Archive for the ‘Conseils Dressage’ Category

Une idée pour améliorer la tonicité du pas.

Sunday, May 4th, 2008

Je vais prendre l’exemple de mon cheval, Arly, qui manque de tonicité au pas.

Je travaille toujours assez longtemps le pas en début de séance, et j’y reviens en fin de séance. En début de séance, il me sert à échauffer en douceur les muscles de mon cheval, car même si je le longe toujours avant de le monter, pour lui les choses changent beaucoup dès lors que je suis dessus : son dos s’affaisse, il perd en puissance, et l’engagement et la poussée des postérieurs diminuent.

En fin de travail, j’utilise de nouveau le pas comme retour au calme et parce que mon cheval étant bien échauffé, il est plus à l’aise et me donne de meilleures choses.

Lorsque je débutais mon travail au pas, j’avais, depuis longtemps, pris l’habitude de demander d’emblée à Arly de se livrer dans le pas. De ce fait, il se mettait naturellement en extension d’encolure, donc dos plutôt bien orienté.  Mon but étant d’avoir un pas ample, tonique et bien articulé.

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Mais finalement, j’ai bien vu qu’il peinait dans ce travail, je ne le sentais pas vraiment se porter en avant de bon coeur et je devais le solliciter trop souvent à mon goût. Bien sûr, je m’appliquais à faire et refaire, et c’est là que le bât blesse, à re-refaire la leçon de la jambe, avec descente de jambes entre chaque demande, mais tout était un peu à recommencer à chaque fois. Ce n’était pas franchement mauvais, mais pas non plus tout à fait satisfaisant. Il faisait beaucoup d’efforts pour s’articuler, et les mouvements de balanciers de l’encolure étaient, de ce fait, fort prononcés, ce qui induisait une instabilité de l’avant main assortie de manifestations d’agacements de sa bouche à l’encontre du mors et de ma main qui, alors avait du mal à se fixer.

Depuis une quinzaine de séances, j’ai radicalement changé mon travail. J’échauffe toujours longuement à la longe, et je travaille toujours autant le pas mais je ne demande plus le mouvement en avant en extension d’encolure. Au contraire, je laisse Arly marcher à la vitesse qu’il peut me donner sans effort, ce qui ne l’incite plus à tirer l’encolure vers le bas pour s’aider. Il se tient alors dans son équilibre naturel qui est assez relevé, et je ne recherche que la légèreté. J’essaie d’être extrêmement délicate dans mes mains afin de ne prendre ni ne donner l’envie à Arly de prendre de contact inutile. Je n’interviens sur sa bouche que pour demander ou restaurer la flexion de mâchoire et de nuque, et légèrement déplacer les épaules pour tourner. Je sanctionne par un petit demi-arrêt toute velléité d’appui de sa part. Je l’aide ainsi à se mettre aussi peu que possible sur les épaules.

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Petit à petit, je le sens devenir plus autonome, plus décontracté, aussi. Il ne se défend plus avec ma main. J’ai retiré les éperons et ne me sers de la cravache que deux ou trois fois en début de travail s’il passe en arrière de mes jambes. Un petit tapotement derrière la jambe suffit à déclencher une plus grande réactivité qu’auparavant, d’ailleurs.

J’arrête souvent, je recule, je fais un pas en avant, puis un autre, de façon très décomposée, afin de contrer le moindre déséquilibre sur les épaules.

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Mon cheval est comme un ressort grippé qui se remet à fonctionner, et au bout d’un moment, en équilibre, ayant concentré sa force et son énergie grâce à ce travail rassemblé, il allonge sans effort et tient cet allongement bien plus longtemps qu’avant.

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Je pense aussi, qu’après s’être énormément concentré mentalement pour aller lentement, être autonome, et gérer au mieux son équilibre, le cheval accueille avec plaisir l’allongement qui est pour lui, à ce moment là, comme une pause, une récréation, une certaine liberté.

Vers une mobilité différente.

Sunday, April 20th, 2008

Il faut tendre vers une économie de moyens, une miniaturisation des aides, comme le dit P. Franchet d’Esperey.

La descente de mains et de jambes a déjà été évoquée, mais les actions qui précèdent cette cession des aides, doivent être de plus en plus affinées au point de ne plus exercer aucune force sur le cheval.

Le dressage ne devrait avoir, comme but ultime, que la recherche de la mobilité en tout sens, obtenue grâce à un minimum d’action, dans l’aisance et la décontraction.

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Il faut imaginer une boule posée sur une table, sur laquelle on exerce une légère poussée où que ce soit sur sa surface. Elle se déplace facilement et régulièrement.

Il doit en être ainsi du cheval : stable dans son attitude, mais prêt à se mouvoir, tant dans le plan latéral que longitudinal, à la plus légère sollicitation de son cavalier.

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Si le cavalier agit en force, le cheval risque de résister à cette force, ce qui va induire des tensions et réduire considérablement sa mobilité.

 En effet, le cheval ne sera alors plus en équilibre entre les aides de son cavalier, mais en appui d’un côté ou de l’autre. Ainsi, le temps qu’il lui faudra pour se mouvoir dans le sens opposé à cet appui sera donc plus long que s’il avait été léger au départ.

Il suffit de regarder un cheval en liberté qui s’amuse, et voir comme il bouge et avec quelle rapidité!

Un autre avantage de ce travail est de ne pas faire les exercices à la place du cheval en l’empoignant avec vigueur, mais de lui donner la possibilité, une fois la demande faite, de s’organiser en prenant son temps, afin de trouver la meilleure réponse locomotrice qui soit.

Ce comportement moteur n’étant pas dû à des demandes exogènes fortes (mains, jambes du cavalier, éperons), mais à une organisation majoritairement endogène. On peut penser, voire espérer… que le cheval aura plus de facilité à reproduire le mouvement.

Le bénéfice est total : le cheval n’est pas contraint, blasé par le travail, il évolue dans la décontraction avec légèreté en n’ayant pas à faire les frais d’aides douloureuses et contraignantes de la part de son cavalier. 

Il me semble que c’est ce vers quoi il faut tendre, ce que l’on peut rêver d’obtenir…Ce à quoi, en tout cas, il serait bon de travailler…A vous de voir !

Approche du travail les mains hautes.

Sunday, March 30th, 2008

Avant toute chose, je précise que ce travail n’a de valeur que si, à mesure qu’elles montent, les mains vont vers la nuque du cheval, de manière à n’agir que sur la commissure des lèvres. Comme je l’ai dit précédemment, cette partie du cheval est moins inervée et donc moins sensible que la langue et que les barres.

Aprés avoir délicatement pris le contact avec la bouche du cheval, monter lentement les mains, jusqu’à ce que le mors, remontant dans la bouche, amène les machoires à se desserrer. Céder immédiatement. Petit à petit, il faudra de moins en moins de temps et d’élévation pour que le cheval cède.

Ensuite, par élévation progressive d’une seule main, et aprés avoir obtenu la cession de la mâchoire, demander une flexion latérale de l’encolure. Le degré de flexion de l’encolure dépend des possibilités physiques de chaque cheval et de son niveau d’apprentissage. Tâcher, avant de céder, de maintenir quelques instants le cheval dans cette attitude sur une rêne légère et dans l’autonomie. Reproduire cet exercice aux deux mains.

Lorsque le cheval est installé dans une flexion d’encolure, il suffit de lever la main extérieure pour obtenir une cession de nuque. Si le cheval tente de s’appuyer, restaurer la légèreté par un demi-arrêt.

Céder alors , et laisser le cheval se mettre en descente d’encolure par décontraction de toute la ligne du dessus.

En répétant méthodiquement cet enchaînement d’exercices, on finit par obtenir, plus ou moins rapidement selon les chevaux, la descente d’encolure sur un léger soutien des mains. Un raccourci s’est mis en place, qui ne rend plus nécessaire les flexions latérales inductrices de cette extension d’encolure. Celles-ci restent, néanmoins, un excellent étirement avant de commencer une séance.

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Exemple de mise en main progressive grâce aux mains hautes

Ce travail peut être commencé à pied, puis continué monté à l’arrêt, et perfectionné aux trois allures.

Il impose au cavalier d’avoir déjà acquis une certaine finesse dans l’usage de ses mains et une bonne stabilité dans sa position.Quant au cheval, il doit faire preuve de perméabilité physique et mentale pour être ainsi gymnastiqué sans se défendre. C’est pourquoi certains cas particuliers peuvent appeler des aménagements adaptés.

Petit retour sur les mains basses.

Sunday, March 23rd, 2008

Ce post est écrit en retour du commentaire d’un blogger ayant un avis différent de celui que je propose, en ce qui concerne l’utilisation en certaines circonstances des mains basses.

J’ouvre avant tout une parenthèse pour remercier encore une fois tous ceux qui contribuent à faire vivre ce blog, modeste mais passionné.

Les prises de position différentes de celles  qui y sont écrites sont très intéressantes, car elles permettent la discussion et incitent à entretenir l’esprit d’analyse. De plus, l’échange me paraît indispensable à tout apprentissage ou perfectionnement.

Je vais donc redonner mon opinion sur le travail les mains basses, puisque ce commentaire m’amène à reformuler ma pensée.

Tout d’abord, je voudrais préciser que je travaille, et fais souvent travailler à certains de mes élèves, l’action de monter les deux mains en direction de la nuque du cheval pour inciter ce derner à prendre le contre pied, et donc à aller  vers le bas.

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La réalité du terrain m’amène à dire que cette action est tout de même délicate, et sa mise en oeuvre peut s’avérer requérir un certain temps. De plus, les cavaliers pas encore très confirmés ne trouvent pas toujours leur place en ayant les mains hautes, ce qui engendre parfois des situations conflictuelles qui peuvent durer trop longtemps à mon goût.

J’ai le souvenir d’un stage donné par un enseignant élève de Philippe Karl, que j’apprécie beaucoup d’ailleurs, et auquel participait une de mes connaissance. Ce cavalier avait une jument délicate qui se contractait vite le dos en relevant assez haut l’encolure. Dès lors, le contrôle de la vitesse et de la direction devenaient aléatoires. Et bien, il a fait sa séance les mains hautes, sur les conseils de l’enseignant, sans jamais vraiment trouver le bon contact avec la bouche de sa jument qui, très gênée, se défendait de plus en plus à la main en tentant de fuir cette gêne. Au final, elle n’a eu que très peu de fois l’envie d’aller vers le bas et très sincèrement, j’ai eu mal au dos pour elle durant toute la séance.

Je ne remets absolument pas en doute les bienfaits de cette action, mais elle demande une approche progressive pour le cheval et son cavalier, et dans un premier temps, je pense qu’il est bon d’avoir à sa disposition un moyen rapide, pas forcément agréable pour le cheval, je l’accorde, pour désamorcer “l’engrenage infernal” d’un cheval qui se contracte de plus en plus.

La question se pose alors de savoir s’il vaut mieux, dans un tel cas, revenir très ponctuellement sur les mains basses durant 2 ou 3 secondes pas plus, cela suffit en général, ou garder les mains hautes, en n’agissant, certe, que sur la commissure des lèvres, mais plus longtemps, faute d’un résultat assez rapide? Le dos, dans ce cas, est contracté plus longtemps et donc, douloureux!

Personnellement, j’opte pour la première solution. J’explique toujours à mes élèves les avantages et les inconvénients de ce que je leur fais faire en soulignant bien le fait que cette action est provisoire et que dès que le moment sera propice, d’autres actions plus fines prendront le relais qui, pratiquées en concomitance avec des exercices appropriés contribueront à rééduquer le dos de leur monture. 

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Le débat reste ouvert, bien sûr.

A vos plumes! ou plutôt à vos claviers…

 

 

A propos du piaffer.

Saturday, March 15th, 2008

 High school air : the piaffe

A dressage movement where the horse is in a highly collected and cadenced trot. The front end of the horse must be mobile and light. The center of gravity should be more towards the hint end.

Avant de commencer l’étude du piaffer, il faut que le cheval ai été assoupli dans l’épaule en dedans, dans les déplacements latéraux côté concave (appuyer, tête au mur, pirouette) et dans toutes les transitions longitudinales, les départs au trot de l’arrêt répétés étant particulièrement conseillés.

Tous ces exercices développent la mobilité, l’abaissement et la flexibilité des hanches, condition sine qua non à l’exécution de cet air relevé. Autre préalable indispensable, la légèreté de l’avant-main qui ne découlera du travail précédent que si le cavalier fait bon usage de ses mains en pratiquant le plus souvent possible la descente de mains (se reporter au post : descente de mains).

Le choix des procédés à utiliser dans l’apprentissage du piaffer doit être guidé par les qualités physiques et mentales du cheval. La façon de faire ne sera pas la même avec un cheval court, abaissant facilement les hanches, qu’avec un cheval long qui mobilise moins bien son articulation lombo-sacrée. De même, les différences d’influx nerveux induiront-elles des approches différentes de l’exercice. Par exemple, avec des chevaux à l’influx nerveux important, le piaffer peut être abordé par des transitions “pas-reculer-pas” de plus en plus raccourcies et rapprochées, jusqu’à une légère mobilisation sur place. Ensuite, un report en avant au pas ample et calme est recommandé, plutôt que de partir au trot. A l’inverse, avec un cheval très calme, voire lymphatique, on travaillera les transitions “trot-arrêt-trot” de façon énergique et sur des foulées de plus en plus courtes, jusqu’à faire quelques pas de piaffer à la place du trot.

Il y a bien sûr, d’autres cas, qui demanderont des aménagements de tous ces exercices. Ne restez pas figés dans un type de travail, nuancez en fonction de l’évolution de l’apprentissage et du comportement de votre monture.

Un piaffer lent et soutenu est très difficile à obtenir, il faut donc savoir se contenter d’un piaffer plus ordinaire.

Néanmoins, même ordinaire, ce piaffer doit rester juste.

  • Attention à ne pas laisser le cheval s’acculer et de ce fait être tenté de reculer, auquel cas il faudrait le reporter vigoureusement en avant.
  • Veillez à ce que le cheval ne soit pas sous lui du devant. Si c’est le cas, avancez légèrement dans le piaffer en vous redressant et en grandissant votre cheval.
  • Ne laissez pas s’installer l’excitation ni le désordre, ce qui nuirait à la diagonalisation du mouvement. Restaurez alors le calme en remettant tranquillement au pas à chaque fois que votre cheval s’énerve. 

Le piaffer n’est pas du piétinement sur place!

Rappelez-vous : Oliveira disait : “Agir et laisser faire”. Ce qui veut dire, agir, puis pratiquer la descente de mains et de jambes.

Ne piaffez pas à la place de votre cheval!

 

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Différents stades de piaffer de trois chevaux que j’ai contribué à former :

Arly en tout début d’apprentissage, Zapador, plus avancé, et Galaad, bien confirmé dans cet air.

Le trot enlevé dans une séance de dressage.

Saturday, February 9th, 2008

Trot enlevé (Fr) - Rising trot (Eng) - Leichttraben (D)- Il trotto sollevato (It)- El trote levantado (Sp) 

Lorsque vous entamez la première phase de trot de votre séance de travail sur le plat, n’hésitez pas à prendre le trot enlevé. Cela facilite l’échauffement du dos de votre monture, et par la même occasion, celui du vôtre.

Peu nombreux sont les chevaux vraiment bien échauffés avant le travail. C’est très dommage, car ce sont des athlètes comme les autres, et on ne concevrait pas qu’un footballeur puisse débuter un match, ou un coureur s’élancer sur un 100 mètres sans avoir fait, au préalable, plusieur séries d’étirements.

Malheureusement, dans le domaine de l’équitation, les mentalités évoluent très lentement, et lorsque vous longez votre cheval avant de le monter, vous passez plus souvent pour quelqu’un de peureux que pour quelqu’un de respectueux de l’intégrité physique de son fidèle collaborateur. Et ne parlons pas des cavaliers qui, bien que n’étant pas soumis à des efforts aussi intenses que ceux deleur monture, s’échauffent encore moins qu’ils n’échauffent ces dernières.

Je pense donc, qu’un temps au trot enlevé est une transition douce entre le travail au pas et le travail au trot assis, plus contraignant musculairement pour le couple chaval-cavalier.

Mettez à profit cette période au trot enlevé pour ressentir les différents segments de votre corps et les mettre en place, afin d’être en équilibre, les jambes bien à l’aplomb du buste et pouvoir ainsi, vous décontracter au maximum.

Pour sortir de la selle, amorcez l’élévation en exerçant une légère poussée sur la partie de vos pieds qui se trouve entre la voûte plantaire et les orteils.

A ce propos, je tiens à insister sur les inconvénients liés à l’appui sur ces orteils : vous risquez de remonter les talons, comme un piéton qui marche et se propulse en avant, et par voie de conséquence, perdre l’équilibre, donc vous allez serrer les genoux pour parer à une chute quasi inéluctable sur l’encolure. Si c’est le cas, vous bloquez toutes vos articulations basses, et en plus de votre équilibre, vous perdez votre décontraction…

Donc, nous en étions à la phase d’élévation. Aussitôt que vous avez entamé le début du processus, laissez le dos de votre monture prendre le relais. A chaque fois que le cheval est propulsé en avant par la poussée d’un postérieur, son dos monte légèrement du côté de la poussée, et si vous vous laissez faire, vous êtes alors aidé dans votre mouvement élévatoire par cet effet “catapultant” .

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Lors de ce mouvement ascendant, l’articulation des genoux s’ouvre, les cuisses se déploient, les jambes (en anatomie, la jambe n’est que la partie entre le genou et la cheville) coulissent verticalement et poussent le talon légèrement vers le bas.

Dans la phase descendante, regagnez délicatement le creux de la selle en restant toujours au dessus de vos pieds. L’articulation des genoux se referme sans blocage et les pieds reprennent une attitude plus parallèle au sol.

C’est dans cette phase descendante que vous pouvez mettre les jambes si besoin est, pour donner ou redonner de l’impulsion à votre cheval. A ce moment, en effet, les jambes retrouvent une position plus ”enrobante”, propice à une action impulsive, tandis qu’à l’instant où vous vous levez, elles perdent un peu de contact en se tendant légèrement pour aider à la poussée vers le haut.

C’est un coup de main (ou de mollet… si vous préférez) à prendre qui vous amènera à travailler sans effort, laissant ainsi la liberté au cheval de s’échauffer plus librement, sans souffrir des maladresses d’un cavalier qui,  trottant assis trop tôt dans la séance, a le rein raide et rebondit douloureusement sur le dos de sa monture. 

Essayez…et faîtes-moi part de vos impressions…

Le demi-arrêt.

Saturday, February 2nd, 2008

Demi-arrêt (Fr)- Half-halt (Eng)-Die halbe Parade (D)-La mezza fermata (It)-La media parada(Sp) 

Jean- Claude Racinet explique que pour La Guérinière, le demi-arrêt est un arrêt interrompu, une action d’arrêter qui s’interrompt avant l’arrêt complet et est toujours suivie d’une descente de main.

Ce demi-arrêt a pour but de rééquilibrer le cheval en l’asseyant sur les hanches. Ce rééquilibrage est recherché par le soutien du “bout de devant” par la main du cavalier et dans un ralentissement. L’action de la main s’exerce de bas en haut.

Baucher, quant à lui, a repris le procédé en le limitant au rééquilibrage, sans ralentissement.

Il l’utilise dans les résistances de poids, en relevant sans brusquerie mais fermement la tête du cheval, puis cède totalement en laissant cette dernière dans la position qu’elle a prise.

Pratiqué avec tact, le relèvement de l’encolure entraîne l’abaissement des hanches, l’engagement des postérieurs ,et par conséquent, la possibilité, pour ceux-ci, d’augmenter la charge qu’ils portent.

Dans l’équitation moderne, et en l’occurence celle pratiquée sur les rectangles de dressage, le demi-arrêt conserve son caractère ralentissant, mais la mise sur les hanches ne se fait pas par un relèvement du “bout de devant”, mais par des jambes et une assiette actives, qui poussent sur une main fixe pour engager les postérieurs.

Peut-être sommes nous là confrontés aux dangers d’une opposition entre les aides propulsives et rétro propulsives ?

La Guérinière et Baucher n’utilisent les jambes que pour restaurer l’impulsion qui viendrait à décroître lors du demi-arrêt. Par exemple, pour la Guérinière, si le cheval s’arrête au lieu de ralentir.

Pour ma part, lorsque j’effectue une action qui s’apparente au demi-arrêt, je suis plutôt dans l’esprit de la Guérinière et de Baucher que dans celui de ce qui se pratique en équitation officielle, je ne pousse pas des jambes sur la main.

Toutefois, contrairement à Baucher, je ne laisse pas l’angle “tête-encolure” s’ouvrir au delà d’un certain degré, car je pense qu’il pourrait m’être difficile d’empêcher certains chevaux délicats de creuser leur dos.

Sur un cheval qui fait une résistance de force, qui se met à tirer en accélérant et en se mettant sur les épaules, je vais le ralentir et le “décoller” de la main en le grandissant légèrement.

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Pour ce faire, tenant fermement mon dos pour ne pas me laisser entraîner vers l’avant, et gardant mes mains bien devant moi, coudes au corps , pour ne pas tirer, je ralentis par un retrait du haut du corps. Mes mains interviennent très légèrement de bas en haut, tandis que mes doigts agissent par ouverture et fermeture successives sur les rênes. La descente de mains récompensant immédiatement toute bonne réponse du cheval.

Les jambes ne sont là que pour sanctionner les transitions inopportunes et non demandées.

Sur un cheval qui fait une résistance de poids, qui est lourd et ne se porte pas, j’ai le même type d’actions  pour rechercher la légèreté du “bout de devant”, mais sans ralentissement.

Autre cas de figure, celui du cheval qui fait une résistance de force en “verrouillant” sa bouche sur le mors et en s’armant contre la main, mais sans prendre de vitesse : je joue vivement dans les doigts en émettant des vibrations sur les rênes et toujours sans reculer les mains, pour restaurer la décontraction de la mâchoire et pouvoir continuer le travail dans l’harmonie. Là aussi les jambes n’agissent que pour rétablir l’impulsion.

Vous l’aurez compris, le dressage d’un cheval ne se résume pas aux seuls demi-arrêts et autres actions qui s’y rapportent, et il serait illusoire de penser que ces moyens suffisent à transformer un sujet faible dans son dos et ses hanches et qui n’est pas en équilibre. Le demi-arrêt n’est qu’un élément d’un ensemble d’exercices qui, au fil du temps, contribueront à assouplir, fortifier et rendre harmonieux le cheval qui ne l’est pas au départ.

Néanmoins, le demi-arrêt, s’il n’est pas la panacée, est toutefois indispensable!

Propositions d’aides pour exécuter une épaule en dedans.

Saturday, January 26th, 2008

Epaule en dedans(Fr) -Schoulder-in(Gb) -Das Schulterherein(D) -La spalla in dentro(It) -La espalda adentro(Sp) 

Le cheval est dans l’impulsion, sans aller vite néanmoins, lui et vous êtes décontractés.

Déplacez les épaules en portant légèrement les deux mains vers l’intérieur jusqu’à obtenir l’obliquité désirée.

La jambe intérieure est à la sangle, souple, demandant au cheval de continuer de marcher, mais latéralement. Elle n’est ni plaquée, ni dure, ce qui inciterait le cheval à se contracter en se couchant dessus. Elle agit par petites touches successives.

Ne mettez pas systématiquement la jambe extérieure en arrière de la sangle. Ne le faîtes éventuellement que si le cheval chasse les hanches à l’extérieur, je dis éventuellement car bien souvent, il suffit de vérifier la place des épaules et l’incurvation pour que l’arrière main reprenne une attitude correcte.

Par exemple : si l’angle de votre épaule en dedans est très ouvert (+ de 45°) et que l’incurvation est légère, il y a toutes les chances pour que le cheval chasse les hanches. Ilne servira à rien de l’emprisonner dans les deux jambes, l’une à la sangle l’autre en arrière. Rétablissez plutôt l’équilibre entre obliquité et incurvation et vos jambes n’auront plus qu’à restaurer l’impulsion si elle s’altère.

Lorsque l’exercice se passe correctement, même si on a vu que les deux mains déplaçaient les épaules vers l’intérieur, il revient plus précisément à la main intérieure de diriger l’incurvation et à la main extérieure de contenir les épaules et de maintenir l’équilibre sur les hanches.

Les mains peuvent être amenées à se déplacer : si le cheval tend à mettre de façon excessive ses épaules à l’intérieur, écartez d’abord simplement la main extérieure, et si cela ne suffit pas, faites une légère rêne contraire intérieure afin de pousser un peu les épaules vers l’extérieur. Dans le cas contraire, les mains se déplaceront à l’intérieur plus franchement : rêne extérieure poussant contre l’encolure et rêne d’ouverture intérieure.

Maintenant, voyons une action un peu délicate : la rêne directe intérieure, que j’affectionne particulièrement quand d’autres la rejettent en bloc, car je la trouve efficace tout en obligeant son utilisateur à beaucoup de finesse. Lorsque le cheval, bien qu’ayant les épaules suffisament à l’intérieur et sans trop d’incurvation, ne parvient toujours pas à placer ses hanches en oblique, au lieu de forcer sur votre jambe intérieure, ce qui ne servirait à rien, sinon à le précipiter dans une mauvaise attitude, décollez la main intérieure du garrot, sans pour autant faire une rêne d’ouverture, et pointez la de façon très souple en direction de la hanche intérieure du cheval. Cette action aura pour effet de réduire l’avancée longitudinale du postérieur interne qui se verra alors dans l’obligation de chevaucher par dessus le postérieur externe plaçant ainsi les hanches en oblique.

Pour terminer, bien que le sujet soit loin d’être clos, et nous aurons l’occasion d’y revenir, je vous conseillerai d’être à l’écoute de votre cheval, de ne pas vous enfermer dans une attitude ou des actions types, mais au contraire, d’agir en fonction de se que vous ressentez, par rapport à des objectifs de travail bien définis au préalable. Ne vous lancez pas sans savoir ce que vous attendez de votre monture : beaucoup ou peu d’obliquité, idem pour l’incurvation. Et selon ce que le cheval vous donne, utilisez votre bon sens pour rectifier.

Restez en équilibre et décontractés, ne vous tordez pas et gardez les mains et les jambes, souples.

Sachez AGIR, CEDER, AGIR, CEDER…

Quelques éléments d’explication de l’épaule en dedans.

Saturday, January 19th, 2008

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L’épaule en dedans est un déplacement latéral dans lequel le cheval est incurvé dans le sens inverse à la direction, ex : dans l’épaule en dedans à droite, il est incurvé à droite et va vers la gauche.

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L’incurvation peut être plus ou moins importante, mais toujours régulière. Elle reste toutefois modérée, car toutes les parties du cheval n’ont pas la même souplesse. Cette incurvation doit être proportionnée à l’obliquité du mouvement. Quand cette dernière est faible, l’incurvation l’est aussi, et vice versa. Le respect de cette règle permet au hanches de toujours cheminer en oblique par rapport au mouvement, de plus, la hanche intérieure peut s’abaisser en basculant. C’est cette gymnastique qui constitue l’un des intérêts de l’épaule en dedans.

Dans l’épaule en dedans, les membres se chevauchent, et ce chevauchement est fonction de deux choses : l’ampleur des pas, et l’obliquité du mouvement. Si celle-ci est faible, le chevauchement ne se fera que si les pas sont grands, et si elle est plus importante, un pas plus petit suffira pour que le croisement des membres se fasse.

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L’épaule en dedans présente donc deux points importants : l’obliquité et l’incurvation. Une recherche permanente en vue d’un bon dosage est nécessaire car ces deux notions sont complémentaires, mais peuvent devenir contradictoires. C’est l’obliquité qui donne à l’épaule en dedans son caractère latéral en obligeant la hanche intérieure à s’abaisser, comme on l’a vu plus haut, et en même temps, l’incurvation, en avançant cette hanche, aide le postérieur interne à ébaucher le mouvement de croisement.

L’épaule en dedans peut se pratiquer avec des angles différents selon le but recherché, le stade de dressage du cheval ou ses déséquilibres à redresser. Au debut de l’apprentissage de l’épaule en dedans, on choisira l’angle le plus facile pour le cheval, puis progressivement, on augmentera la difficulté en diminuant ou en augmentant l’angle, selon ce que le cheval a besoin de travailler. Le plus souvent on parle d’un angle de 30°, mais on peut aller, comme Nuno Oliveira, jusqu’à 45°. On peut même, comme cela se pratiquait fréquemment à l’époque de la Guérinière, pour “débloquer” un cheval qui a des difficultés à se déplacer latéralement, aller jusqu’à une obliquité proche de l’angle droit. Attention, alors, à ne pas “bousculer” le cheval qui pourrait se cogner les membres en les croisant trop rapidement.

Dans l’épaule en dedans, ce qui est difficile à rechercher, c’est la combinaison entre le mouvement latéral, et le mouvement avant, c’est-à-dire que les membres doivent croiser, mais aussi, avancer. Et l’épaule en dedans de 45° réunit assez bien, à mon humble avis , ces deux composantes.

L’épaule en dedans se pratique au pas, au trot, puis au galop, allure dans laquelle l’angle doit rester assez faible, faute de quoi, l’exercice devient fort pénible, voire dangereux, du fait de la dissymétrie du déplacement des membres. Au galop, d’ailleurs, l’épaule en dedans est maintenant souvent appelée : épaule en avant.

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Cet exercice s’effectue sur une ligne droite, en cercle ou en diagonale.

Les aides à employer dans l’épaule en dedans feront l’objet d’un autre post.

Changement de main au galop.

Sunday, January 13th, 2008

Contre-galop(Fr)-  Counter Canter (Eng)- Konter-falscher Galopp(D)- Il galoppo rovescio (It)- El galope en trocado(Sp)

Lorsque vous voulez aborder les changements de main au galop et que votre espace de travail est assez restreint (40×20m ou moins), je vous recommande de faire une demi-volte plutôt qu’une diagonale.

Les inconvénients de la diagonale sont les suivants : si vous prenez une diagonale normale, vous arrivez près du coin, ce qui est contraignant pour le cheval étant donné qu’il y arrive au contre-galop.

Si vous décidez de faire une diagonale plus courte pour arriver plus loin du coin, c’est alors l’angle entre la piste et le diagonale qui, étant plus ouvert, devient plus contraignant pour le cheval.

L’arrivée à la piste ne se fera pas dans la fluidité, l’équilibre de votre monture risquera de s’altérer et celle-ci se verra contrainte à se désunir, changer de pieds ou, au mieux, elle restera au galop, mais dans un tel inconfort qu’on pourra douter de l’intérêt de l’exercice.

L’avantage, tout de même de la diagonale, c’est qu’on y entre facilement.

A mon avis, la demi-volte est intéressante car elle limite les inconvénients rencontrés dans la diagonale.

La difficulté de cette figure est au départ, car il faut tourner assez court. Cependant, dans son travail de base au galop, votre cheval est censé avoir été habitué à faire des cercles de différentes tailles, ce qui devrait limiter les problèmes (n’oubliez pas de bien tourner avec vos aides extérieures).

La seconde partie de la demi-volte devrait grandement faciliter la tâche du cheval, l’angle d’arrivée avec la piste étant plus fermé, donc plus doux. Une plus grande fluidité devrait préserver un meilleur équilibre dans le contre galop.

Plus la demi-volte sera étroite, plus l’arrivée à la piste sera facile.