDICATIONS.

Thursday, March 22nd, 2012

L’épaule en dedans peut également s’exécuter sur un cercle.

Pour le jeune cheval, l’épaule en dedans peut se révéler plus facile à faire en cercle qu’en ligne droite, puisqu’a priori, il est déjà incurvé un minimum.

En règle générale, cet exercice est un excellent remède au postérieur interne “paresseux” qui se pose à côté de sa place normale, c’est à dire vers l’intérieur du cercle.

Lorsque je dis “paresseux”, je ne dis pas que le cheval est paresseux, bien évidemment. Si le postérieur ne se place pas correctement, c’est que la raison en est mécanique!

Les chevaux principalement concernés sont ceux qui sont naturellement incurvés à gauche et qui, sur le cercle, jettent les épaules à l’extérieur, en rentrant les hanches vers l’intérieur.

En lui orientant les épaules vers l’intérieur du cercle, le cavalier aide son cheval à mieux placer son postérieur interne sous sa masse, plutôt qu’à côté.

Ainsi, le cavalier rétablit l’équilibre et l’harmonie, en vue d’une plus juste incurvation.

La plus importante difficulté lors de l’exécution d’une épaule en dedans sur le cercle, est de veiller à ce que les postérieurs ne chassent pas vers l’extérieur.

Si le cavalier déplace les épaules de son cheval en les bloquant, il sentira très certainement les hanches déraper vers l’extérieur. Il aura la même sensation s’il “pousse” trop fort de sa jambe intérieure avant d’avoir fait quoi que ce soit d’autre.

Le cavalier doit aussi faire attention à ne pas déporter ses propres hanches à l’extérieur en portant son poids sur la fesse externe, ou encore à ne pas reculer sa hanche interne : c’est le plus sûr moyen pour que le cheval chasse les hanches et n’engage pas le postérieur intérieur.

Le plus simple pour éviter au maximum tous ces écueils, est de se placer sur un cercle en gardant son cheval actif, de bien visualiser les postérieurs avançant sur ce cercle, et de délicatement déplacer les deux épaules sur un second cercle intérieur, concentrique au premier.

C’est l’ensemble de la position, et plus particulièrement l’assiette, qui doit inciter le cheval à rester actif et engager correctement ses postérieurs. Attention à ne pas faire une surenchère d’action de jambes : l’une qui “pousse”, et l’autre qui contient!

Et comme d’habitude, le débat reste ouvert. J’attends vos questions, et vos demandes d’informations complémentaires!!

 

QUEL TYPE D’ÉPAULE EN DEDANS?

Sunday, March 11th, 2012

A mon humble avis, la qualité d’une épaule en dedans se juge selon différents critères qui ne se résument pas aux seuls “angle de 30° et légère incurvation autour de la jambe intérieure”, des textes officiels.

Avant toute chose, on ne demande pas à un cheval d’exécuter une épaule en dedans s’il n’en est pas capable. Plusieurs exercices peuvent l’aider à préparer l’ apprentissage de ce pas de côté, dont la contre épaule en dedans.

Ensuite, ce n’est pas parce que le cheval est prêt à faire sa première épaule en dedans, qu’il n’y a pas une progression à respecter dans l’apprentissage de celle-ci.

En fonction des caractéristiques locomotrices de l’animal, plusieurs  adaptations sont nécessaires. Au début, certains chevaux n’acceptent qu’une faible obliquité, d’autres au contraire, ne sont à l’aise que si l’angle est important. Il faut respecter ces données, car elles signifient pour les premiers que le croisement est difficile, tandis que pour les autres, c’est la composante longitudinale qui pose problème. De même, il faudra, dans une juste mesure, respecter la vitesse et la place du bout de devant que le cheval choisit pour faire son déplacement.

Ce n’est que petit à petit que le cavalier mènera sa monture vers des efforts plus soutenus afin d ‘effectuer les corrections qui conduiront à une épaule en dedans plus aboutie, mais qui, de toute façon, sera différente de l’épaule en dedans d’un autre cheval.

En conclusion, ce qu’il est important de retenir, c’est que :

  • l’incurvation doit toujours être proportionnelle à l’obliquité, sans quoi, soit le postérieur ne croise pas (forte incurvation-faible obliquité), soit il dérape (forte obliquité-faible incurvation);
  • lorsque le cheval est prêt, il faut savoir qu’un angle de 45°, comme le préconisait Nuno Oliveira, est un angle où les composantes latérales et longitudinales s’équilibrent assez bien;
  • comme dans tout exercice, ce n’est pas la vitesse qui compte, mais l’énergie mise dans l’exécution du mouvement. Si le cheval est “bousculé” dans son épaule en dedans, il risque en premier lieu, de se faire mal en croisant les membres, et en second lieu, de ne pas pouvoir fléchir correctement ses articulations postérieures.

Le sujet est loin d’être clos, et nous y reviendrons. 

N’hésitez pas à poser des questions!!

DE L’IMPORTANCE DE L’INCURVATION DANS L’ÉPAULE EN DEDANS.

Monday, March 5th, 2012

 

Pour le descriptif de base de l’épaule en dedans, j’invite le lecteur à se reporter aux posts précédents écrits sur le sujet, en cliquant ici :

ou encore à aller sur le post : proposition d’aide pour exécuter une épaule en dedans.

Dans ce post ci, j’aimerais insister sur l’ incurvation dans l’épaule en dedans.

Rappel 1 : il est essentiel que les hanches cheminent en oblique par rapport au sens du mouvement, si l’on veut préserver la latéralité de cet exercice.

Rappel 2 : il ne faut pas oublier qu’un cheval qui s’incurve a les hanches légèrement tournées vers l’intérieur.

C’est ce second rappel qui fait tout l’intérêt de l’épaule en dedans par rapport à un déplacement latéral dans lequel le cheval resterait droit. En effet, l’incurvation exigée par l’épaule en dedans, en permettant à la hanche intérieure d’avancer, donne plus de fluidité au postérieur interne pour amorcer son croisement, en favorisant son engagement (néanmoins, l’incurvation doit rester proportionnelle à l’obliquité. Par exemple dans une faible obliquité, si l’incurvation est trop importante, on risque de voir les hanches, sous l’effet de leur déplacement vers l’intérieur lors de l’incurvation, rester perpendiculaires au sens du mouvement).

Tandis que dans un pas de côté sans incurvation, certes le cheval va beaucoup abaisser sa hanche interne pour pouvoir croiser, mais du fait que cette même hanche reste en arrière, il va devoir tendre énormément son membre pour tenter de gagner en engagement, ce qui aura pour conséquences, contrainte et raideur du mouvement.

Cet d’exercice, exécuté de façon erronée,  prive les articulations postérieures de leur flexibilité, et exclut toute possibilité d’évoluer vers l’épaule en dedans de référence, c’est-à-dire l’épaule en dedans dans laquelle le cheval se rassemble, abaissant ses hanches et soutenant son avant main avec légèreté.

A suivre, plusieurs autres idées concernant l’épaule en dedans…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ENCAPUCHONNEMENT : ( 2nd PARTIE)

Wednesday, January 25th, 2012

Dans le 1er post concernant l’encapuchonnement, nous avons vu que le mauvais emploi de la main était principalement le fait d’une mise en main excessive. Ce type de mise en main pouvant être accidentel comme tout à fait recherché, ce qui est beaucoup plus grave.

Nous avons également dressé une liste des conséquences malheureuses pour le cheval d’une telle attitude, et il reste un point que je voudrais évoquer.

Il s’agit des conséquences “psychologiques” d’un encapuchonnement excessif et répétitif.

Voici ce que Jean-Claude Barrey écrit dans son livre “ETHOLOGIE ET ECOLOGIE EQUINES” 

“La principale difficulté est donc d’inciter le cheval, presque à son insu, à adopter lui-même un certain comportement. Tous les animaux possèdent une tendance très puissante à rechercher les conditions optimales de subsistances qui conviennent le mieux à un instant donné. Ce que font aussi les chevaux par tous les procédés qu’il leur est possible d’essayer. Il s’agit là du comportement d’appétence pour l’état cohérent de moindre tension, un programme très puissant dont le déclenchement, pratiquement automatique, a lieu dès l’apparition de la moindre incohérence entre le milieu intérieur de l’animal et l’environnement qu’il perçoit par tous ses canaux sensoriels. Cette appétence provoquée par toutes sortes de pressions environnementales incite le cheval à essayer différents comportements, jusqu’à ce qu’il trouve celui qui supprime la gêne, provoquant un relâchement de la tension, c’est-à-dire la tranquillité d’esprit, mais pas forcément l’inactivité…”

Appliqué au travail monté, c’est ce type de comportement qui conduit le cheval à “céder”, c’est-à-dire à trouver la meilleure réponse-confort, à la demande-gêne qui lui est faite. Il nous faut alors céder (relâcher la pression que nous exercions) nous-mêmes instantanément si nous voulons que le cheval retrouve un état de cohérence.

Prenons  l’exemple d’un cavalier, plein de bonnes intentions vis à vis de son cheval, mais ne maîtrisant pas encore le bon dosage de ses actions de mains. Lorsque ce cavalier ajuste ses rênes pour mettre son cheval en place, il peut manquer de précision, et il lui arrive d’enfermer ce dernier. Mais s’il a  appris que, quand son cheval lui donnait la réponse souhaitée, en l’occurence la mise en main, il devait céder, l’intégrité comportementale du cheval est préservée.

Sur la première photo, à droite, on voit Xilophone encapuchonné. On voit bien la main de sa cavalière, qui recule.

Sur la seconde photo, la main s’est avancée, et Xilophone est correctement placé!

Tandis que le cavalier qui enferme sa monture en permanence, sans jamais céder, non seulement va très certainement au devant de problèmes physiques, mais également psychiques, en ne permettant pas à son cheval de retrouver cet état cohérent de moindre tension si essentiel. Lorsqu’aucune solution n’est trouvée pour rétablir la cohérence (tension exercée sur la bouche, cession pour se soulager de cette tension), il y a inhibition de l’action cohérente, celle qui lui permet de retrouver du confort. Cela s’appelle l’inhibition conditionnée. En psychologie, on pourrait parler de résignation acquise.

Jean-Claude Barrey dit à ce propos :

“…elle induit nécessairement des pathologies en activant violemment l’axe hypothalamus/hypophyse/corticosurrénal…Le stress qui en résulte provoque la libération dans le sang d’une dose massive de glucocorticoïdes qui, tout en renforçant les capacités  de défenses physiques immédiates, abaisse les défenses immunitaires, favorise l’hypertension et les ulcères de l’estomac (fréquents chez les trotteurs) et occasionne des dégâts, souvent importants, dans une zone du cerveau, l’amygdale temporale (chargée de gérer le stress). Les neurones de celle-ci sont sollicités trop brutalement, les réactions chimiques à l’intérieur des cellules s’emballent, libèrent un afflux de déchets oxydants toxiques, qui s’attaquent au génome cellulaire…entraînant la mort de la cellule. Le cheval n’éprouve plus alors d’émotions dues au stress causé par son environnement. Mais, comme son centre de décision comportemental est lié à ses émotions, il ne prend plus de décisions personnelles et répond seulement aux pressions de l’extérieur : il est parfaitement soumis…”

 Et devient un parfait robot! 

Ce tableau est sombre mais bien réel, et pour moi, le premier remède à ce genre de problème est de changer d’état d’esprit, et de réévaluer ses méthodes de travail.

 Le cheval n’exprimant pas oralement ses souffrances, il est  facile pour le cavalier de se fourvoyer dans des dérives pouvant représenter un réel danger!

Heureusement, il existe encore beaucoup de cavaliers qui n’emmènent pas leurs chevaux vers de tels scénarios catastrophes, qui montent leur cheval  avec honnêteté , et ne commettent que des maladresse dues à leur  manque d’expérience.

A ces cavaliers je rappellerai qu’il faut éviter de tirer pour entrer en contact avec la bouche du cheval, mais au contraire avoir le cheval devant soi pour ensuite pouvoir délicatement obtenir la mise en main (je ferai ultérieurment un post sur la mise en main). Si malgré cela le cheval résiste et semble réfractaire à ce qu’on lui demande, c’est très certainement qu’il n’est pas prêt et qu’un programme d’assouplissement renforcé est nécessaire.

Ce qui me paraît peut-être encore plus important, c’est de ne jamais oublier de céder et de pratiquer la descente de main. Je rappelle que cet instant, aussi court soit-il, représente pour le cheval une récompense, une possibilité de se décontracter et de travailler dans l’autonomie.

Si ce post vous paraît incomplet, qu’il vous semble rester des zones d’ombre et qu’un complément d’informations pourrait répondre à d’éventuelles questions, n’hésitez pas à me le faire savoir! 

A PROPOS DE L’ENCAPUCHONNEMENT! (1ÈRE PARTIE)

Saturday, January 7th, 2012

Dans ce post, il sera question de l’encapuchonnement.

Nous verrons ce qu’est exactement l’encapuchonnement, et quels en sont les causes, les conséquences et les remèdes éventuels.

 

( Toutes les photos d’encapuchonnement excessif que vous verrez dans ce post, ne sont pas des photos de mes élèves!)

 

(Ce post un peu long sera divisé en deux parties).

Première partie :

On parle ordinairement d’encapuchonnement lorsqu’au travail, le cheval passe le chanfrein en arrière de la verticale. Mais attention!! Il y a encapuchonnement et encapuchonnement! Cela peut aller du simple retrait de la tête en arrière de la verticale, au rollkür, véritable acte de maltraitance pour le cheval.

Voilà pourquoi on ne peut placer sur un même pied de gravité, tous les types d’encapuchonnement. Je ne suis pas en train de dire que certains cas d’encapuchonnement sont sans importance, et qu’il ne faut pas les combattre. Non, je souhaite seulement signaler, qu’il y a l’encapuchonnement volontairement recherché par le cavalier, blâmable, et ne devant  faire l’objet d’aucune tolérance;

et celui qui se produit  ponctuellement et non intentionnellement  au cours du travail, sur l’effet du retrait d’une main maladroite.

 

A l’heure actuelle, nombreux sont les cavaliers de dressage, et beaucoup parmi ceux qui sortent en compétition de haut niveau qui, sous prétexte de tendre le dos de leur cheval, enferment bien souvent de façon excessive ce dernier. On en voit certains, littéralement ”pendus” à leurs rênes, arque-boutés vers l’arrière pour faire céder la malheureuse bête!

 

D’autres cavaliers, par manque de compétence et d’encadrement, encapuchonnent leur cheval sans même se rendre compte qu’ils le font.

Et d’autres encore, travaillent d’arrache pied à affiner leur position et leur assiette, sans lesquelles hélas, cette fichue main manque de précision, bouge parfois de manière inopinée, recule même, et en arrive certaines fois à amener le cheval à s’encapuchonner!

Quoi qu’il en soit, et quelle que soit la catégorie de cavaliers, la cause originelle de l’encapuchonnement est toujours un excès de main.

 

Ensuite, plus l’encapuchonnement est vicieux, plus s’ajoutent de problèmes. Cassure à la troisième vertèbre, défenses, acculement ou allures défectueuses ne sont que quelques unes des conséquences graves engendrées par par un tel procédé de dressage.

Ceci semble malheureusement être du trot! Observez la défectuosité du diagonal droit, le postérieur gauche n’arrivant pas à avancer!

Voyons plutôt quelles sont les conséquences physiologiques d’une telle pratique :

  • hyper extension des ligaments supérieurs cervicaux pouvant conduire à de graves lésions telles que, inflammations, étirement des fibres jusqu’à la rupture, et dommages potentiels au niveau des insertions des ligaments profonds;
  • rapprochement excessif des vertèbres en partie ventrale, avec pour conséquences probables, pincement des disques inter-vertébraux, le disque pouvant aller jusqu’à faire une saillie en face dorsale et entrer en contact avec les ligaments, ou des nerfs;
  • écrasement des glandes parotides;
  • pour ce quatrième point concernant les effets négatif de l’encapuchonnement sur l’oeil et l’oreille, je laisse la parole à Philippe Karl, qui lui-même reprend des propos de Dominique Ollivier :

” Les éléments qui suivent sont extraits du remarquable ouvrage de Dominique Ollivier La vérité sur l’équilibre (Editions Belin). Pour ajuster ses postures et adapter ses mouvements à toutes les exigences de l’équilibre, le cheval dispose comme l’homme de trois référentiels :

le sol…dont il a une perception tactile par ses pieds. Il coordonne ses gestes de façon à maintenir les masses à la verticale des points d’appui.

L’environnement…que le cheval appréhende par la vue, évaluant toutes choses à distance, et pouvant ainsi anticiper ses réactions. Or, on sait que le champ visuel binoculaire du cheval n’opère que dans un angle très réduit, et ne porte loin que lorsque sa tête est placée haut, nuque ouverte (attitude de veille). Une fois encapuchonné, le cheval ne dispose plus que d’une vue monoculaire latérale réduite et d’une vue binoculaire lui permettant à peine de juger où il pose ses pieds. On le fait courir en aveugle ou presque.

C’est pourquoi beaucoup de ces chevaux coupés de leur environnement, perdent toute expression et deviennent comme autistes.

La gravité...qui est perçue par l’oreille interne. Elle comporte trois “canaux semi-circulaires” placés perpendiculairement les uns aux autres et permettant de se situer dans un espace à trois dimensions. De plus, ces canaux sont munis de capteurs qui enregistrent les accélérations verticales, horizontales et latérales.

Toutes ces informations tactiles, visuelles et gravitationnelles, sont traitées par le cerveau. Or, des les situations extrêmes, le cheval comme bien d’autres espèces, stabilise sa tête dans une position optimisant le fonctionnement de ce système de navigation : voilà pourquoi trotteurs, galopeurs et chevaux à l’obstacle fixent l’axe de leur tête à environ 30° de la verticale…”

 

 

 A suivre…

“LA NUQUE LE POINT LE PLUS HAUT”.

Friday, December 16th, 2011

Dans ce post il sera question de la position de la nuque comme point le plus élevé du cheval.

Nous tâcherons de voir si cette affirmation reste indéfectible en toutes circonstances, quelles que soient les attitudes et différentes phases de travail du cheval.

Il sera rappelé la bonne progression à respecter dans l’apprentissage gymnastique du cheval afin d’amener celui-ci à un rassembler correct, intégrant sainement la notion de “nuque le point le plus haut”.

La nuque est le point le plus élevé, quand le cheval remonte l’encolure de telle sorte que le cavalier peut quasiment voir la têtière du filet ou de la bride. Bien sûr, cette notion n’a rien à voir avec un cheval qui se défend et qui relève la tête!! Au contraire, elle apparaît au cours d’un travail déjà abouti, et doit impérativement être indissociable d’une orientation correcte de l’arrière main, sans laquelle hélas, le cheval effondrerait son garrot en creusant son dos.

La recherche de la nuque le point le plus élevé du cheval, si elle est évidente dans un rassembler déjà assez avancé, ne doit pas être permanente, puisqu’au cours de son apprentissage, le cheval passe par différentes attitudes, comme par exemple, l’extension d’encolure. De plus,  chaque fois que cela s’avérera nécessaire, en cas de perte de décontraction, cette attitude sera momentanément abandonnée au profit d’une autre, encolure, donc nuque, plus basse.

 

 

Le jeune cheval qui découvre le fait d’avoir un poids sur le dos est dans un premier temps, fortement perturbé. Il se creuse, effondre son garrot, relève l’encolure et ouvre la nuque.

Seul le travail en extension d’encolure permet au poulain de se déplacer aisément dans son équilibre naturel, sous la selle. Les muscles de la ligne du dessus s’étirent, le dos monte et se tend moelleusement sous la charge, les gestes se libèrent, favorisant le mouvement en avant.

A ce niveau de dressage, la nuque n’est pas le point le plus haut puisque l’encolure est orientée vers l’avant et vers le bas, avec une surcharge encore prononcée de l’avant main.

Dès que ce travail de base se trouve être fortement consolidé, la recherche du rassembler peut commencer. Ce souci du rassembler ne veut pas dire que du jour au lendemain l’attitude du cheval va changer du tout au tout. La progression devra être très mesurée, mais avec un souci permanent de grandissement et de soutien du bout de devant, et d’activité des postérieurs. Le cheval travaille alors dans une attitude horizontale, voire légèrement plus grandie.

A ce stade du travail, la notion de rassembler est une idée directrice qui doit conduire le cavalier à ne jamais laisser le dos de son cheval se relâcher sous le faux prétexte du redressement du bout de devant. Cette notion reste également tout en nuances, car à chaque cheval ses capacités, et à chaque exercice également sa vertu plus ou moins grande de “rassembler” un cheval. Pour exemple, citons l’allongement du trot qui logiquement, rassemble moins le cheval qu’un ralentissement.Il n’en reste pas moins que l’allongement sera d’autant meilleur qu’il aura été précédé d’une attitude rassemblée, c’est à dire non relâchée!

La tenue de hanches sur le cercle, quant à elle, induit le rassembler dès le début de son apprentissage.

Dans cette phase d’apprentissage, le cheval n’a pas forcément encore la nuque le point le plus haut. Ce n’est absolument pas grave s’il n’y a pas d’encapuchonnement. De plus, il faut savoir tenir compte de la morphologie de chaque cheval : certains ont le chignon plus développé que d’autres.

Puis enfin, petit à petit, par une recherche plus poussée du relèvement de l’avant main et de l’engagement des postérieurs, la nuque devient vraiment le point le plus haut. L’équilibre du cheval change et n’est plus horizontal. L’avant main s’allège, tandis que l’arrière main, justement disposée, prend en charge le poids supplémentaire qui lui est attribué. Les articulations postérieures se fléchissent des hanches aux jarrets, contribuant ainsi à raccourcir le polygone de sustentation, parfois jusqu’à l’extrême, lors d’une pesade.

 

Si cette fameuse notion de “la nuque le point le plus haut” est une des pierres angulaires du rassembler, elle doit, lorsqu’elle est enseignée, être accompagnée de moult recommandations. Elle peut s’avérer extrêmement néfaste si elle est pratiquée seule, sans souci du bon fonctionnement de l’arrière main, mais a contrario, elle procure au cavalier qui l’associe à un travail juste de l’arrière main, l’immense bonheur de sentir ce qu’est la légèreté d’un cheval qui se rassemble harmonieusement!

Faiblesse du postérieur droit qui devrait être plus engagé sous la masse.

 

Prochainement, il sera question de l’épineux sujet de l’encapuchonnement, et de ses effets pervers.

 

PAS ESPAGNOL A PIED.

Thursday, December 8th, 2011


Sur ces deux vidéos, nous voyons Majolie au pas espagnol au travail à pied.

Cette jument avait très peur de la cravache, et il a fallu beaucoup de temps pour qu’elle l’accepte au niveau de l’avant-main. Ce n’est toujours pas gagné pour ce qui est de l’arrière main, et lorsqu’elle sens son contact, elle a tendance à précipiter. C’est pourquoi j’ai momentanément renoncé à l’utiliser pour animer les postérieurs.

Par conséquent, je me mets devant elle pour lui demander le pas espagnol, et je trouve cela très pratique (bien qu’il faille faire très attention à ne pas se prendre un coup de pied dans les genoux), car je peux régler un tas de choses.

  • Hauteur de l’encolure;
  • rectitude par déplacement de l’avant main;
  • vitesse;
  • orientation des hanches;
  • stimulation aisée d’un antérieur ou de l’autre.
Bien sûr, le maniement de la cravache demande à être un peu peaufiné. On peu garder la cravache dans la main de son choix, et en la croisant sous l’encolure, animer tantôt un antérieur, tantôt l’autre. Mais on peut également, si besoin est, changer la cravache de main pour atteindre la hanche opposée.

Vous voyez que la jument a quelques difficultés à s’organiser, je pense que cela est dû à sa corpulence, et lorsqu’elle est au pas espagnol monté, elle développe beaucoup moins le geste de l’épaule.

Tout cela n’est pas grave, je prends mon temps, et je lui demande systématiquement à chaque séance : à pied avant de débuter le travail monté, puis montée, une fois qu’elle est échauffée.

De toute façon cet exercice reste une excellente gymnastique des épaules pour Majolie, à qui cela fait le plus grand bien!