Ces magnifiques fresques sont à voir au château d’Anjony (XVe siècle), dans le Cantal.
Elles représentent huit des Neuf Preux.
Les Neuf Preux viennent de l’Antiquité grecque et romaine comme Hector, Alexandre ou César, de la Bible comme Josué, David ou Judas Maccabée, du merveilleux chrétien comme le roi Arthur des chevaliers de la table ronde, Charlemagne des chansons de geste ou Godefroy de Bouillon des chansons de croisade.
Réunis pour la première fois sous la plume de Jacques de Longuyon en 1312, dans les
Voeux du Paon, ces héros de l’histoire, de la littérature et de la légende, nés à des époques bien différentes, apparaissent comme de preux chevaliers du Moyen Âge.
Les Neuf Preux sont les incarnations de l’idéal chevaleresque de cette époque, du XIVe au XVIe siècle. Ils sont les personnages de la légende épique, non ceux de l’histoire, même si la tradition leur donne des armoiries.
Malheureusement, au XVIIIe siècle, pour des raisons d’aménagements intérieurs, une fenêtre fut percée, détruisant ainsi David, le Preux manquant actuellement.
Chers fidèles lecteurs, je ne vous abandonne que le temps de prendre quelques jours de vacances, et vous promets de reprendre l’écriture de nouveaux post dès mon retour.
Voici une vidéo prise (non par mes soins) début Mai aux Invalides lors d’une des représentations de gala données par le Cadre Noir en compagnie de la Légion Etrangère.
Nous voyons une écuyère travailler un étalon Alter Real aux longues rênes. Il faut souligner qu’il est très rare de voir une femme travailler aux longues rênes à ce niveau!
Cette présentation très aboutie représente, à n’en pas douter, beaucoup d’heures de travail!
Le cheval est beau, calme, et très à l’écoute.
Permettez-moi de vous donner plus généralement mon avis sur le travail aux longues rênes, que j’ai un peu pratiqué, mais que je pratique de moins en moins.
En raison de l’éloignement des mains du dresseur par rapport à la bouche du cheval, et aussi de la démultiplication de la force des actions de main, il est extrêmement difficile, voire impossible, d’avoir la même légèreté que lors du travail monté.
Même le Maître en la matière, Philippe Karl, n’y parvient que très peu.
Je recommande d’ailleurs, pour ceux qui voudraient en savoir plus sur cette discipline, la lecture de son excellent livre : “L’emploi des longues rênes”, qui fait office de référence.
Ce livre nous montre fréquemment le même exercice effectué par le même cheval, tantôt aux longues rênes, tantôt monté, et il est intéressant de constater que très souvent le cheval monté est léger, avec des rênes très légèrement détendues, tandis qu’aux longues rênes, il est dans un bon équilibre, mais avec un contact plus prononcé sur son mors et la commissure des lèvres étant presque toujours tirée vers l’arrière.
Je pense pour ma part, qu’il est plus facile d’obtenir cet légèreté, que je chéris tant et qui représente pour moi le preuve de l’aboutissement d’un bon travail, par le travail monté et par la travail à pied, que par le travail aux longues rênes. La raison étant essentiellement la proximité de la main avec la bouche du cheval.
Et malheureusement, le travail de l’écuyère de talent de la vidéo n’échappe pas à cet règle.
De plus, si j’ai bien observer cette présentation, il me semble, mais je n’en suis pas certaine, que le cheval a une muserolle allemande fixée sous le mors.
Si c’est le cas, quel dommage, et de toute façon alors, adieu belle flexion de mâchoire et légèreté allant de paire!
Voici une vidéo montrant un demi-tour autour des épaules un peu plus abouti que les précédents. (voir post du 02 01 2010)
La cavalière aurait pu, néanmoins, arrêter plus rapidement son cheval à l’issue de l’exercice.
Pierre de Coubertin a dit : “l’important n’est pas de gagner, mais de participer”
… et de prendre de jolies photos.
Je vous invite à suivre les débuts d’Irène et de Daniel en compétition.
Comme les tenues l’indiquent, l’épreuve D2 regroupait des cavaliers du circuit des Masters ibériques, et des cavaliers du circuit officiel, tous jugés par les mêmes juges.
Ce petit post s’adresse aux cavaliers qui sont en cours de stabilisation de leur position et qui ont parfois des difficultés à partir au galop du trot.
Plusieurs raisons peuvent justifier ces difficultés, mais il est une raison pour laquelle j’aimerais donner un petit conseil.
Souvent, lorsqu’un cavalier est au trot enlevé et qu’il souhaite déclencher un départ au galop, il se remet au trot assis pour faire sa demande. Ce n’est bien sûr pas blâmable s’il le fait correctement. Seulement voilà, c’est souvent malheureusement l’occasion pour lui de modifier son équilibre et de ne plus être en harmonie avec son cheval. Il avance trop sa jambe intérieure, sous prétexte de “faire passer son bassin” il se met en arrière, creuse son ventre et de ce fait , reculant exagérément son centre de gravité, n’est plus en accord avec sa monture.
Cela suffit à produire un départ de mauvaise qualité : non immédiat, en déséquilibre, aprés plusieurs foulées de fuite en avant, voire pas de départ du tout.
Le cavalier doit évidement continuer à travailler sa position jusqu’à obtenir un équilibre favorable aux transitions, mais conjointement il peut faire des départs au galop en restant au trot enlevé jusqu’au galop, sans se rasseoir dans les dernières foulées. Cela empêchera son corps de se contracter comme il le faisait au trot assis.
C’est déroutant les premières fois, mais c’est étonnant aussi de voir comme le cheval est plus à l’aise et comme les départs sont plus fluides.
L’enseignement de Francisco Bessa de Carvalho, écuyer depuis plus de vingt ans à l’école d’art équestre de Lisbonne, repose sur des fondements très classiques. Par classique j’entends, issus de la tradition équestre du 18e siecle : disponibilité des hanches et des épaules, grâce à un travail gymnastique important. Pour ce faire, l’importance est donnée aux petits cercles,
certains pouvant aller jusqu’à 6m de diamètre,
et aux pas de côtés : épaules en dedans, appuyers, têtes au mur…
Selon le niveau des chevaux, ces exercices peuvent être effectués aux trois allures.
A travers les enchainements serrés, voire très serrés… de ces figures et déplacements latéraux, l’écuyer recherche également la disponibilité mentale du cheval. N’est-ce pas là la véritable impulsion?
Jamais “Quico”, puisque c’est ainsi que tout le monde l’appelle, ne nous fait “bousculer” notre cheval : plutôt que la vitesse, il recherche la réactivité. De nombreuses transitions en tous genre sont alors exécutées. Ce travail emmène les couples les plus avancés jusqu’au rassembler : passage, piaffer.
Cet homme de cheval, dont la réputation n’est plus à faire, montre envers les cavaliers et leurs chevaux un grand respect. Jamais il n’élève la voix et reste courtois en toutes circonstances. Certains ou plutôt certaines cavalières françaises qui donnent parfois des stages, pourraient en tirer des leçons. Quico prodigue des conseils spécifiques et avisés pour chaque élève et offre aux chevaux de fréquentes phases de repos durant lesquelles les points importants qui viennent d’être vus sont résumés.
Bref, au risque de me répéter : un vrai bonheur de travailler avec cet écuyer!
Monitrice d’équitation, spécialisée dans le dressage classique.
Elle enseigne à des cavaliers propriétaires lors de stages ou de cours individuels à domicile.