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Sentir…(1ère partie)

Sunday, March 7th, 2010

Il est une qualité, dans la pratique de l’équitation, trop souvent négligée par les cavaliers : c’est le fait de sentir. Sentir son propre corps, sentir celui de son cheval, sentir les contractions ou décontractions de l’un comme de l’autre, mais dans le plus petit détail.
Non pas sentir le mouvement, car cela, bien évidemment, tout cavalier avançant dans son travail et prenant de l’expérience, apprend à sentir, je dirais en quelque sorte, “la forme” des exercices : un changement de pied en trois temps plutôt qu’en quatre, une hanche en dehors ou un cercle vraiment rond. Non, je pense davantage à sentir le “fond” des exercices. Pas seulement sentir si le mouvement est exécuté dans le respect d’un tracé impeccable, mais également dans quelle disposition musculaire il l’est.
Sentir si les aides n’engendrent que le mouvement demandé ou si elles suggèrent aussi, par leur finesse, la fluidité, l’élasticité et la perméabilité dans l’exécution du mouvement.

Ce développement du “sentir” est à la portée du plus grand nombre, mais ne s’improvise pas et devrait être débuté dès les premières séances, quel que soit l’âge du cavalier et grâce à des exercices appropriés dont nous verrons quelques exemples dans la seconde partie.

Pourquoi ne pas mettre tout d’abord à profit les premières minutes d’une séance, quand le cheval est rênes longues, pour travailler la respiration qui est la seule fonction vitale dépendante du système neurovégétatif que l’homme puisse maîtriser.
La respiration participe à la régulation du système nerveux, et de la circulation sanguine, elle participe par voie de conséquence, par une meilleure oxygénation, au bon fonctionnement de l’appareil musculaire.

Il est donc du plus grand intérêt pour le cavalier, d’apprendre à effectuer des respirations complètes, amples et profondes, afin de suffisamment se décontracter pour parallèlement améliorer la proprioception (en physiologie, la proprioception désigne l’ensemble des récepteurs, voies et centres nerveux impliqués dans la perception, consciente ou non, de la position relative des parties du corps. Sherrington, 1906 ; Delmas, 1981).

Voici comment se déroule une respiration complète :

Dans l’idéal, la respiration, doit être d’abord abdominale (la dilatation abdominale permettant la descente du diaphragme), puis thoracique basse et enfin thoracique haute. La partie thoracique de notre système respiratoire ne possède pas véritablement de musculature active capable d’actionner efficacement la soufflerie constituée par nos poumons ; seule la musculature abdominale est apte à la mouvoir par l’intermédiaire du diaphragme. C’est donc essentiellement sur le travail de la zone abdominale qu’il faut centrer les efforts.
Ensuite, se produit la respiration costale inférieure. Dans cette phase, seule la parti basse de la cage thoracique semble respirer.
Puis enfin s’effectue la respiration haute, ou sous claviculaire, qui permet à la partie haute des poumons de s’emplir d’air. Cette phase est particulièrement compromise par les tensions accumulées dans la région de la ceinture scapulaire.

Enfin, dernière phase d’une respiration complète, l’expiration, qui doit être lente et profonde. Elle commence par l’affaissement de l’abdomen, puis de la partie basse de la cage thoracique, et enfin de sa partie haute.

Si j’insiste tant sur l’intérêt d’une bonne respiration, c’est que c’est un des moyens les plus sûrs pour se décontracter, avoir conscience des tensions et ainsi les libérer. Ensuite c’est un cercle vertueux. Qui dit décontraction, dit meilleure proprioception. Ensuite tout s’enchaîne, car un cavalier ayant une bonne conscience de son corps sera perméable aux sensations émanant de son cheval. Les aides alors, pourront être utilisées de façon plus fines et dans un temps plus précis et en adéquation avec la correction à effectuer.

Mais bien sûr, ce travail doit être impérativement effectué dans une bonne posture, sinon point de possibilité pour la cage thoracique de s’ouvrir correctement, et point d’équilibre pour relâcher la partie inférieure du corps. Donc, veiller à se tenir droit, sans raideur toutefois, et bien au dessus de ses pieds.

L’orientation du regard a également son importance. Il est préférable de regarder loin devant, sans se focaliser sur un point précis mais en balayant large, au contraire. Il faut parvenir, à cheval, à avoir moins recours au sens de la vue, dont nous sommes beaucoup trop tributaires.

de l’importance du regard à cheval blog mhlelièvre de l’importance du regard à cheval blog mhlelièvre

On voit bien la différence d’attitude chez le cheval entre les deux photos. Le regard y serait-il pour quelque chose?

le regard à cheval blog mh lelièvre le regard à cheval blog mh lelièvre

La première attitude est absolument à éviter, puisque là, l’évaluation ne se fait que grâce à la vue. La seconde photo est bien meilleure!

Une amie me rapportait un jour les propos d’une aveugle qui disait que son handicap affectait un seul sens alors que chez les voyants pouvaient être handicapés de plusieurs…(c.q.f.d.)

A propos du poids du corps…A droite ou à gauche? Les avis divergent.

Monday, February 22nd, 2010

Voilà tout d’abord ce que disent ou disaient certains écuyers de renom.

Le commandant de Padirac avait une idée bien arrêtée sur la question et écrivait ceci dans son livre, “Equitation La tradition classique”:

“…Le centre de gravité du cheval se trouve toujours à l’intérieur du pli pris par le cheval Quand le cheval est droit le centre de gravité se trouve juste au dessus, juste au milieu…”
…Qu’est-ce qui fait marcher le cheval dans l’épaule en dedans? Ce n’est bien sûr ni la main intérieure, ni le poids pesant à l’extérieur. C’est la jambe intérieure qui, agissant vers la sangle, tire le postérieur du même côté et le fait avancer en croisant. Et plus le cavalier pèsera au dessus du centre de gravité, plus le cheval fera un effort de son postérieur pour supporter ce poids. Si vous êtes assis à l’extérieur, votre jambe intérieure sera attirée vers le haut et, plus question de descendre le genou pour avancer doucement le gras du mollet vers la sangle…”

Philippe Karl a une position toute aussi tranchée, mais diamétralement opposée, et explique dans Dérives du dressage moderne que :

“Les lois de l’équilibre sont formelles : le cavalier doit établir son assiette en fonction de la direction suivie par le cheval, même si le pli reste le même pendant tout l’enchaînement de deux pistes…”
“L’équilibre prime le pli : dans l’épaule-en-dedans, le cheval se déplace vers son côté extérieur, le cavalier doit donc s’assoir à l’extérieur pour rester en accord avec l’équilibre du cheval…”
“La gravité universelle et l’équilibre des corps superposés l’impose : le centre de gravité du cavalier doit se porter dans le sens du déplacement demandé au cheval. Le pli d’encolure n’a rien à voir là-dedans…”
“…chaque fois qu’un cheval se porte de côté (esquivant un objet de crainte, évitant la charge du taureau dans les arènes ou dérobant un obstacle dans l’ultime seconde…) il le fait toujours en ployant l’encolure en sens inverse du déplacement. On se rappelle (dissymétrie naturelle) que le pli favorise la surcharge de l’épaule extérieure, et donc le mouvement dans cette direction.
Il ajoute, ce qui en fera grincer plus d’un : “Si La Guérinière n’a rien précisé concernant le rôle de l’assiette dans l’épaule en dedans, c’est probablement qu’il n’a pas jugé utile d’asséner des évidences…”

Nuno Oliveira dans “Principes classiques de dresser les chevaux” explique que sur un jeune cheval en cours d’apprentissage de l’épaule en dedans :

“…Le corps du cavalier doit rester au centre du cheval et non à l’intérieur, ce qui entraînerait une surcharge prématurée du postérieur interne…”

Voici maintenant l’avis intéressant et nuancé de Gerd Heuschmann extraît de son livre “Dressage moderne un jeu de massacre“: Les différentes philosophie équestres ont des conceptions divergentes concernant la position du cavalier pendant les exercices des mouvements latéraux. En particulier lors d’une épaule en dedans, la position envisagée par le HDV12 (règlement de dressage, référent)diffère de celle enseignée par l’école de la Légèreté. Le HDV12 préconise que le cavalier s’asseye vers l’intérieur sur le postérieur interne qui est à l’appui. Le manque de force du postérieur interne est pris en compte par des exercices qui demanderont peu de pli au départ. Ce n’est qu’avec le temps et avec l’acquisition de la force nécessaire que l’on pourra augmenter l’incurvation et le rassembler.
La doctrine française, en revanche, préconise de s’asseoir dans le sens du mouvement c’est-à-dire vers l’extérieur. Cette position favorise l’apprentissage du mouvement latéral au jeune cheval mais de mon point de vue, la faculté de mettre plus de poids sur le postérieur interne n’est pas réalisable dans ce cas. Les chevaux dressés en suivant rigoureusement ces préceptes se démarquent par une très grande mobilité. En revanche, la flexion des hanches et le rassembler dans le sens du HDV 12 ne peProuvent être atteints. Dans les allures naturelles du trot et du galop, l’impulsion ne se développe pas et en vient même à se perdre.
Je trouverais extraordinairement enrichissant que les adeptes des différents procédés échangent leurs idées. Je pense qu’une synthèse des différentes méthodes permettrait d’atteindre les objectifs des l’échelle de progression.

Et d’ailleurs, je trouve que Nuno oliveira, dans Propos d’un vieil écuyer aux jeunes écuyers“, va dans le sens d’une plus grande ouverture en écrivant : “…Le cavalier qui a du tact, qui est bien assis, bien descendu dans sa selle, doit sentir dans sa colonne vertébrale tout ce qui se passe au niveau du dos et des membre du cheval. Tout en restant droit, il doit pouvoir s’asseoir un peu plus d’un côté que de l’autre pour alléger ou surcharger telle ou telle partie du corps du cheval. Il peut peser plus sur un étrier que sur l’autre, sur une fesse que sur l’autre, en se servant de la ceinture, baisser plus une épaule que l’autre, mettre une épaule en arrière ou l’autre en avant. Il peut aussi se pencher légèrement en avant pour alléger l’arrière-main, ou en arrière pour alléger l’avant-main. Chacune de ces actions est différente et c’est grâce au “sentiment” et à des réflexes ultra-rapides que vous donnez l’aide juste au juste moment. Dresser un cheval c’est surtout sentir et s’efforcer, d’aprés ce que l’on sens, de l’aider et non de le forcer…” “…Ne croyez pas que pendant le dressage d’un cheval, l’on ne doive pas changer un peu sa position pour l’aider…” “…Ce sont les sensations que vous donne le cheval qui vous font choisir comment vous asseoir à tel ou tel moment. Le théoricien, lui, ne pense qu’au système. C’est par la pratique que le cavalier sait ce qu’il doit faire car il s’est habitué à sentir et à agir rapidement. le cheval est un être vivant, avec des réflexes naturellement plus rapides que ceux de l’homme. Le but du cavalier c’est de s’efforcer d’agir aussi rapidement que le cheval selon ses sensations.”

orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre
Sur la seconde photo, aprés rectification, le cavalier pèse moins sur la fesse extérieure, mais pourrait peser d’avantage vers l’intérieur, dans le sens du mouvement.

orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre
Ici, la cavaliere a vraiment corrigé son attitude, et d’ailleurs la jument est beaucoup mieux.

orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre
Sur cette photo, il y a encore un léger surpoids sur la fesse gauche, qui n’est pas justifié par le cheval.

orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre

Là, la cavalière est en harmonie avec son cheval.

orientation poids du corps du cavalier blog mh lelièvre

Et pour terminer, cette photo sur laquelle le cavalier a la position qui convient.

Pour ma part, j’accorde du crédit à chacune de ces opinions et n’ai pas d’avis tranché, convaincue que l’adaptabilité qui requière de la flexibilité mentale, est une grande qualité qui fait évoluer.

Voici une définition de l’adaptabilité rapportée à notre discipline : qualité d’un savoir faire, qui peut être modifié aisément en harmonie avec les différents chevaux et/ou situations auxquelles son application est soumise.

Voici maintenant comment j’utilise les multiples façons de peser dans sa selle, par exemple dans une épaule en dedans :

  • Pour aider un cheval qui découvre cet exercice, ou un autre ayant des difficultés à croiser ses postérieurs également dans cet exercice, je pèse sur la fesse extérieure.
  • Au contraire, avec un cheval qui fuit sur le côté, manquant de flexibilité dans les hanches, ou de force dans les postérieurs mais qui est déjà avancé dans ce mouvement, je mets le poids du corps vers l’intérieur.
  • Mon objectif final étant de rester droite au milieu de ma monture, le poids du corps réparti autant que faire se peut, de part et d’autre du rachis.

    Il m’arrive cependant dans certains cas, de n’être guidée dans l’utilisation du poids de mon corps, que par la seule recherche du “sauvetage” de mon équilibre.
    En effet, je monte certains chevaux qui ont une réelle dissymétrie entre les deux hanches, je pense notamment à un poney qui a la hanche droite beaucoup plus basse que la gauche, et qui dans l’épaule gauche en dedans, fait littéralement tomber à droite, vers l’extérieur.

    Dans une telle situation, il est pour moi de première importance de me remettre d’aplomb. Et lorsque je me sens droite, ayant remis du poids sur ma fesse gauche, prête à employer correctement mes aides, je n’exagère pas en disant que j’ai le vide sous ma fesse droite.

    C’est le prix à payer pour retrouver de l’harmonie, même si cela paraît excessif.

    Ce n’est qu’un exemple de ce que peut être l’adaptabilité.

    Apprenez à sentir puis n’hésitez pas à essayer différentes façons de faire, afin de sélectionner un moyen qui aide le cheval à progresser. Moyen qui pourra de nouveau être modifié en fonction de l’évolution du travail.

  • Travail à l’obstacle en liberté.

    Sunday, February 14th, 2010

    Pour ne pas tomber dans la monotonie, et pour varier les activités proposées à votre cheval, vous pouvez installer un petit obstacle sur la piste et lui faire sauter en liberté.

    Certains chevaux, d’emblée, s’amuseront comme s’il s’agissait d’un jeu, d’autres, au contraire, n’apprécieront pas, voire cèderont à la panique, comme ce fut le cas pour Fun, le poney que vous verrez sur les quatre petites vidéos. Permettez-moi, d’ailleurs, de faire une parenthèse sur son cas.

    Ce poney a dû commencer sa carrière, comme beaucoup d’autres sans aucun doute, dans les mains des uns et des autres, en sautant souvent, haut, vite, et à tort et à travers. Certes il sautait, mais avec une telle organisation, si tant est que l’on ait pu parler d’organisation, que ses sauts étaient presque à chaque fois extraordinairement mauvais!

    Fun, depuis longtemps, ne fait plus que du travail sur le plat, mais il a tout de même fallu le remettre en confiance sur les barres, ce que nous sommes parvenus à faire justement grâce au travail en liberté, sur de très petits obstacles. Curieusement, ce n’est pas en utilisant des dispositifs très encadrants, sensés l’aider, qu’il s’est calmé, cela générant encore trop d’appréhention.
    Non, c’est juste en incluant dans son travail ordinaire en liberté, un petit croisillon d’abord, puis par la suite un petit vertical, et posé tout simplement sur la piste, qu’il a retrouvé une confiance depuis longtemps disparue. Ce ne fut pas anodin pour lui, mais je l’ai laissé avoir peur, s’agacer, se mettre en désordre, sans avoir l’air d’y prêter plus d’attention que cela, et en m’efforçant de ne pas intervenir, je souligne néanmoins, que s’il y avait eu le moindre risque pour son intégrité physique, je serais bien évidemment intervenue. Mais ce n’était pas le cas et je l’ai laissé aller jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’il finisse par se rendre compte qu’il n’y avait aucune difficulté qui ne soit à sa portée, aucun danger qu’il ne puisse surmonter, et petit à petit la peur s’est évanouie. L’exercice était compris et intégré, et même accepté par la suite avec une barre plus haute. Il a fallu environ deux séances, qui parraissent bien longues quand on se force à ne pas agir, mais qui ne sont rien du tout finalement, au regard de toutes ces années de stress.

    Je referme ici la parenthèse et reprends le fil de mon sujet. Quand enfin donc, les chevaux anxieux ont recouvré le calme, et pour que ceux qui s’amusent le fassent dans le respect de certaines règles, on peut envisager de faire les rectifications qui s’imposent afin d’obtenir un travail correct.
    Je parlerai ici des chevaux qui se réceptionnent à faux aprés leur saut.

    Prenons l’exemple de Fun qui est naturellement fléchi à gauche, et profitons-en pour faire un petit rappel : à main gauche, il s’incurve facilement mais avec une tendance à déporter les épaules à droite, à l’extérieur et les hanches à gauche, vers l’intérieur. A main droite, c’est l’inverse, il a plus de difficulté à se fléchir, les épaules tombant à droite, vers l’intérieur et les épaules dérapant à gauche, vers l’extérieur.

    Ces petites dissymétries naturelles font que lorsqu’il saute un obstacle à main droite après un abord au trot, il se réceptionne volontier sur le pied gauche.
    En effet, lors du saut, (qui n’est autre qu’un grand temps de suspension d’une foulée de galop, ce qui justifie que le galop soit pris derrière) il garde l’attitude qu’il a à l’abord et dont nous avons parlé précédemment, et qui favorise un léger report de poids sur le latéral droit propice à une réception sur le pied gauche.
    Ce problème ne se rencontre pas à main gauche, puisque l’attitude, alors, favorise le départ à gauche. Il ne se rencontre pas non plus à main droite, si l’abord se fait au galop, le poney étant sur le bon pied dès le départ, (il a assez de métier pour partir sur le bon pied en longe ou en liberté) il y reste ensuite, installé dans son mécanisme de galop à droite, et aidé par l’avancée prédominante du latéral droit qui participe au redressement de l’ensemble du corps.

    Pour corriger la réception de Fun sur le mauvais pied, je place une barre en travers de la barre à sauter. Cette barre, prenant appui au sol à une de ses extrémités, part en oblique vers la gauche, en direction du milieu de la barre à sauter. Ce dispositif permet un rééquilibrage en repoussant les épaules vers la gauche, ce qui redresse également les hanches. Le poney calque en quelques sortes son orientation sur celle de la barre.

    Aprés quelques passages, je peux retirer la barre, les réceptions sont alors corrects.

    Les vidéos ne sont pas très bonnes, car n’ayant pas d’assistant, j’ai dû filmer en faisant travailler mon élève!!

    Essais de tête au mur à pied.

    Sunday, January 24th, 2010

    Voici en vidéos (malheureusement trop courtes), plusieurs propositions de progression pour l’apprentissage de la tête au mur dans le travail à pied.

    Sur la première vidéo, la propriétaire du cheval aborde la tête au mur de la façon la plus courante. La plus courante, car elle permet à la personne qui travaille, de rester dans le sens du déplacement du cheval, contrairement à ce que vous verrez plus loin.
    Cependant, ce n’est pas forcément la meilleure façon de capter le pli derrière la ganache, et d’empêcher le cheval de basculer la nuque, et de conserver une bonne incurvation.
    C’est bien la raison pour laquelle, nous avons cherché à aborder l’exercice différemment, ainsi que vous allez pouvoir le découvrir.

    Dans la seconde vidéo, nous retrouvons un exercice présenté antérieurement, dans lequel la propriétaire du cheval, attire l’arrière-main de ce dernier à elle. En effet, et contrairement au demi-tour classique autour des épaules, elle est placée vers l’intérieur du manège, et essaie de conserver la tête de son cheval également vers l’intérieur. Ce travail peut, comme nous allons le voir ensuite, constituer un excellent début de progression dans l’étude de la tête au mur.

    Dans la dernière vidéo, nous avons donc la suite logique de l’exercice précédent.
    Le tout début de l’exercice reste identique, mais ensuite, la propriétaire se déplace et invite son cheval à venir vers elle pour esquisser ses premiers pas de tête au mur.
    Même si cela n’est pas flagrant sur ces trop courtes vidéos, il semblerait que le cheval accepte mieux cette seconde méthode, dans laquelle pourtant, il est plus “débutant”, et que de plus, il soit moins enclin à basculer la nuque.

    Il reste à voir ce que l’avenir de la progression nous dira!

    Travail à la longe.

    Sunday, January 17th, 2010

    Je vais parler du cas d’un cheval qui précipite ses allures lorsqu’il est tourné en longe. Il s’agit le plus fréquemment d’un sujet un peu vif ayant beaucoup d’influx nerveux.
    Ce type de cheval prend rarement le temps de s’organiser, ce qui l’amène à un déséquilibre latéral, à une convexité parfois très marquée, et le plus souvent, à rétrécir son cercle.

    Voyons quel travail convient le mieux dans une telle situation, afin de faire progresser ce cheval. Il me paraît momentanément judicieux d‘abandonner l’idée d’un cercle fixe, et à ce propos, je pense que dans ce cas, le rond de longe n’est pas l’outil le plus adapté, pour privilégier le déplacement sur un carré ou un rectangle.

    Je m’explique : le cheval précipite car il est vif, bien sûr, mais aussi et surtout, parce qu’il tombe à l’intérieur. La raison veut qu’alors, on l’éloigne de soi, chambrière pointée vers son épaule. Cette intervention peut s’avérer insuffisante dans la mesure où, de par nature, le cercle n’incite pas à marcher droit, et pour que le cheval soit dans la rectitude sur cette figure, et dans le cas qui nous intéresse, ne plus tomber sur l’épaule interne, il doit s’incurver un minimum. Ce qui n’est pas le cas.

    C’est là que le carré ou le cercle deviennent intéressants, car le cheval peut apprendre à marcher droit, sans être en même temps dans l’obligation de s’incurver.
    Toujours la même philosophie : chaque chose en son temps!!

    Comment procéder :

  • Le longeur va quitter le cercle pour marcher large, en veillant à se placer à hauteur de l’épaule de son cheval, tout en traçant une piste parallèle à la sienne.

  • Si malgré tout, le cheval menace de quitter la piste, le longeur pointe sa chambrière vers l’épaule de ce dernier. De plus, il peut aussi, de façon concomitante, avancer sur deux ou trois pas en direction du cheval, cette fois, donc en quittant sa piste parallèle, pour accompagner et renforcer l’action de la chambrière.
  • Ce ne sera que lorsque le cheval marchera sans regret à la piste, que le longeur envisagera de tourner, et en aucun cas, ce ne sera le cheval qui en prendra l’initiative. Je le répète, tant que le cheval manifeste quelques velléités de changement de direction, le longeur doit marcher large!

    Petit-à-petit, commençant à se redresser latéralement, le cheval va se rééquilibrer et tout naturellement réguler ses allures.
    La convexité qui peut encore être assez prononcée, au début, même quand le cheval marche large, va diminuer sensiblement jusqu’à disparaître complètement.
    C’est alors qu’un vrai travail sur le cercle pourra reprendre, quitte à être de nouveau interrompu à la moindre alerte.
    Il faut rester très vigilant face aux tous premiers signes de dégradation, et n’avoir aucune tolérance vis-à-vis d’eux.

    Voici, pour finir, quelques erreurs que le longeur doit éviter de commettre :

  • Être à hauteur de l’épaule ne veut pas dire devant le cheval, car sinon, gare aux demi-tours!
  • Ne pas se mettre trop derrière le cheval, dans le cas qui nous intéresse, c’est grand maximum à hauteur de la sangle. Il ne faut pas oublier que l’on doit gérer avant tout les épaules!
  • Et donc, il ne faut pas non plus solliciter le cheval à hauteur de l’arrière main, ce qui aurait pour effet de le porter en avant au lieu de l’éloigner latéralement, accentuant par là même, la précipitation dans laquelle il tend déjà à se trouver.
  • Éviter de courir à côté du cheval pour marcher large. Donc ne pas prendre de retard et faire de grands pas. Ceci pour éviter de susciter toute excitation.
  • Avoir une très grande vigilance sur le fait de ne pas reculer quand le cheval se déporte vers l’intérieur ; le longeur ne doit pas s’effacer devant le cheval mais c’est bien l’inverse qui doit se passer.

    Bonne éducation oblige!!!

    Même si l’on voit le cheval améliorer sa cadence et son attitude et le longeur cesser de courir, à mesure des vidéos, on devine aisément ce qu’il reste à travailler. Dans un premier temps, nous allons nous appliquer à ce que tous deux parviennent à marcher large!

  • Différents types de départs au galop.

    Sunday, January 10th, 2010

    Selon le niveau de dressage d’un cheval, ses qualités, défauts, points de force, ou points de faiblesse, on ne demande pas toujours un même départ au galop.

    Je ne passerai pas en revue toutes les possibilités de départ envisageables, mais ne prendrai que deux ou trois exemples.

    Si vous avez, de votre côté, un problème particulier, n’hésitez pas à le soumettre afin qu’une aide éventuelle vous soit apportée.

    Premier exemple : il pourrait s’agir d’un jeune cheval en cours de stabilisation de son galop, ou d’un cheval contracté dans son dos, qui se creuse et/ou se jette dans son départ.

    Avec ce type de cheval, je vais choisir, dans un premier temps, de partir du trot, après avoir recherché une attitude étendue, légèrement basse, et la plus décontractée possible. Mon objectif étant de conserver ces acquis sans qu’il y ait rupture ni de vitesse ni d’attitude lors de la transition montante.

    Si je choisis le trot, c’est qu’à cette allure, le cheval bénéficie déjà d’une vitesse et d’un élan certains qui rendent le départ souvent plus facile, tandis que du pas, la différence de vitesse est plus notoire, ce qui demande plus d’efforts.

    De plus, je choisis également d’organiser ce travail sur un très grand cercle, la légère inflexion du rachis concourant à obtenir plus de souplesse et de décontraction de la ligne du dessus.

    Petit rappel : lors d’un départ au galop du trot, à main gauche par exemple, le cheval part soit, cas n°1, en dissociant le poser des deux membres du diagonal gauche et en posant d’abord l’antérieur gauche, soit, cas n°2, en dissociant le poser du diagonal gauche, mais en posant cette fois en premier, le postérieur droit.
    Dans le premier cas, le cheval part sur les épaules, et dans le second, sur les hanches.

    Étant donnée l’attitude que je recherche dans ce type de travail, il y a fort à parier que le cheval partira sur les épaules, ce qui n’est pas grave, tout corriger en même temps n’étant guère possible.
    Dans le cas présent, l’attitude étendue, voire basse, et décontractée, est vraiment à privilégier, avec bien sûr un contact souple et léger avec la bouche.

    Alors seulement, quand le dos aura gagné en élasticité, le travail sur les hanches pourra commencer avec la recherche du raccourcissement de la ligne du dessus et du grandissement de l’avant-main.

    Mais revenons à notre exercice, et voyons quelles sont les consignes les plus importantes :

  • Préférer le trot enlevé, qui soulage le dos du cheval, et permet au cavalier de ne pas être en retard en restant “derrière” sa monture. Il faut avoir l’impression d’offrir ses mains au cheval, sans pour autant rompre le contact, au moment du départ.
  • Veiller à avoir une très bonne mobilité du bassin dès la première foulée de galop pour accompagner parfaitement le cheval, afin qu’il y ait le moins de rupture d’amplitude entre le trot et le galop.
  • Alterner à part égale le trot et le galop jusqu’à ce que le cheval se “mécanise” dans l’exercice. Je n’aime pas cette idée de mécanisation, mais j’emploie le terme “mécaniser” à dessein, car là, l’idée de mécanisation sous-tend que le cheval, grâce à la répétition, finisse par accéder à la facilité, débarrassé de toute tension,sans plus s’interroger sur l’exercice.

    Second exemple, plus précis cette fois : je monte actuellement un cheval qui a de grosses difficultés à partir au galop à gauche.

    Sans doute pour s’épargner la poussée du postérieur droit, il “vrille” brusquement ses épaules vers l’intérieur, en chassant tout aussi brusquement d’ailleurs, les hanches à l’extérieur. Il “s’arrache” dans le galop, réduit considérablement la taille de son tracé, prend de la vitesse, bref, si on laisse ce désordre s’installer, il est extrêmement délicat de revenir en arrière, et il vaut mieux se prémunir d’une arme sérieuse pour faire face à cette périlleuse situation!

    La plus efficace que j’ai pu trouver, est de partir d’une petite tête au mur au trot rassemblé, attitude qui me permettrait également de partir sur le bon pied si tel n’était pas le cas, mais là, le problème ne se pose pas.
    Grâce à cette correction, les deux facteurs que sont, l’attitude rassemblée, conjuguée au contrôle étroit et accentué du postérieur droit par la jambe droite, me donnent un départ aussi bon qu’il peut être mauvais si je ne fais rien.

    Je suis cette fois au trot assis, et une fois partie, je veille à garder un galop relativement rassemblé, les hanches toujours très légèrement en dedans.

    Je ne galope pas très longtemps, car c’est un travail très exigeant pour le cheval et je ne veux pas qu’il souffre des jarrets, qu’il a déjà fragiles.

    N’hésitez pas à nous faire nous part de vos expériences!

  • Demi-tour autour des épaules.

    Saturday, January 2nd, 2010

    Voici un petit exercice relativement facile à faire : le demi-tour autour des épaules à la piste, le cheval décrivant un demi cercle vers l’intérieur du manège avec ses postérieurs, autour de ses antérieurs qui restent à la piste et ne bougent que pour ne pas se trouver croisés à la fin de l’exercice.

    Je dis “relativement” facile à faire, car lorsque l’on veut être rigoureux, rien n’est jamais vraiment facile, et voici le genre d’exercice qui peut être rapidement et faussement assimilé. On peut aisément “tricher”, mais avec un résultat qui reste médiocre.

    Le demi-tour autour des épaules ne requiert pas de la part du cheval de grandes capacités physiques, et il est à la portée du plus grand nombre.
    La qualité du résultat dépend plutôt de l’opiniâtreté du cavalier qui répète avec patience et rigueur son travail, sans rien concéder à sa monture qui ne lui soit demandé.

    Le fait que cet exercice s’amorce à partir de l’arrêt induit plusieurs points positifs :

  • Plus de calme pour le couple cheval/cavalier.
  • Plus d’attention de la part du cheval.
  • Possibilité de décomposer le mouvement et donc de mieux séparer et employer ses aides.

    D’autre part, le fait d’être à la piste, et donc très certainement le long d’une probable paroi, facilite l’encadrement du cheval.

    Voici maintenant comment procéder, en prenant pour exemple un demi-tour autour des épaules à main gauche :

  • Arrêter son cheval calmement.
  • Déplacer très légèrement et en les avançant les mains vers le pare-bottes, pour indiquer au cheval qu’il ne doit pas éloigner ses épaules de celui-ci.
  • Reculer délicatement et progressivement la jambe droite afin de demander au cheval de déplacer les hanches vers la gauche, jusqu’à obtention d’un demi-tour complet.

    Voilà pour la théorie, sachant qu’avec un cheval très avancé dans cet exercice, les rênes devraient pouvoir ne plus servir, et être détendues, voire lâchées, seules les jambes étant l’élément déclencheur du demi tour.

    La réalité de l’apprentissage offre un tableau moins idyllique, et des difficultés peuvent surgir, auxquelles il faudra trouver des parades : cheval qui recule, qui déplace ses épaules au lieu de ne pas bouger l’avant main, qui tourne trop rapidement, ou qui se tord.

    En dehors d’un reculer que le cheval vole parfois en faisant son demi-tour, et que l’on doit immédiatement sanctionner par un report en avant d’autant de pas qu’il y en a eu en arrière (tout en restant dans l’axe de l’exercice), l’arrêt devra être la première réponse à toute erreur du cheval. Cela permet :

  • De mettre fin à la mauvaise exécution de l’exercice.
  • D’interrompre l’action des aides, qui est peut-être à l’origine de la mauvaise exécution de l’exercice.
  • De restaurer le calme.
  • De replacer correctement cheval et cavalier.

    J’insiste sur le fait que les consignes sont relativement simples, et que les corrections à effectuer sont moins techniques que dans d’autres exercices.

    La principale difficulté réside dans la mise en place de rigueur, de patience et dans la décomposition de l’emploi des aides.

    Le plus sûr moyen est d’arrêter souvent pour ne pas faire deux actions en même temps. Voici juste un exemple qui peut être transposé à d’autres situations : lorsque la jambe recule pour chasser les hanches, et qu’au lieu de cela, les épaules partent sur le côté, les antérieurs ne restant pas sur place, il faut cesser l’action de jambe, arrêter le cheval, et seulement alors, remettre la jambe pour reprendre l’exercice. Il faudra faire de la sorte jusqu’à ce que le cheval comprenne ou accepte ce qu’il doit faire.
    La séparation des aides est la seule vraie garantie de bonne réalisation du demi-tour, et qui permettra un jour au cavalier, de ne plus avoir besoin de ses mains.

    Voici le principal écueil à éviter : ne pas déplacer les hanches en bloquant les épaules. Le cheval fera son demi-tour, certes, mais la réponse restera “primaire”, mécanique, un peu comme, pardonnez moi la comparaison, lorsque l’on freine avec une moto en n’utilisant que le frein avant.
    Il est plus enrichissant pour tout le monde de développer un apprentissage plus sophistiqué, qui incite le cheval à gérer une nouvelle situation et qui, par la suite, lui donnera plus de liberté physique dans la réalisation de l’exercice.

    Voici deux vidéo montrant deux demi-tours autour des épaules effectués par deux cavaliers différents ne maîtrisant pas encore l’exercice, et les erreurs liées à ce manque de maîtrise.


    Ce n’est pas si mal, la cavalière est relativement légère dans ses aides, mais elle aurait dû, au tout début, régler le léger problème de reculer, puis arrêter, et reprendre dans le calme.


    On ne peut pas vraiment dire que le cavalier bloque les épaules de sa monture, mais il effectue néanmoins son demi-tour sans arrêter, alors que l’on voit nettement ses mains agir dans un léger mouvement permanent.
    De plus, le cheval a la tête à gauche, alors qu’il devrait regarder devant lui.

    Au niveau du travail des postérieurs, observez bien, le premier cheval ne croise pratiquement pas son postérieur droit, tandis que le deuxième le fait tout à fait correctement.

    A vous, maintenant, et n’hésitez pas à donner votre compte rendu de l’exercice.

  • La pirouette au pas.

    Tuesday, November 3rd, 2009

    Essai de descriptif:

    Le cheval décrit un petit cercle avec ses postérieurs, tandis que ses antérieurs décrivent un cercle concentrique plus grand autour de ces derniers.C’est un déplacement côté concave, le cheval étant incurvé dans le sens du déplacement et regardant donc ses hanches.
    Une plus grande amplitude de mouvement est demandée aux épaules afin qu’elles précèdent les hanches.
    Le cheval croise son postérieur et son antérieur externe par dessus son postérieur et son antérieur interne. Les membres externes travaillent essentiellement en adduction.

    Pré-requis:

    Le cheval doit être à l’aise dans tous les pas de côté. Cela semble être une évidence, néanmoins, il ne s’agit pas seulement d’effectuer ces exercices, deux points me paraissent très importants à surveiller :

    Les déplacements latéraux doivent être faits avec un grand souci de finesse dans l’emploi des aides, afin que le cheval apprenne à répondre avec beaucoup de sensibilité aux demandes de son cavalier, ce travail demandant des corrections rapides et subtiles.

    Le cheval ne doit en aucun cas perdre son impulsion. Il doit rester énergique, sous peine de “s’acculer”, en s’écrasant sur ses postérieurs, et sans pouvoir détacher correctement ces derniers du sol.

    Problèmes rencontrés.

    Précisons tout d’abord, que lorsque tout se passe correctement, le cavalier, après avoir légèrement ployé sa monture vers l’intérieur, déplace et contrôle les épaules à l’aide de sa rêne extérieure, tandis que sa jambe extérieure, en arrière de la sangle, empêche les hanches de déraper et donc, le postérieur externe de s’écarter vers l’exterieur, au lieu de chevaler par dessus l’autre, vers l’intérieur. L’assiette et parfois la jambe intérieure à la sangle, maintiennent l’impulsion.

    Parmi les problèmes rencontrés par le cavalier en cours d’apprentissage de la pirouette au pas, en voici trois que je rencontre fréquemment chez mes élèves:

    Le cavalier déplace les épaules de son cheval par une rêne d’appui externe, celui-ci risque de perdre son pli, et de se voir un peu brusquement déséquilibrer vers l’intérieur en tombant sur son épaule interne. Alors, les hanches vont très certainement chasser à l’extérieur du cercle, le postérieur externe s’écartant en travaillant en abduction, et non plus en adduction.

    Le cavalier utilise trop fort sa jambe extérieure de peur voir les hanches déraper : le cheval “s’entable”. Les hanches précèdent les épaules qui ne tournent plus autour de ces dernières, les antérieurs ayant beaucoup perdu de leur amplitude de mouvement.

    Une réaction identique peut avoir pour origine un emploi trop important de la rêne intérieure. En effet, pour marquer le pli, le cavalier fait une rêne contraire interne qui peut bloquer les épaules et les contrarier dans leur déplacement vers l’intérieur. Les hanches de ce fait, vont précéder les épaules.

    pirouette au pas m h lelièvre

    Proposition de quelques “remèdes”.

    Dans le premier cas, le cavalier devrait plutôt se grandir en se redressant sur une rêne directe extérieure agissant en direction de la hanche du même côté. Toutefois, cette action est associée à un léger rapprochement de cette rêne vers le garrot, provoqué par une subtile rotation du buste vers l’intérieur pour inviter les épaules à tourner.

    pirouette au pas m h lelièvre
    Sur cette photo, le cavalier place bien sa main extérieure, mais ne fait pas de rotation du buste comme il le devrait.

    Pour ce qui est du second cas, attention! La jambe n’est pas toujours là pour mettre les hanches à l’intérieur, mais pour les empêcher d’aller à l’extérieur. Tout est question de nuance. Il suffit très certainement de modérer l’action de cette jambe, pour voir la situation s’améliorer.

    pirouette au pas m h lelièvre

    Enfin, dans le dernier cas, en décollant la main intérieure du garrot, et en transformant la rêne contraire en rêne directe, ici encore, l’amélioration peut être instantanée. Méfiance pourtant! Cette rêne directe est délicate à utiliser et ne doit en aucun cas exercer une traction vers l’arrière, elle pourrait provoquer l’effet inverse et faire chasser les hanches. Le cavalier ne doit pourtant pas renoncer à l’employer, mais au contraire, s’appliquer à garder la main bien fixe, et pour marquer son action, à tourner légèrement son poignet vers l’extérieur en fermant les doigts sur la rêne.

    Peut-être rencontrerez-vous un de ces problèmes, auquel cas n’hésitez pas à me dire si ces quelques conseils vous ont aidés.
    Sinon, faites-moi part de vos autres difficultés et je tenterai de vous aider à trouver une solution.

    Retour sur le filet sans mors.

    Thursday, October 15th, 2009

    Je compte profiter de ce post pour vous expliquer comment j’en suis arrivée à utiliser le filet sans mors.

    Il se trouve que depuis le début, Arly supporte assez difficilement son mors. Il y a quelques années, quand j’ai acheté ce cheval, il faisait déjà toutes sortes de choses étranges avec sa bouche.

    Bien évidemment, le temps et le travail aidant, les plus grosses manifestations de sa gêne se sont nettement atténuées.
    Néanmoins, en situation de stress ou d’agacement, il a toujours eu tendance à agiter la tête ou à jouer de la bouche. Je ne lui ai jamais serré davantage la muserolle, car alors je pense que le retour à la fixité eut été un leurre. Le problème se serait sans doute déplacé.

    Par ailleurs, j’ai toujours pensé qu’il était avantageux pour un cheval d’aller en extérieur. Sauf qu’il se trouve qu’Arly a longtemps rechigner à s’éloigner de son écurie et que donc, les promenades n’ont pas toujours été une partie de plaisir.

    Il m’est alors venu l’idée de faire des sorties gustatives pour lui rendre la tâche plus agréable. Ce fut une réussite, et pour la lui rendre encore plus agréable, j’ai investi dans un filet sans mors, ce qui a largement contribué à le convaincre définitivement de l’intérêt de la chose. Mais mon utilisation de ce matériel s’est longtemps limitée à cette situation.

    cheval monté sans mors m h lelièvre

    Par ailleurs, aujourd’hui, un de mes élèves possède un lusitanien qui blesse régulièrement à la commissure des lèvres. Quico a la peau rose à cet endroit et rien ne vient à bout de ses irritations.
    J’ai donc proposé que nous essayions de le travailler quelques temps avec le filet sans mors.

    Je pense d’ailleurs que toute bonne écurie devrait posséder ce matériel, ne serait-ce que pour faire face à ce genre de problème!

    Quico a cicatrisé, et son propriétaire a eu l’envie de poursuivre l’expérience. Du même coup, j’ai moi aussi, eu envie de la reprendre avec Arly.

    Il se trouve que malheureusement, en vieillissant, mon cheval a, comme beaucoup de chevaux de sa race, de l’arthrose qui évolue assez rapidement. J’ai donc levé le pied en ce qui concerne le travail, et j’ai trouvé intéressant d’envisager la recherche d’une attitude juste dans la légèreté, sans le mors, comme dernière ligne droite, avant une retraite bien méritée, mais qui, je le crains, risque d’être anticipée. Ce qui m’intéresse, dans cette démarche, ce n’est pas d’ôter ponctuellement le mors, et de dire : “regardez les mouvements savants que je fais”, mais de l’ôter définitivement, et de faire de très bonnes choses dans le travail de base et dans la légèreté.

    Je me rends compte que ce travail n’a rien de facile ni d’évident. Au début, le cheval restant sur ses acquis, s’est comporté comme avec le mors, allant même jusqu’à mobiliser sa mâchoire inférieure automatiquement lorsqu’il cédait dans sa nuque. Puis, il a rapidement compris que sans le mors, la nécessité d’exécuter certaines choses, comme la flexion de mâchoire, n’était plus obligatoire. N’étant pas aidé par un dos fort, il s’est alors mis à s’appuyer sur la muserolle. Quico, de son côté, a eu, à peu près, le même comportement.

    Cette constatation faite, je n’ai absolument pas renoncé, et avec le travail et beaucoup d’application, je sens les progrès se mettre en place. Je ne cache pas que le manque de cette sensation si agréable qu’est la cession de mâchoire, a été assez frustrant au départ. Mais en travaillant beaucoup le soutien de l’encolure, avec très peu de main et davantage d’assiette, je recommence à sentir des choses tout à fait satisfaisantes.

    cheval monté sans mors m h lelièvre

    J’irai le plus loin possible dans ce travail avec mon cheval. C’est une expérience de plus, je pense, très utile, car si un cheval vient à ne plus pouvoir être monté avec un mors, il est intéressant de pouvoir tout de même envisager le maintien d’un travail soigné.

    Je continue, par ailleurs, à travailler tous les autres chevaux qui me sont confiés, avec le mors et en recherche permanente d’harmonie.

    Et puis, n’en déplaise à certains, il me semble qu’il est délicat de porter un jugement négatif sur un sujet que l’on ne maîtrise pas. Donc, ce n’est qu’après avoir essayé suffisamment longtemps une technique que l’on peut tenter d’émettre un avis qui soit le moins subjectif possible, à défaut d’être totalement objectif. Je ne veux certainement pas être désobligeante, mais par les temps qui courent, beaucoup d’avis sont émis, trop rapidement, par simple effet de mode, par volonté de rester dans une tradition ou par simple ignorance, je tente simplement pour ma part, d’essayer vraiment avant d’oser émettre un jugement.

    Retour sur le passage des coins.

    Sunday, October 11th, 2009

    Il est fréquent de voir les cavaliers, lors d’un essai de passage de coin infructueux, ou d’une “sortie de piste” de leur monture, se pencher à l’intérieur en se contractant pour tenter de redresser la situation.

    En effet, croyant contenir leur cheval afin que le désordre provoqué par ce déséquilibre vers l’intérieur ne s’accentue pas, ils ne font, en réalité, qu’accroître le problème!

    En se penchant ainsi à l’intérieur, ils portent tout leur poids en dedans et entraînent un peu plus leur monture dans cette même direction.
    De plus, le déséquilibre est tel, que pour y pallier, le cavalier contracte instinctivement sa jambe intérieure en la plaquant, ce qui a pour conséquence d’inciter le cheval à se coucher dessus.

    passage des coins à cheval mh lelièvre passage des coins à cheval mh lelièvre

    Sur ces deux photos, on voit les cavaliers légèrement penchés, même si les coins sont corrects.

    Les mains, alors, agissent dans le même sens : c’est à dire que généralement, dans ce cas de figure, la rêne intérieure vient se plaquer fortement contre l’encolure pour contrer là aussi le déséquilibre, tandis que la rêne extérieure reste inopérante.

    En lieu et place de ces mauvais réflexes, le cavalier devra veiller à garder le buste bien droit, en équilibre au dessus de ses fesses, le poids du corps également réparti de part et d’autre de la colonne vertébrale.

    Ainsi le dos pourra être tonique pour venir seconder l’action de la rêne extérieure qui s’écartera pour attirer puis contenir les épaules et rétablir ainsi le bon équilibre latéral de l’avant main.
    La rêne intérieure proche du garrot, maintiendra la tête droite ou légèrement fléchie, selon qu’il s’agit d’un cheval ayant inopinément quitté la piste, ou lors du passage d’un coin.

    passage des coins à cheval mh lelièvre passage des coins à cheval mh lelièvre passage des coins à cheval mh lelièvre

    Enfin, la jambe intérieure agira sans se durcir ni se contracter pour stimuler le postérieur interne.
    Le cavalier s’efforcera d’agir, je dirais : en “pointillés”, de façon à agir-céder de manière consécutive.

    Voilà déjà quelques conseils pour améliorer ce type de problèmes, et n’hésitez pas à faire le retour de votre travail sur le blog.
    Merci d’avance!

    passage des coins à cheval mh lelièvre