Archive for the ‘Conseils Dressage’ Category

ADDUCTION-ABDUCTION.

vendredi, novembre 11th, 2011

Petit rappel de ce que sont l’adduction et l’abduction, pour ceux qui auraient oublié, ou ceux qui ne le savent pas encore.

Sur la première photo (une contre épaule en dedans), nous voyons le postérieur gauche qui croise par dessus le postérieur droit, il est en adduction .

Sur la seconde photo (toujours une contre épaule en dedans), on voit le postérieur droit qui s’écarte en s’éloignant du postérieur gauche, il est en abduction.

 

IMPULSION ET VITESSE, ENGAGEMENT DES POSTERIEURS ET ABAISSEMENT DES HANCHES.

dimanche, novembre 6th, 2011

-1ère partie-

 L’impulsion : 

  • Le cheval est naturellement dans l’impusion, puisque sa nature intrinsèque induit une forte appétence au mouvement. Le jeu pour le poulain, la recherche de nourriture, le déplacement pour aller à la rencontre d’un congénère, ou la fuite en cas de danger ne sont que quelques exemples de cette propension à se mouvoir ; à se mouvoir ou à « se porter en avant », comme on l’entend souvent dire. Ce que J.-Claude Barrey évoque sous le nom « d’attention, de niveau de vigilance ».

 

 

  • Le cheval  monté a plusieurs raisons de perdre cette impulsion. La première et la plus naturelle, c’est que, n’étant  pas programmé pour porter un poids sur son dos, il  faudra au poulain quelques temps et une gymnastique bien conduite, afin d’acquérir assez de sérénité et de force, pour retrouver l’aisance de se mouvoir en toute facilité et confiance, malgré son cavalier.
  • Mais cela n’est pas suffisant, loin de là! La deuxième raison que le cheval a de perdre son impulsion, est un mauvais apprentissage aux actions de jambes, qui inhibe ses réactions. Philippe Karl dit, à ce propos, qu’il faut « une soigneuse éducation au langage des jambes » (et je rajoute, dans la plus grande finesse), sans laquelle,  malgré la force dont le cheval dispose pour porter son cavalier, il perdra toute envie de mouvement en avant.

 

  • Ainsi, dans le travail, l’impulsion pourrait se définir comme une grande réactivité physique et mentale à la plus petite sollicitation du cavalier.

La vitesse :

  •  Cette notion ne doit pas systématiquement être associée à l’impulsion, et les cavaliers qui font cette méprise, commettent une grave erreur (bien sûr lorsque le cheval ponctuellement, fait un allongement, il y a un surcroît de vitesse, et dans ce cas, il n’y a rien à dire).
  • Dans la nature, la vitesse n’est utilisée qu’en accompagnement du jeu chez le poulain, pour évacuer les tensions chez l’adulte, et en cas de fuite pour tous. Sinon, le cheval est un animal calme, et même si le mouvement est omniprésent dans son fonctionnement, il n’est qu’à le regarder vivre au pré pour s’apercevoir que ses déplacements se font majoritairement dans la lenteur.
  • De plus, utiliser sans cesse la capacité à fuir de l’animal, revient à le faire travailler dans un état de tension permanente, ce qui n’est pas sans altérer son intégrité physique et mentale.
  • En regard de ce qui est énoncé dans le point précédent, il va sans dire que dans cet état physique et mental, le cheval ne travaille pas dans la décontraction. Gerd Heuschmann, vétérinaire allemand,  dans son livre : « Dressage moderne, un jeu de massacre? » écrit que « la décontraction est le critère principal tout au long de la formation du cheval. L’ordre de l’échelle de progression reste inchangé mais la décontraction demeure pourtant l’exigence absolue à chaque étape de l’entraînement, car c’est la seule façon :
  1. de conserver la pureté des allures,
  2. de parvenir à la tension optimale des muscles,
  3. d’obtenir le vrai rassembler,
  4. d’acquérir la perméabilité générale,
  5. et c’est ainsi que le cheval développera sans dommage son potentiel maximal.
  6.  

 

 

 

Dans la seconde partie qui suivra, nous verrons les erreurs commises dans le travail, et dues  à une méconnaissance de ce que sont l’engagement des postérieurs, la force propulsive et l’abaissement des hanches. Cette seconde partie ne sera bien évidemment pas sans lien avec la première.

A vos réactions!

RECAPITULATIF DES PRINCIPAUX PAS DE COTE A LA PISTE.

mardi, novembre 1st, 2011
  • L’épaule en dedans (à main droite) : à la piste, le cheval incurvé à droite (dos au pare-bottes), se déplace vers la gauche, donc vers son côté convexe; il déporte ainsi ses épaules vers une piste intérieure. Les membres intérieurs* travaillent en adduction en croisant devant les membres extérieurs qui eux, travaillent en abduction.
  • La contre épaule en dedans (à main droite) : le cheval est en piste intérieure. Incurvé à gauche, il porte ses épaules vers la piste (face au pare -bottes), et se déplace vers la droite, donc vers son côté convexe. Les membres intérieurs travaillent en adduction, et les membres extérieurs en abduction.

*Dans les pas de côté, lorsque l’on parle de l’intérieur ou de l’extérieur, c’est toujours par rapport au pli du cheval. Ainsi, dans l’exemple de l’épaule droite en dedans, c’est le côté droit l’intérieur, tandis que dans la contre épaule droite en dedans, c’est le côté gauche.

  • La tête au mur : (à main droite) il suffit de se représenter une contre épaule en dedans, mais de changer le sens de l’incurvation de sorte qu’alors, le cheval incurvé à droite se déplace vers la droite, vers son côté concave. Le cheval est tourné vers le pare-bottes, ses épaules sont à la piste, et ses hanches en piste intérieure. Les membres intérieurs droits travaillent en abduction, tandis que les membres extérieurs gauches travaillent en adduction.
  • La croupe au mur : (à main droite) même parallèle mais cette fois avec l’épaule en dedans (ce rapprochement n’est fait que pour aider à la représentation de la figure dans l’espace, et doit s’arrêter là. En effet, l’épaule en dedans et la croupe au mur, de même que précédemment, la contre épaule en dedans et la tête au mur, sont des exercices différents qu’il ne faudrait pas confondre). Alors que dans l’épaule en dedans notre cheval était incurvé à droite, il est cette fois incurvé à gauche, ce déplaçant vers la gauche, vers son côté concave. Il tourne le dos au pare-bottes, hanches à la piste, et ses épaules sont en piste intérieure. Les membres intérieurs gauches travaillent en abduction, et les membres extérieurs droits, en adduction.
  • Hanches en dedans , ou ce que j’appelle également cession à la jambe à la piste, et qui est un mouvement dans lequel le cheval est à la piste (à main droite en l’occurence), et déplace ses hanches vers l’intérieur, sans incurvation préalable, simplement la tête très légèrement tournée dans le sens inverse au sens du déplacement du cheval, donc vers la gauche dans l’exemple qui nous intéresse.

Je souligne que ce dernier exercice, du fait du manque d’incurvation qui le caractérise, n’a de valeur que dans la mesure où il initie le cheval à la réponse à la jambe isolée qui déplace les hanches vers l’intérieur, et  l’incite ainsi à effectuer ses premiers croisements de membres.

La gymnastique y est beaucoup moins développée que dans les autres pas de côté, et les « puristes » ont tendance à crier haro sur cet exercice. Personnellement, il m’a parfois bien aidée, très ponctuellement, et pratiqué sur quelques foulées, pour redresser des chevaux et des cavaliers très tordus!

 

 

 

LE CHEVAL ET SES FRAYEURS.

jeudi, septembre 29th, 2011

Voici un post dans lequel je vais de nouveau vous faire part de mon expérience, dans deux situations où le cheval que je montais n’était pas sage.

Le premier cas est une jument (encore Majolie) somme toute assez sage. Je la monte dans une carrière entourée de bois, et le fond de cette carrière ne la laisse pas totalement indifférente. Je m’y arrête toujours en début de séance pour la laisser regarder, écouter, et sentir autant de dangers potentiels qui, bien sûr, m’échappent totalement.

Une fois ce petit rituel accompli, tout se passe comme si de rien n’était. Sauf certaines fois néanmoins, où pour différentes raisons comme par exemple, un temps venteux, la jument manquant de travail dans la semaine bien qu’allant au paddock tous les jours, elle utilise le prétexte du fond de la carrière  pour laisser s’exprimer son excitation.

Il est à souligner qu’en cette circonstance, en plus de chercher à faire des écarts, elle est particulièrement tonique, allant même jusqu’à précipiter si je la laisse faire. Il serait tentant alors, de jouer la carte du mouvement en avant afin de la laisser évacuer son trop plein d’énergie, mais dans ce cas précis, cela ne me paraît pas la bonne solution.

Je précise que la longe ne change rien, et d’autant moins d’ailleurs que pour des raisons physiques, Majolie ne doit pas être longée trop longtemps, trop fort, ni trop souvent.

J ‘obtiens un bien meilleur résultat, pour abaisser son niveau de tension, en lui demandant de trotter doucement dans une attitude assez basse. En vue de passer au fond de la carrière, j’insiste particulièrement sur les aides destinées à l’empêcher de faire un écart vers l’intérieur, mais toujours dans la lenteur. La vitesse accentue la tension, ce qui est parfaitement inutile dans ce cas là!

La jument gagne peu à peu en décontraction, ce qui induit rapidement un « lâcher prise » mental. Et bien que restant vigilante, je peux passer de nouveau à l’endroit posant problème auparavant, sans actions préventives particulières.

Je n’ai malheureusement pas de photos de Majolie ni de Bachkar dans les situations décrites dans ce post.

A la place c’est Wendy, 4ans, un peu timide face au ruban dans le coin de la carrière.

Le second cas est celui d’un jeune cheval de 5 ans que l’on m’a demandé de monter quelques fois cet été. Ce beau KWPN été un très gentil cheval, un peu sur l’oeil, et sans trop d’éducation.

Dans l’établissement dans lequel il a été mis en pension aprés avoir été acheté, il a très vite été considéré, à tort évidemment, comme dominant et dangereux. Un cheval à « mater », a-t-on dit à sa propriétaire!

Et comment travaille-t-on un cheval que l’on doit « mater »? avec des rênes courtes (si l’on écoute les conseils prodigués le plus souvent), en prenant très rapidement le trot parce qu’au pas de toute façon il n’avance pas et qu’il fait des écarts. Au trot, la vitesse est une règle de base, car elle évite au cheval de regarder l’objet de ses frayeurs, elle minimise également les écarts. Idem au galop, et le tout dans un couloir des aides très étroit, cela va de soi ! Il va sans dire que la propriétaire de Bachkar a rapidement mis en doute la pertinence de ces conseils.

Je pense qu’un cheval comme Bachkar doit avant tout chose, être longé, libre de tout enrênement. Il doit travailler sur de grands cercles non contraignants, et être autorisé à faire le fou si le coeur lui en dit. Ensuite, un long travail au pas est nécessaire pour d’une part, revoir la leçon de jambes, et d’autre part, permettre au cheval de passer partout où il a peur en lui laissant le temps de reprendre confiance.

Lorsque le cheval s’emploie au pas, dans le calme et en s’articulant, les rênes assez longues, le moment de prendre le trot est venu. Le travail dans cette allure se fait dans une cadence lente, afin de ne pas faire monter la pression en cas de tension. En effet, quand le cheval prend peur, il cherche à fuir or, la fuite est liée à une vitesse accrue. Si vous rentrez dans ce système d »‘impulsionner » à outrance, vous cautionnez la fuite. La lenteur permet au cheval de mieux appréhender son environnement, elle lui permet d’être plus décontracté, et s’il commence à se tendre, le cavalier sent tout de suite la différence, ce qui lui permet d’agir mieux et plus vite.

Je n’ai pas précisé que les rênes étaient toujours d’une bonne longueur afin de laisser toute liberté à l’encolure : plus un cheval est »coincé », plus il a l’impression qu’il ne peut fuir en cas de danger, ce qui est un facteur de stress supplémentaire.

Dans le cas de Bachkar, j’ai galopé dans le même état d’esprit qu’au trot, sans le bousculer et avec des rênes longues. Il m’a tout de même pris la main une fois, se sentant libre de toute contrainte et ayant beaucoup de tensions accumulées à évacuer. Remis en ordre gentiment, il n’a plus recommencé.

Il faut croire en ce travail, qui offre  beaucoup de satisfaction. Dès lors que l’on accorde sa confiance au cheval, le retour est rapidement positif car il y trouve son compte sur toute la ligne!

ATTENTION AUX DEFENSES QUI N’EN SONT PAS!

vendredi, septembre 9th, 2011

Voici une mise en garde tirée de mon expérience.

Le contexte est le suivant : j’ai commencé l’apprentissage du pas espagnol avec Majolie. Je l’ai bien sûr entamé à pied à côté d’elle, pour le poursuivre dans le travail monté. Je tiens à souligner que j’ai gardé les demandes de « jambettes », systèmatiquement avant de la monter, comme exercice pour lui délier les épaules qu’elle a un peu nouées en début de séance, et cela lui fait beaucoup de bien.

object width= »420″ height= »345″>
Vidéo mystère!! (En fait, je tenais la jument d’une main, l’appareil del’autre, et pas dans le bon sens…)

Donc, pour en revenir au véritable propos de ce post, alors qu’elle commençait à bien dérouler ses épaules au pas espagnol en main, elle avait encore beaucoup de difficultés montée, ne serait-ce que pour donner la moitié de ce qu’elle pouvait donner dans le travail à pied. J’ouvre encore une parenthèse pour mettre en évidence que c’est bien là la preuve qu’il n’est en rien anodin de monter sur le dos d’un cheval (même grand) et que, par ce fait, on leur provoque une gêne certaine!

Ayant donc des difficultés, la jument se traversait, se décalait, ou bien encore n’alternait plus. En bref, beaucoup de désorganisation.

J’ai évidemment voulu mettre de l’ordre dans tout cela, en faisant des corrections très précises. Majolie, aprés avoir levé un membre, a fait mine de ce lever, comme si elle pensait à se mettre debout. Je l’ai reportée en avant, puis j’ai recommencé…et elle aussi!

J’ai pris le temps de la réflexion pour réaliser que ce n’était pas du tout une défense, mais une incapacité à faire face à des corrections trop exigeantes de ma part. Le vrai problème est que j’exigeais trop de rectitude au moment de l’élévation du membre. Comme je l’ai dit dans un post précédent, elle a d’assez grosse smasses musculaires, et gênée par mon poids sur ses épaules, elle avait absolument besoin de se décaler un peu avant chaque lever d’antérieur.

Avoir moins d’exigence m’a permis de gagner en fluïdité, en calme, et finalement en rectitude, bien qu’avec moins d’élévation, mais cela viendra en son temps.

Comme pour n’importe quel exercice, savoir doser l’effort demandé à l’élève et être patient est souvent un gage de réussite!

Et la plus grande leçon à tirer de cet exemple est qu’il ne faut pas se fâcher avant d’avoir analysé avec recul une situation!!

la patience

UN CHEVAL QUI TREBUCHE.

dimanche, août 28th, 2011

Voici quelques photos promises en plus!

Qui n’a jamais fait la désagréable expérience de monter un cheval qui trébuche, semblant butter contre un obstacle imaginaire, ou flanchant d’un antérieur, comme si celui-ci se refusait subitement à fonctionner?

Pire encore! Qui n’a jamais vu son intégrité physique rester entre parenthèses durant les trois secondes pendant lesquelles le cheval parcourt à genou la moitié du petit côté, tentant désespérément de recouvrir son équilibre sous l’étreinte angoissée de son cavalier ?

Ces situations, pour autant qu’elles soient désagréables, ne s’assimilent pas à une fatalité irrémédiable.

Ce genre de problèmes arrive lorsque le cheval est sur les épaules. Ce n’est pas un scoop, me direz vous!

Non, bien sûr, mais il reste à définir ce qu’est un cheval sur les épaules, et quelles corrections apporter pour qu’il ne le soit plus, et , dans le cas qui nous intéresse, qu’il ne trébuche plus.

Pour ma part, je pense que le fait qu’un cheval soit, ou ne soit pas sur les épaules, n’est pas tant lié au type d’équilibre dans lequel il se déplace, que sa capacité à évoluer correctement et de façon autonome, dans n’importe quel équilibre, sur les hanches ou non. Il est fréquent de voir des cavaliers sanctionner  leur monture, lorsque celle-ci trébuche, en la reportant en avant et en lui relevant  vigoureusement la tête afin de la remettre sur les hanches. Ceux sont ces même cavaliers qui pensent que si leur cheval pèse, précipite ou ne se tient pas, c’est qu’il est sur les épaules et qu’il faut forcément le « remonter ».

Très bien, mais qu’en est-il du jeune cheval qui n’en est pas au stade de son apprentissage où il peut travailler sur les hanches? Et qu’en est-il également de celui qui a le dos tellement creux qu’il a besoin d’une cure de travail en extension d’encolure?

Il me parait souvent plus intéressant, plus efficace, et plus respectueux de l’intégrité physique du cheval, d’amener ce dernier à développer la légèreté et l’autonomie, afin de le voir mieux fonctionner, sans obligatoirement modifier l’équilibre dans lequel il travaille, du moins pendant un certain temps. C’est aussi une question de respect des aides, auxquelles le cheval ne doit pas se « coller »!

J’ai deux exemples à vous livrer :

Le premier, celui d’un grand poney dominé pas une avant-main puissante, et présentant une relative faiblesse des hanches.

Lorsque j’ai commencé à faire travailler Noyalo et sa cavalière, le galop était pour celle-ci une allure très anxiogène, car présentant un danger potentiel. En effet, Noyalo galopait vite, bas et lourd, et trébuchait violemment, relativement souvent.

Désormais, ce poney galope toujours bas, mais ne pèse plus, ne fuit plus, reste rond et surtout, ne trébuche plus du tout.

L’éventualité de faire galoper Noyalo sur les hanches était à l’époque  inenvisageable. Elle est aujourd’hui encore prématurée. Néanmoins, la progression reste constante, et la qualité du galop ne cesse de s’améliorer.

La responsabilité de cette amélioration revient essentiellement à la recherche permanente de la légèreté, au refus quasi systématique  de l’appui du cheval sur la main.

Au galop sur le cercle, un galop énergique sans toutefois être trop rapide, la cavalière a toujours veillé à obtenir un maximum de disponibilité de l’encolure,de la nuque et de la bouche. Cela demandait énormément d’efforts à Noyalo, obligé de s’organiser différemment afin de ne pas s’appuyer, donc de trouver un autre équilibre. Moyennant quoi, cette nouvelle organisation lui a permis de mieux articuler son dos, ses épaules, ses antérieurs, et par voie de conséquence, de ne plus trébucher!

Le second exemple est celui de Majolie, très grande jument d’1m84 (pour ceux qui ne le savent pas encore), qui a plus de facilité à se mettre sur les hanches, mais pour qui toute organisation dans le travail demande plus d’efforts qu’à un cheval d’une taille plus ordinaire.

Elle est très agréable à travailler, mais a une masse telle à mouvoir que pour chaque demande, un laps de temps légèrement plus long qu’avec un autre est nécessaire à l’obtention de la réponse. De même, le cavalier se doit d’avoir une présence légèrement accrue.

Majolie n’est pas lourde au travail, malgré sa corpulence, mais au galop, si elle ne donne pas totalement sa bouche, elle est à même de trébucher très désagréablement, quelle que soit son équilibre.

Lorsque l’on a compris que la solution est dans la recherche de la mobilisation de tous ses effort, en vue de l’autonomie totale de son avant main, elle peut galoper grandie, ou bien tête en bas, doucement et rênes flottantes, sans aucun soucis.

 

ENCORE ET TOUJOURS LA LEGERETE!

mercredi, juillet 20th, 2011

Le choix de travailler dans la légèreté ne doit pas se faire uniquement sur des critères esthétiques, ou de mode.

A mon avis, si l’on veut d’une part, développer la coopération mentale  du cheval dans le travail, le rendre plus autonome, en quelque sorte plus intelligent, et d’autre part, développer l’harmonie découlant de la complémentarité entre le musculaire mobilisateur et le cybernétique, le choix du travail dans la légèreté s’impose, et devient même une obligation.

En effet, au début de son apprentissage, si à chaque fois que le cheval est mis dans la descente des aides et qu’il ne la respecte pas, son cavalier lui indique que ce n’est pas la bonne conduite à tenir, et qu’il faut en choisir une autre, alors son mental sera mobilisé en vu d’un autre choix.

De plus, et c’est aussi très important, pour accéder aux réponses plus fines attendues par le cavalier, et nécessitées par ce travail en descente des aides, le cheval va développer petit à petit une motricité plus fine. Ce type de motricité fait appel aux muscles proprioceptifs ou cybernétiques qui possèdent une innervation très riche et qui assurent une motricité très précise. Ces muscles se retrouvent en profondeur, notamment autour de la colonne vertébrale, et sont en contact avec les enveloppes capsulaires et ligamentaires. Ils possèdent en outre, de nombreux capteurs sensoriels. Ce sont ces muscles qui permettent au cheval de sentir le souhait du cavalier, et d’y accéder le plus précisément possible.

Le but est bien sûr d’obtenir un juste équilibre entre l’utilisation des muscles mobilisateurs, dits de gymnastique, intervenant sur les leviers les plus forts et les plus importants, assurant mobilité et puissance ,et étant  relativement peu innervés, et l’utilisation des muscles proprioceptifs.

En conclusion, je dirai que, selon mon humble avis, la recherche de la légèreté, dans le calme et en évitant le plus possible les conflits, amène le cheval à plus d’écoute, d’intelligence dans le travail, et aussi à une réponse locomotrice plus fine,  plus adaptée et engendrant moins de fatigue musculaire.

PETITE ASTUCE.

mercredi, juillet 6th, 2011

Votre cheval répond très bien à la voix en longe et/ou en liberté,  lorsque vous lui demandez de partir au galop.

Par ailleurs, il part sans problèmes particuliers sur le bon pied.

Néanmoins, il peut lui arriver de partir sur l’autre pied par négligence.

Dans ce cas, ne repassez pas au trot, mais reformulez l’ordre vocal pour un nouveau départ au galop…du galop à faux. Peut-être faudra-t-il le lui demandez deux ou trois fois, toujours très calmement bien sûr, et il ne serait pas étonnant que votre cheval vous donne un changement de pied.

S’il ne change pas ou bien s’affole, n’insistez pas, et repassez à l’allure inférieure avant de repartir, mais réessayez régulièrement.

Voici un moyen tout simple de familiariser le cheval avec les changements de pied, dans le calme et sans contrainte!

J’ai pu constater que les fortes chaleurs n’étaient pas propices à la rédaction de commentaires, mais tout de même, si vous essayez cet exercice, donnez nous un retour des résultats que vous obtiendrez!!

Sinon, bonnes vacances à tous!

PLACER SON CHEVAL A LA LONGE.

dimanche, juin 12th, 2011

Au risque de décevoir beaucoup de lecteurs, j’écris ce post sans avoir de conseils particulièrement efficaces à proposer pour qu’ un cheval travaille rapidement dans la bonne attitude à la longe.

Beaucoup de bons dresseurs, comme Michel Henriquet ou Bernard Chiris, pour ne citer qu’eux, mettent des enrênements pour travailler leurs chevaux en longe. Moi, je ne le fais pas, et donc, les résultats que j’obtiens sont plus longs, et donc moins spectaculaires.

 

Je pars du principe que le temps de la longe est le temps de l’échauffement et de la possibilité, pour le cheval, d’évacuer un potentiel trop plein d’énergie. Par conséquent, je ne désire pas le contraindre par des moyens pouvant être éprouvants pour sa musculature et risquant d’inhiber ses réactions de gaitée.

Je pourrais, bien sûr, ce temps écoulé, mettre un enrênement et commencer à travailler sérieusement. Mais alors, je pense que le temps passé à tourner à la longe serait trop long, et non recommandé pour un grand nombre de chevaux. L’idéal, à la longe, est d’avoir la possibilité de marcher large fréquemment. Mais ceci n’est possible qu’à la condition d’avoir accés à la carrière ou au manège, ce qui n’est pas toujours le cas. En effet, souvent seul le rond de longe accepte les longeurs!

Pour revenir à l’enrênement, je pense qu’il peut être utile en cas de rééducation suite à un problème particulier et sur les conseils d’un très bon vétérinaire!

Pour autant, ce n’est pas parce que l’on enrêne pas que l’on ne doit pas s’appliquer à suivre certaines règles importantes :

  • Avoir un matériel adapté.
  • Travailler dans la cadence qui convient au cheval, et non en le « bousculant » en permanence. C’est aussi parce qu’un cheval travail dans le calme, qu’il finit par se décontracter, et lâcher son encolure vers le bas.
  • Etre à la bonne place par rapport à son cheval.
  • Trouver le bon compromis entre « pousser, prendre et rendre », ce qui amène progressivement le cheval à s’incurver. Et dès lors qu’il s’incurve, il commence à élastifier son dos et à baisser l’encolure, dans un placer « bas et long ».

Je vous joins plusieurs liens concernant d’autres post sur le travail à la longe auxquels vous accèderez  « en cliquant ici » (attention, à partir de ce lien vous pouvez accéder à deux post!). La formule magique pour accéder aux liens étant « en cliquant ici », je vous invite à cliquer sur tous les « en cliquant ici » rouges ou bleus, afin d’accéder à plusieurs post différents, publiés précédemment.

RETOUR SUR LA PIROUETTE AU PAS.

dimanche, juin 5th, 2011

Pour les lecteurs qui ne naviguent pas sur le blog, voici un post déjà écrit voici plusieurs mois, mais complété de nouvelles indications indiquées en bleu, et accompagné de nouvelles photos.

Essai de descriptif:

Le cheval décrit un petit cercle avec ses postérieurs, tandis que ses antérieurs décrivent un cercle concentrique plus grand autour de ces derniers ( déplacement côté concave, le cheval étant incurvé dans le sens du déplacement et regardant donc ses hanches).
Une plus grande amplitude de mouvement est demandée aux épaules afin qu’elles précèdent les hanches.
Le cheval croise son postérieur et son antérieur externes par dessus son postérieur et son antérieur internes. Les membres externes travaillent essentiellement en adduction.

  Ici, la jument n’a pas le chanfrein vraiment à la verticale, et bascule un peu la nuque vers l’intérieur!

On voit que ces deux chevaux ont besoin de travailler cet exercice, afin d’améliorer l’abaissement des hanches!

La pirouette a pour but d’apprendre au cheval à s’équilibrer en se grandissant et en abaissant ses hanches, et par voie de conséquence, à s’alléger du devant et à renforcer la musculature de son l’arrière- main.

Pré-requis:

Le cheval doit être à l’aise dans tous les pas de côté, particulièrement dans les appuyers, puisque les aides de base sont les mêmes. Cela semble être une évidence, néanmoins, il ne s’agit pas seulement d’effectuer ces exercices, deux points me paraissent très importants à surveiller :

Les déplacements latéraux doivent être faits avec un grand souci de finesse dans l’emploi des aides, afin que le cheval apprenne à répondre avec beaucoup de sensibilité aux demandes de son cavalier, ce travail demandant des corrections rapides et subtiles.

Le cheval ne doit en aucun cas perdre son impulsion. Il doit rester énergique, sous peine de « s’acculer », en s’écrasant sur ses postérieurs, et sans pouvoir détacher correctement ces derniers du sol.

Précisons tout d’abord, que lorsque tout se passe correctement, le cavalier, après avoir légèrement ployé sa monture vers l’intérieur, déplace et contrôle les épaules à l’aide de sa rêne extérieure, tandis que sa jambe extérieure, en arrière de la sangle, empêche les hanches de déraper et donc, le postérieur externe de s’écarter vers l’exterieur, au lieu de chevaler par dessus l’autre, vers l’intérieur. L’assiette et parfois la jambe intérieure à la sangle, maintiennent l’impulsion.

 

J’insiste tout particulièrement sur l’état d’esprit avec lequel le cavalier doit aborder sa pirouette. Il ne doit  être relâché ni mentalement ni physiquement, comme s’il était dans un état trop neutre, par exemple dans une détente appaisante en descente d’encolure.

J’entends par là que la pirouette, comme tous les exercices qui requièrent de la part du cheval une attitude rassemblée, demande au cheval énergie, concentration et brillant, et le cavalier doit être dans les mêmes dispositions : redressement du buste, tension du dos , assiette profonde et impulsive, et réactivité mentale.

Ceci est très important, et pour une même utilisation des aides, peut tout changer!

Trop d’application peut ôter du brillant. Il fait mettre beaucoup de vie dans cet exercice!

Problèmes rencontrés.

Parmi les problèmes rencontrés par le cavalier en cours d’apprentissage de la pirouette au pas, en voici quelques uns rencontrés fréquemment :

  • Le cavalier déplace les épaules de son cheval par une rêne d’appui externe, celui-ci risque de perdre son pli, et de se voir un peu brusquement déséquilibrer vers l’intérieur en tombant sur son épaule interne, interdisant au cheval toute possibilité de s’équilibrer sur les hanches.  Alors, les hanches vont très certainement chasser à l’extérieur du cercle, le postérieur externe s’écartant en travaillant en abduction, et non plus en adduction.
  • Le cavalier utilise trop fort sa jambe extérieure de peur de voir les hanches déraper : le cheval « s’entable ». Les hanches précèdent les épaules qui ne tournent plus autour de ces dernières, les antérieurs ayant beaucoup perdu de leur amplitude de mouvement.
  • Une réaction identique peut avoir pour origine un emploi trop important de la rêne intérieure. En effet, pour marquer le pli, le cavalier fait une rêne contraire interne qui peut bloquer les épaules et les contrarier dans leur déplacement vers l’intérieur. Les hanches de ce fait, vont précéder les épaules.

Trop de pli d’encolure, sur cette photo!

  • Poids du corps du mauvais côté, vers l’extérieur, ce qui n’aide pas le cheval à aller vers l’intérieur.

Rectification du poids du corps sur la seconde photo.

Les épaules doivent toujours donner l’impression de vouloir passer en avant des hanches!

Proposition de quelques « remèdes ».

Dans le premier cas, le cavalier devrait plutôt se grandir en se redressant sur une rêne directe extérieure agissant en direction de la hanche du même côté. Toutefois, cette action est associée à un léger rapprochement de cette rêne vers le garrot, provoqué par une subtile rotation du buste vers l’intérieur pour inviter les épaules à tourner.
Pour ce qui est du second cas, attention! La jambe n’est pas toujours là pour mettre les hanches à l’intérieur, mais pour les empêcher d’aller à l’extérieur. Tout est question de nuance. Il suffit très certainement de modérer l’action de cette jambe, pour voir la situation s’améliorer.

Enfin, dans le dernier cas, en décollant la main intérieure du garrot, et en transformant la rêne contraire en rêne directe, ici encore, l’amélioration peut être instantanée. Méfiance pourtant! Cette rêne directe est délicate à utiliser et ne doit en aucun cas exercer une traction vers l’arrière, elle pourrait provoquer l’effet inverse et faire chasser les hanches. Le cavalier ne doit pourtant pas renoncer à l’employer, mais au contraire, s’appliquer à garder la main bien fixe, et pour marquer son action, à tourner légèrement son poignet vers l’extérieur en fermant les doigts sur la rêne.

Il ne faut pas oublier non plus, qu’un cheval qui manque de force aura besoin qu’on le laisse un peu avancer dans les débuts de l’apprentissage de cet exercice, sous peine de le voir éventuellement reculer, ce qui est plus ennuyeux.

N’hésitez pas à rebondir sur ce post!