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L’ENCAPUCHONNEMENT : ( 2nd PARTIE)

Wednesday, January 25th, 2012

Dans le 1er post concernant l’encapuchonnement, nous avons vu que le mauvais emploi de la main était principalement le fait d’une mise en main excessive. Ce type de mise en main pouvant être accidentel comme tout à fait recherché, ce qui est beaucoup plus grave.

Nous avons également dressé une liste des conséquences malheureuses pour le cheval d’une telle attitude, et il reste un point que je voudrais évoquer.

Il s’agit des conséquences “psychologiques” d’un encapuchonnement excessif et répétitif.

Voici ce que Jean-Claude Barrey écrit dans son livre “ETHOLOGIE ET ECOLOGIE EQUINES” 

“La principale difficulté est donc d’inciter le cheval, presque à son insu, à adopter lui-même un certain comportement. Tous les animaux possèdent une tendance très puissante à rechercher les conditions optimales de subsistances qui conviennent le mieux à un instant donné. Ce que font aussi les chevaux par tous les procédés qu’il leur est possible d’essayer. Il s’agit là du comportement d’appétence pour l’état cohérent de moindre tension, un programme très puissant dont le déclenchement, pratiquement automatique, a lieu dès l’apparition de la moindre incohérence entre le milieu intérieur de l’animal et l’environnement qu’il perçoit par tous ses canaux sensoriels. Cette appétence provoquée par toutes sortes de pressions environnementales incite le cheval à essayer différents comportements, jusqu’à ce qu’il trouve celui qui supprime la gêne, provoquant un relâchement de la tension, c’est-à-dire la tranquillité d’esprit, mais pas forcément l’inactivité…”

Appliqué au travail monté, c’est ce type de comportement qui conduit le cheval à “céder”, c’est-à-dire à trouver la meilleure réponse-confort, à la demande-gêne qui lui est faite. Il nous faut alors céder (relâcher la pression que nous exercions) nous-mêmes instantanément si nous voulons que le cheval retrouve un état de cohérence.

Prenons  l’exemple d’un cavalier, plein de bonnes intentions vis à vis de son cheval, mais ne maîtrisant pas encore le bon dosage de ses actions de mains. Lorsque ce cavalier ajuste ses rênes pour mettre son cheval en place, il peut manquer de précision, et il lui arrive d’enfermer ce dernier. Mais s’il a  appris que, quand son cheval lui donnait la réponse souhaitée, en l’occurence la mise en main, il devait céder, l’intégrité comportementale du cheval est préservée.

Sur la première photo, à droite, on voit Xilophone encapuchonné. On voit bien la main de sa cavalière, qui recule.

Sur la seconde photo, la main s’est avancée, et Xilophone est correctement placé!

Tandis que le cavalier qui enferme sa monture en permanence, sans jamais céder, non seulement va très certainement au devant de problèmes physiques, mais également psychiques, en ne permettant pas à son cheval de retrouver cet état cohérent de moindre tension si essentiel. Lorsqu’aucune solution n’est trouvée pour rétablir la cohérence (tension exercée sur la bouche, cession pour se soulager de cette tension), il y a inhibition de l’action cohérente, celle qui lui permet de retrouver du confort. Cela s’appelle l’inhibition conditionnée. En psychologie, on pourrait parler de résignation acquise.

Jean-Claude Barrey dit à ce propos :

“…elle induit nécessairement des pathologies en activant violemment l’axe hypothalamus/hypophyse/corticosurrénal…Le stress qui en résulte provoque la libération dans le sang d’une dose massive de glucocorticoïdes qui, tout en renforçant les capacités  de défenses physiques immédiates, abaisse les défenses immunitaires, favorise l’hypertension et les ulcères de l’estomac (fréquents chez les trotteurs) et occasionne des dégâts, souvent importants, dans une zone du cerveau, l’amygdale temporale (chargée de gérer le stress). Les neurones de celle-ci sont sollicités trop brutalement, les réactions chimiques à l’intérieur des cellules s’emballent, libèrent un afflux de déchets oxydants toxiques, qui s’attaquent au génome cellulaire…entraînant la mort de la cellule. Le cheval n’éprouve plus alors d’émotions dues au stress causé par son environnement. Mais, comme son centre de décision comportemental est lié à ses émotions, il ne prend plus de décisions personnelles et répond seulement aux pressions de l’extérieur : il est parfaitement soumis…”

 Et devient un parfait robot! 

Ce tableau est sombre mais bien réel, et pour moi, le premier remède à ce genre de problème est de changer d’état d’esprit, et de réévaluer ses méthodes de travail.

 Le cheval n’exprimant pas oralement ses souffrances, il est  facile pour le cavalier de se fourvoyer dans des dérives pouvant représenter un réel danger!

Heureusement, il existe encore beaucoup de cavaliers qui n’emmènent pas leurs chevaux vers de tels scénarios catastrophes, qui montent leur cheval  avec honnêteté , et ne commettent que des maladresse dues à leur  manque d’expérience.

A ces cavaliers je rappellerai qu’il faut éviter de tirer pour entrer en contact avec la bouche du cheval, mais au contraire avoir le cheval devant soi pour ensuite pouvoir délicatement obtenir la mise en main (je ferai ultérieurment un post sur la mise en main). Si malgré cela le cheval résiste et semble réfractaire à ce qu’on lui demande, c’est très certainement qu’il n’est pas prêt et qu’un programme d’assouplissement renforcé est nécessaire.

Ce qui me paraît peut-être encore plus important, c’est de ne jamais oublier de céder et de pratiquer la descente de main. Je rappelle que cet instant, aussi court soit-il, représente pour le cheval une récompense, une possibilité de se décontracter et de travailler dans l’autonomie.

Si ce post vous paraît incomplet, qu’il vous semble rester des zones d’ombre et qu’un complément d’informations pourrait répondre à d’éventuelles questions, n’hésitez pas à me le faire savoir! 

A PROPOS DE L’ENCAPUCHONNEMENT! (1ÈRE PARTIE)

Saturday, January 7th, 2012

Dans ce post, il sera question de l’encapuchonnement.

Nous verrons ce qu’est exactement l’encapuchonnement, et quels en sont les causes, les conséquences et les remèdes éventuels.

 

( Toutes les photos d’encapuchonnement excessif que vous verrez dans ce post, ne sont pas des photos de mes élèves!)

 

(Ce post un peu long sera divisé en deux parties).

Première partie :

On parle ordinairement d’encapuchonnement lorsqu’au travail, le cheval passe le chanfrein en arrière de la verticale. Mais attention!! Il y a encapuchonnement et encapuchonnement! Cela peut aller du simple retrait de la tête en arrière de la verticale, au rollkür, véritable acte de maltraitance pour le cheval.

Voilà pourquoi on ne peut placer sur un même pied de gravité, tous les types d’encapuchonnement. Je ne suis pas en train de dire que certains cas d’encapuchonnement sont sans importance, et qu’il ne faut pas les combattre. Non, je souhaite seulement signaler, qu’il y a l’encapuchonnement volontairement recherché par le cavalier, blâmable, et ne devant  faire l’objet d’aucune tolérance;

et celui qui se produit  ponctuellement et non intentionnellement  au cours du travail, sur l’effet du retrait d’une main maladroite.

 

A l’heure actuelle, nombreux sont les cavaliers de dressage, et beaucoup parmi ceux qui sortent en compétition de haut niveau qui, sous prétexte de tendre le dos de leur cheval, enferment bien souvent de façon excessive ce dernier. On en voit certains, littéralement ”pendus” à leurs rênes, arque-boutés vers l’arrière pour faire céder la malheureuse bête!

 

D’autres cavaliers, par manque de compétence et d’encadrement, encapuchonnent leur cheval sans même se rendre compte qu’ils le font.

Et d’autres encore, travaillent d’arrache pied à affiner leur position et leur assiette, sans lesquelles hélas, cette fichue main manque de précision, bouge parfois de manière inopinée, recule même, et en arrive certaines fois à amener le cheval à s’encapuchonner!

Quoi qu’il en soit, et quelle que soit la catégorie de cavaliers, la cause originelle de l’encapuchonnement est toujours un excès de main.

 

Ensuite, plus l’encapuchonnement est vicieux, plus s’ajoutent de problèmes. Cassure à la troisième vertèbre, défenses, acculement ou allures défectueuses ne sont que quelques unes des conséquences graves engendrées par par un tel procédé de dressage.

Ceci semble malheureusement être du trot! Observez la défectuosité du diagonal droit, le postérieur gauche n’arrivant pas à avancer!

Voyons plutôt quelles sont les conséquences physiologiques d’une telle pratique :

  • hyper extension des ligaments supérieurs cervicaux pouvant conduire à de graves lésions telles que, inflammations, étirement des fibres jusqu’à la rupture, et dommages potentiels au niveau des insertions des ligaments profonds;
  • rapprochement excessif des vertèbres en partie ventrale, avec pour conséquences probables, pincement des disques inter-vertébraux, le disque pouvant aller jusqu’à faire une saillie en face dorsale et entrer en contact avec les ligaments, ou des nerfs;
  • écrasement des glandes parotides;
  • pour ce quatrième point concernant les effets négatif de l’encapuchonnement sur l’oeil et l’oreille, je laisse la parole à Philippe Karl, qui lui-même reprend des propos de Dominique Ollivier :

” Les éléments qui suivent sont extraits du remarquable ouvrage de Dominique Ollivier La vérité sur l’équilibre (Editions Belin). Pour ajuster ses postures et adapter ses mouvements à toutes les exigences de l’équilibre, le cheval dispose comme l’homme de trois référentiels :

le sol…dont il a une perception tactile par ses pieds. Il coordonne ses gestes de façon à maintenir les masses à la verticale des points d’appui.

L’environnement…que le cheval appréhende par la vue, évaluant toutes choses à distance, et pouvant ainsi anticiper ses réactions. Or, on sait que le champ visuel binoculaire du cheval n’opère que dans un angle très réduit, et ne porte loin que lorsque sa tête est placée haut, nuque ouverte (attitude de veille). Une fois encapuchonné, le cheval ne dispose plus que d’une vue monoculaire latérale réduite et d’une vue binoculaire lui permettant à peine de juger où il pose ses pieds. On le fait courir en aveugle ou presque.

C’est pourquoi beaucoup de ces chevaux coupés de leur environnement, perdent toute expression et deviennent comme autistes.

La gravité...qui est perçue par l’oreille interne. Elle comporte trois “canaux semi-circulaires” placés perpendiculairement les uns aux autres et permettant de se situer dans un espace à trois dimensions. De plus, ces canaux sont munis de capteurs qui enregistrent les accélérations verticales, horizontales et latérales.

Toutes ces informations tactiles, visuelles et gravitationnelles, sont traitées par le cerveau. Or, des les situations extrêmes, le cheval comme bien d’autres espèces, stabilise sa tête dans une position optimisant le fonctionnement de ce système de navigation : voilà pourquoi trotteurs, galopeurs et chevaux à l’obstacle fixent l’axe de leur tête à environ 30° de la verticale…”

 

 

 A suivre…

“LA NUQUE LE POINT LE PLUS HAUT”.

Friday, December 16th, 2011

Dans ce post il sera question de la position de la nuque comme point le plus élevé du cheval.

Nous tâcherons de voir si cette affirmation reste indéfectible en toutes circonstances, quelles que soient les attitudes et différentes phases de travail du cheval.

Il sera rappelé la bonne progression à respecter dans l’apprentissage gymnastique du cheval afin d’amener celui-ci à un rassembler correct, intégrant sainement la notion de “nuque le point le plus haut”.

La nuque est le point le plus élevé, quand le cheval remonte l’encolure de telle sorte que le cavalier peut quasiment voir la têtière du filet ou de la bride. Bien sûr, cette notion n’a rien à voir avec un cheval qui se défend et qui relève la tête!! Au contraire, elle apparaît au cours d’un travail déjà abouti, et doit impérativement être indissociable d’une orientation correcte de l’arrière main, sans laquelle hélas, le cheval effondrerait son garrot en creusant son dos.

La recherche de la nuque le point le plus élevé du cheval, si elle est évidente dans un rassembler déjà assez avancé, ne doit pas être permanente, puisqu’au cours de son apprentissage, le cheval passe par différentes attitudes, comme par exemple, l’extension d’encolure. De plus,  chaque fois que cela s’avérera nécessaire, en cas de perte de décontraction, cette attitude sera momentanément abandonnée au profit d’une autre, encolure, donc nuque, plus basse.

 

 

Le jeune cheval qui découvre le fait d’avoir un poids sur le dos est dans un premier temps, fortement perturbé. Il se creuse, effondre son garrot, relève l’encolure et ouvre la nuque.

Seul le travail en extension d’encolure permet au poulain de se déplacer aisément dans son équilibre naturel, sous la selle. Les muscles de la ligne du dessus s’étirent, le dos monte et se tend moelleusement sous la charge, les gestes se libèrent, favorisant le mouvement en avant.

A ce niveau de dressage, la nuque n’est pas le point le plus haut puisque l’encolure est orientée vers l’avant et vers le bas, avec une surcharge encore prononcée de l’avant main.

Dès que ce travail de base se trouve être fortement consolidé, la recherche du rassembler peut commencer. Ce souci du rassembler ne veut pas dire que du jour au lendemain l’attitude du cheval va changer du tout au tout. La progression devra être très mesurée, mais avec un souci permanent de grandissement et de soutien du bout de devant, et d’activité des postérieurs. Le cheval travaille alors dans une attitude horizontale, voire légèrement plus grandie.

A ce stade du travail, la notion de rassembler est une idée directrice qui doit conduire le cavalier à ne jamais laisser le dos de son cheval se relâcher sous le faux prétexte du redressement du bout de devant. Cette notion reste également tout en nuances, car à chaque cheval ses capacités, et à chaque exercice également sa vertu plus ou moins grande de “rassembler” un cheval. Pour exemple, citons l’allongement du trot qui logiquement, rassemble moins le cheval qu’un ralentissement.Il n’en reste pas moins que l’allongement sera d’autant meilleur qu’il aura été précédé d’une attitude rassemblée, c’est à dire non relâchée!

La tenue de hanches sur le cercle, quant à elle, induit le rassembler dès le début de son apprentissage.

Dans cette phase d’apprentissage, le cheval n’a pas forcément encore la nuque le point le plus haut. Ce n’est absolument pas grave s’il n’y a pas d’encapuchonnement. De plus, il faut savoir tenir compte de la morphologie de chaque cheval : certains ont le chignon plus développé que d’autres.

Puis enfin, petit à petit, par une recherche plus poussée du relèvement de l’avant main et de l’engagement des postérieurs, la nuque devient vraiment le point le plus haut. L’équilibre du cheval change et n’est plus horizontal. L’avant main s’allège, tandis que l’arrière main, justement disposée, prend en charge le poids supplémentaire qui lui est attribué. Les articulations postérieures se fléchissent des hanches aux jarrets, contribuant ainsi à raccourcir le polygone de sustentation, parfois jusqu’à l’extrême, lors d’une pesade.

 

Si cette fameuse notion de “la nuque le point le plus haut” est une des pierres angulaires du rassembler, elle doit, lorsqu’elle est enseignée, être accompagnée de moult recommandations. Elle peut s’avérer extrêmement néfaste si elle est pratiquée seule, sans souci du bon fonctionnement de l’arrière main, mais a contrario, elle procure au cavalier qui l’associe à un travail juste de l’arrière main, l’immense bonheur de sentir ce qu’est la légèreté d’un cheval qui se rassemble harmonieusement!

Faiblesse du postérieur droit qui devrait être plus engagé sous la masse.

 

Prochainement, il sera question de l’épineux sujet de l’encapuchonnement, et de ses effets pervers.

 

PAS ESPAGNOL A PIED.

Thursday, December 8th, 2011


Sur ces deux vidéos, nous voyons Majolie au pas espagnol au travail à pied.

Cette jument avait très peur de la cravache, et il a fallu beaucoup de temps pour qu’elle l’accepte au niveau de l’avant-main. Ce n’est toujours pas gagné pour ce qui est de l’arrière main, et lorsqu’elle sens son contact, elle a tendance à précipiter. C’est pourquoi j’ai momentanément renoncé à l’utiliser pour animer les postérieurs.

Par conséquent, je me mets devant elle pour lui demander le pas espagnol, et je trouve cela très pratique (bien qu’il faille faire très attention à ne pas se prendre un coup de pied dans les genoux), car je peux régler un tas de choses.

  • Hauteur de l’encolure;
  • rectitude par déplacement de l’avant main;
  • vitesse;
  • orientation des hanches;
  • stimulation aisée d’un antérieur ou de l’autre.
Bien sûr, le maniement de la cravache demande à être un peu peaufiné. On peu garder la cravache dans la main de son choix, et en la croisant sous l’encolure, animer tantôt un antérieur, tantôt l’autre. Mais on peut également, si besoin est, changer la cravache de main pour atteindre la hanche opposée.

Vous voyez que la jument a quelques difficultés à s’organiser, je pense que cela est dû à sa corpulence, et lorsqu’elle est au pas espagnol monté, elle développe beaucoup moins le geste de l’épaule.

Tout cela n’est pas grave, je prends mon temps, et je lui demande systématiquement à chaque séance : à pied avant de débuter le travail monté, puis montée, une fois qu’elle est échauffée.

De toute façon cet exercice reste une excellente gymnastique des épaules pour Majolie, à qui cela fait le plus grand bien!

COMMENT SE PLACER PAR RAPPORT AU CHEVAL, LORSQUE L’ON TRAVAILLE EN LIBERTÉ.

Sunday, December 4th, 2011

Plutôt que de “poursuivre” le cheval en courant derrière, ou de marcher en parallèle à son déplacement au risque de lui imposer un couloir trop étroit, mieux vaut se déplacer en diagonale, comme on peut le voir sur la vidéo, lorsque l’on travaille  en liberté.

Ce déplacement permet d’avoir une attitude impulsive vis-à-vis de l’animal, en évitant facilement d’envahir son espace personnel, donc d’induire un comportement moins agressif, et pour finir, d’éviter de lui faire faire demi tour.

Il faut choisir la diagonale qui permet, lorsque l’on arrive à son extrémité, d’être à la même main que le cheval.

Ensuite, il suffit de laisser celui-ci passer le petit côté et s’engager sur le grand côté. Alors, il faut faire demi-tour sur la diagonale et repartir en sens inverse. Tant que le cheval reste à la même main, c’est un va et vient permanent sur la même diagonale.

Lors d’un changement de main, il y aura également changement de diagonale.

ENGAGEMENT DES POSTÉRIEURS.

Sunday, November 20th, 2011

Voici ce qu’écrit Jean-Claude Racinet à propos de l’engagement des postérieurs :

“Peu de notions dans la littérature équestre, sont aussi ambiguës que celle d’engagement des postérieurs. Ce vocable en effet est indifféremment employé pour évoquer :

  • le ploiement des hanches par avancée de la pointe des fesses;
  • l’engagement simultané des deux postérieurs sous la masse, qui n’est réalisé qu’au galop, au piaffer et éventuellement à l’arrêt;
  • l’engagement, sous la masse, d’un seul postérieur, le postérieur au soutien, dans le pas ou dans le trot, pendant que l’autre postérieur se désengage,
  • l’engagement” geste” (le geste pendulaire d’engagement) d’un ou de deux postérieurs;
  • l’engagement “distance” qui en résulte, et qui est la mesure du segment joignant la trace du poser du postérieur au soutien, à la projection verticale de la pointe de la fesse.
Il reste à bien assimiler et différencier chacune de ces notions.
Le cavalier se doit ensuite de gymnastiquer son cheval en progressant par étapes successives ayant un ordre bien déterminé (J-C Racinet n’a pas forcément suivi un ordre précis dans l’énoncé des différentes notions d’engagement des postérieurs).
Il convient de suivre une progression respectueuse de la préparation musculo-squelettique à l’effort de l’animal.
Dans un premier temps, le poids du cavalier ne favorisant pas la flexion de la colonne vertébrale, le dos se creuse (extension de la C.V.) et l’encolure se renverse. Le travail vers le bas est alors nécessaire pour préparer la tension de la ligne du dessus :
  • il favorise l’ouverture des espaces inter-épineux;
  • prépare les muscles fléchisseurs de la colonne;
  • travaille en élongation  les muscles para vertébraux ;                                                                                      
  • d’où, décontraction de ces mêmes muscles

Ce travail vers le bas associé à des allures relativement vives  mais non précipitées, sera une bonne introduction à la mobilisation de l’articulation coxo fémorale avec pour corollaire :



  • participation abdominale dynamique (grand psoas), sans grand raccourcissement de fibres toutefois, puisque pas d’abaissement des hanches;
  • propulsion vers l’avant relativement importante grâce au désengagement assez conséquent du membre en poussée (en effet, c’est le membre en arrière qui propulse vers l’avant).
En résumé, dans ce premier type de travail, il y a un fort engagement d’un postérieur à la fois, mais avec simultanément, et en toute logique, un fort désengagement de l’autre postérieur. Ce qui écarte évidemment tout abaissement des deux hanches en même temps.
Dans un second temps, par le biais d’exercices approprié,s et des allures moins vives (mais non moins énergiques) ,un grandissement modéré de l’avant main va se dessiner. Attention! Le garrot ne dois pas s’affaisser entre les épaules. Avec cette deuxième phase, il y a un début de :
  • flexion de la région lombo sacrée;
  •  la ligne du dessous commence à se raccourcir. 

Le temps du rassembler arrive ensuite, qui est comme l’aboutissement du travail de gymnastique du cheval, avec des muscles abdominaux beaucoup plus sollicités :
  • raccourcissement des droits de l’abdomen et de la sangle abdominal en général. 


Dans le travail rassembler, chaque postérieur s’engage moins sous la masse, mais évidemment, en contre-partie, il se désengage moins. L’écart entre les deux se réduit donc,ce qui permet l’abaissement des hanches.
Seul, le respect de ces différentes phases, et le respect de l’équilibre entre assouplissement et développement musculaire de la ligne du dessus et de la ligne du dessous, conduiront à une équitation de légèreté harmonieuse, et sans danger pour le  physique et le mental du cheval.


ADDUCTION-ABDUCTION.

Friday, November 11th, 2011

Petit rappel de ce que sont l’adduction et l’abduction, pour ceux qui auraient oublié, ou ceux qui ne le savent pas encore.

Sur la première photo (une contre épaule en dedans), nous voyons le postérieur gauche qui croise par dessus le postérieur droit, il est en adduction .

Sur la seconde photo (toujours une contre épaule en dedans), on voit le postérieur droit qui s’écarte en s’éloignant du postérieur gauche, il est en abduction.

 

IMPULSION ET VITESSE, ENGAGEMENT DES POSTERIEURS ET ABAISSEMENT DES HANCHES.

Sunday, November 6th, 2011

-1ère partie-

 L’impulsion : 

  • Le cheval est naturellement dans l’impusion, puisque sa nature intrinsèque induit une forte appétence au mouvement. Le jeu pour le poulain, la recherche de nourriture, le déplacement pour aller à la rencontre d’un congénère, ou la fuite en cas de danger ne sont que quelques exemples de cette propension à se mouvoir ; à se mouvoir ou à “se porter en avant”, comme on l’entend souvent dire. Ce que J.-Claude Barrey évoque sous le nom ”d’attention, de niveau de vigilance”.

 

 

  • Le cheval  monté a plusieurs raisons de perdre cette impulsion. La première et la plus naturelle, c’est que, n’étant  pas programmé pour porter un poids sur son dos, il  faudra au poulain quelques temps et une gymnastique bien conduite, afin d’acquérir assez de sérénité et de force, pour retrouver l’aisance de se mouvoir en toute facilité et confiance, malgré son cavalier.
  • Mais cela n’est pas suffisant, loin de là! La deuxième raison que le cheval a de perdre son impulsion, est un mauvais apprentissage aux actions de jambes, qui inhibe ses réactions. Philippe Karl dit, à ce propos, qu’il faut ”une soigneuse éducation au langage des jambes” (et je rajoute, dans la plus grande finesse), sans laquelle,  malgré la force dont le cheval dispose pour porter son cavalier, il perdra toute envie de mouvement en avant.

 

  • Ainsi, dans le travail, l’impulsion pourrait se définir comme une grande réactivité physique et mentale à la plus petite sollicitation du cavalier.

La vitesse :

  •  Cette notion ne doit pas systématiquement être associée à l’impulsion, et les cavaliers qui font cette méprise, commettent une grave erreur (bien sûr lorsque le cheval ponctuellement, fait un allongement, il y a un surcroît de vitesse, et dans ce cas, il n’y a rien à dire).
  • Dans la nature, la vitesse n’est utilisée qu’en accompagnement du jeu chez le poulain, pour évacuer les tensions chez l’adulte, et en cas de fuite pour tous. Sinon, le cheval est un animal calme, et même si le mouvement est omniprésent dans son fonctionnement, il n’est qu’à le regarder vivre au pré pour s’apercevoir que ses déplacements se font majoritairement dans la lenteur.
  • De plus, utiliser sans cesse la capacité à fuir de l’animal, revient à le faire travailler dans un état de tension permanente, ce qui n’est pas sans altérer son intégrité physique et mentale.
  • En regard de ce qui est énoncé dans le point précédent, il va sans dire que dans cet état physique et mental, le cheval ne travaille pas dans la décontraction. Gerd Heuschmann, vétérinaire allemand,  dans son livre : “Dressage moderne, un jeu de massacre?” écrit que “la décontraction est le critère principal tout au long de la formation du cheval. L’ordre de l’échelle de progression reste inchangé mais la décontraction demeure pourtant l’exigence absolue à chaque étape de l’entraînement, car c’est la seule façon :
  1. de conserver la pureté des allures,
  2. de parvenir à la tension optimale des muscles,
  3. d’obtenir le vrai rassembler,
  4. d’acquérir la perméabilité générale,
  5. et c’est ainsi que le cheval développera sans dommage son potentiel maximal.
  6.  

 

 

 

Dans la seconde partie qui suivra, nous verrons les erreurs commises dans le travail, et dues  à une méconnaissance de ce que sont l’engagement des postérieurs, la force propulsive et l’abaissement des hanches. Cette seconde partie ne sera bien évidemment pas sans lien avec la première.

A vos réactions!

RECAPITULATIF DES PRINCIPAUX PAS DE COTE A LA PISTE.

Tuesday, November 1st, 2011
  • L’épaule en dedans (à main droite) : à la piste, le cheval incurvé à droite (dos au pare-bottes), se déplace vers la gauche, donc vers son côté convexe; il déporte ainsi ses épaules vers une piste intérieure. Les membres intérieurs* travaillent en adduction en croisant devant les membres extérieurs qui eux, travaillent en abduction.
  • La contre épaule en dedans (à main droite) : le cheval est en piste intérieure. Incurvé à gauche, il porte ses épaules vers la piste (face au pare -bottes), et se déplace vers la droite, donc vers son côté convexe. Les membres intérieurs travaillent en adduction, et les membres extérieurs en abduction.

*Dans les pas de côté, lorsque l’on parle de l’intérieur ou de l’extérieur, c’est toujours par rapport au pli du cheval. Ainsi, dans l’exemple de l’épaule droite en dedans, c’est le côté droit l’intérieur, tandis que dans la contre épaule droite en dedans, c’est le côté gauche.

  • La tête au mur : (à main droite) il suffit de se représenter une contre épaule en dedans, mais de changer le sens de l’incurvation de sorte qu’alors, le cheval incurvé à droite se déplace vers la droite, vers son côté concave. Le cheval est tourné vers le pare-bottes, ses épaules sont à la piste, et ses hanches en piste intérieure. Les membres intérieurs droits travaillent en abduction, tandis que les membres extérieurs gauches travaillent en adduction.
  • La croupe au mur : (à main droite) même parallèle mais cette fois avec l’épaule en dedans (ce rapprochement n’est fait que pour aider à la représentation de la figure dans l’espace, et doit s’arrêter là. En effet, l’épaule en dedans et la croupe au mur, de même que précédemment, la contre épaule en dedans et la tête au mur, sont des exercices différents qu’il ne faudrait pas confondre). Alors que dans l’épaule en dedans notre cheval était incurvé à droite, il est cette fois incurvé à gauche, ce déplaçant vers la gauche, vers son côté concave. Il tourne le dos au pare-bottes, hanches à la piste, et ses épaules sont en piste intérieure. Les membres intérieurs gauches travaillent en abduction, et les membres extérieurs droits, en adduction.
  • Hanches en dedans , ou ce que j’appelle également cession à la jambe à la piste, et qui est un mouvement dans lequel le cheval est à la piste (à main droite en l’occurence), et déplace ses hanches vers l’intérieur, sans incurvation préalable, simplement la tête très légèrement tournée dans le sens inverse au sens du déplacement du cheval, donc vers la gauche dans l’exemple qui nous intéresse.

Je souligne que ce dernier exercice, du fait du manque d’incurvation qui le caractérise, n’a de valeur que dans la mesure où il initie le cheval à la réponse à la jambe isolée qui déplace les hanches vers l’intérieur, et  l’incite ainsi à effectuer ses premiers croisements de membres.

La gymnastique y est beaucoup moins développée que dans les autres pas de côté, et les “puristes” ont tendance à crier haro sur cet exercice. Personnellement, il m’a parfois bien aidée, très ponctuellement, et pratiqué sur quelques foulées, pour redresser des chevaux et des cavaliers très tordus!

 

 

 

LE CHEVAL ET SES FRAYEURS.

Thursday, September 29th, 2011

Voici un post dans lequel je vais de nouveau vous faire part de mon expérience, dans deux situations où le cheval que je montais n’était pas sage.

Le premier cas est une jument (encore Majolie) somme toute assez sage. Je la monte dans une carrière entourée de bois, et le fond de cette carrière ne la laisse pas totalement indifférente. Je m’y arrête toujours en début de séance pour la laisser regarder, écouter, et sentir autant de dangers potentiels qui, bien sûr, m’échappent totalement.

Une fois ce petit rituel accompli, tout se passe comme si de rien n’était. Sauf certaines fois néanmoins, où pour différentes raisons comme par exemple, un temps venteux, la jument manquant de travail dans la semaine bien qu’allant au paddock tous les jours, elle utilise le prétexte du fond de la carrière  pour laisser s’exprimer son excitation.

Il est à souligner qu’en cette circonstance, en plus de chercher à faire des écarts, elle est particulièrement tonique, allant même jusqu’à précipiter si je la laisse faire. Il serait tentant alors, de jouer la carte du mouvement en avant afin de la laisser évacuer son trop plein d’énergie, mais dans ce cas précis, cela ne me paraît pas la bonne solution.

Je précise que la longe ne change rien, et d’autant moins d’ailleurs que pour des raisons physiques, Majolie ne doit pas être longée trop longtemps, trop fort, ni trop souvent.

J ‘obtiens un bien meilleur résultat, pour abaisser son niveau de tension, en lui demandant de trotter doucement dans une attitude assez basse. En vue de passer au fond de la carrière, j’insiste particulièrement sur les aides destinées à l’empêcher de faire un écart vers l’intérieur, mais toujours dans la lenteur. La vitesse accentue la tension, ce qui est parfaitement inutile dans ce cas là!

La jument gagne peu à peu en décontraction, ce qui induit rapidement un “lâcher prise” mental. Et bien que restant vigilante, je peux passer de nouveau à l’endroit posant problème auparavant, sans actions préventives particulières.

Je n’ai malheureusement pas de photos de Majolie ni de Bachkar dans les situations décrites dans ce post.

A la place c’est Wendy, 4ans, un peu timide face au ruban dans le coin de la carrière.

Le second cas est celui d’un jeune cheval de 5 ans que l’on m’a demandé de monter quelques fois cet été. Ce beau KWPN été un très gentil cheval, un peu sur l’oeil, et sans trop d’éducation.

Dans l’établissement dans lequel il a été mis en pension aprés avoir été acheté, il a très vite été considéré, à tort évidemment, comme dominant et dangereux. Un cheval à “mater”, a-t-on dit à sa propriétaire!

Et comment travaille-t-on un cheval que l’on doit “mater”? avec des rênes courtes (si l’on écoute les conseils prodigués le plus souvent), en prenant très rapidement le trot parce qu’au pas de toute façon il n’avance pas et qu’il fait des écarts. Au trot, la vitesse est une règle de base, car elle évite au cheval de regarder l’objet de ses frayeurs, elle minimise également les écarts. Idem au galop, et le tout dans un couloir des aides très étroit, cela va de soi ! Il va sans dire que la propriétaire de Bachkar a rapidement mis en doute la pertinence de ces conseils.

Je pense qu’un cheval comme Bachkar doit avant tout chose, être longé, libre de tout enrênement. Il doit travailler sur de grands cercles non contraignants, et être autorisé à faire le fou si le coeur lui en dit. Ensuite, un long travail au pas est nécessaire pour d’une part, revoir la leçon de jambes, et d’autre part, permettre au cheval de passer partout où il a peur en lui laissant le temps de reprendre confiance.

Lorsque le cheval s’emploie au pas, dans le calme et en s’articulant, les rênes assez longues, le moment de prendre le trot est venu. Le travail dans cette allure se fait dans une cadence lente, afin de ne pas faire monter la pression en cas de tension. En effet, quand le cheval prend peur, il cherche à fuir or, la fuite est liée à une vitesse accrue. Si vous rentrez dans ce système d”‘impulsionner” à outrance, vous cautionnez la fuite. La lenteur permet au cheval de mieux appréhender son environnement, elle lui permet d’être plus décontracté, et s’il commence à se tendre, le cavalier sent tout de suite la différence, ce qui lui permet d’agir mieux et plus vite.

Je n’ai pas précisé que les rênes étaient toujours d’une bonne longueur afin de laisser toute liberté à l’encolure : plus un cheval est”coincé”, plus il a l’impression qu’il ne peut fuir en cas de danger, ce qui est un facteur de stress supplémentaire.

Dans le cas de Bachkar, j’ai galopé dans le même état d’esprit qu’au trot, sans le bousculer et avec des rênes longues. Il m’a tout de même pris la main une fois, se sentant libre de toute contrainte et ayant beaucoup de tensions accumulées à évacuer. Remis en ordre gentiment, il n’a plus recommencé.

Il faut croire en ce travail, qui offre  beaucoup de satisfaction. Dès lors que l’on accorde sa confiance au cheval, le retour est rapidement positif car il y trouve son compte sur toute la ligne!