Archive for the ‘Réflexions’ Category

PRÉPARATION D’UN EXERCICE.

samedi, janvier 18th, 2014

La meilleure façon de préparer un exercice n’est pas celle qui consiste en un regain de concentration ou d’application de la part du cavalier juste au moment de faire l’exercice.

Le plus sûr moyen d’obtenir un bon résultat, est de veiller en permanence à la qualité de l’allure et de l’attitude du cheval, de manière à pouvoir faire n’importe quelle transition, montante ou descendante, ou à pouvoir tourner, à tout instant.

Les seules limites au choix des exercices sont bien évidemment les capacités du cheval, et du cavalier!

Les enseignants sont les premiers responsables quand ils demandent à leurs élèves de se préparer à exécuter tel ou tel exercice par ce genre d’injonction : « Préparez-vous pour marcher au trot, marchez au trot! » Et hop! En quelques secondes, préparation puis exécution!!

Lorsque le cavalier se prépare au dernier moment, il agit dans l’urgence, réunissant subitement tous les moyens qu’il pense indispensables pour lui assurer la réussite de l’exercice. Le cheval est alors comme assailli de toutes parts, il se contracte, c’est de bonne guerre, et fournit un résultat souvent bien peu satisfaisant!

Un travail bien mené offre plusieurs bénéfices : d’abord celui d’avoir un cheval juste qui, au fil des séances, améliore son état physique et son état psychique,  mais aussi, et c’est bien là le sujet de ce post, pour le cavalier, un moyen d’avoir plus de facilité à aborder les exercices, le cheval étant mieux préparé!

Une séance de travail, même courte, doit se tenir du début à la fin! Dès lors que le cavalier ajuste ses rênes il doit penser à travailler, non pas nécessairement pour faire un exercice ou une figure compliqués, mais pour avoir un cheval attentif et disponible, prêt alors pour enchaîner le travail avec plus de liant et d’aisance.

Lorsque j’entends un cavalier (et pas forcément un débutant) dire qu’il s’ennuie vite en dressage car rapidement il ne sait plus quoi faire, je me dis qu’il n’a pas vraiment compris qu’un cheval « se travaille » avant tout pour lui-même, pour son bien-être, pour qu’il ait le moins de difficultés possibles à évoluer sous la selle de son cavalier. Bien sûr les figures et autres mouvements sont utiles, mais le seul fait de marcher à la piste ou de passer un coin est un vrai travail en soi. Faire une figure n’a de valeur que s’il y a une véritable recherche d’amélioration de l’attitude du cheval.

Un enseignant se doit d’inculquer cette philosophie de travail le plus tôt possible dans la carrière d’un cavalier! Il n’est jamais trop tôt pour commencer à bien faire. Le jeune cavalier fera ce qu’il pourra, mais au moins dans un état d’esprit juste.

Une bonne séance est comme un puzzle, chaque pièce devant être à sa place. N’importe quel puzzle, aussi simple soit-il, demande d’être fait avec rigueur. Il en va de même pour une séance de travail d’un cheval!

 

DE L’IMPORTANCE DU DOS!

dimanche, janvier 5th, 2014

On constate fréquemment qu’un cheval exécute mieux un exercice lorsque le cavalier utilise son dos lors de la demande.

Bien sûr il n’est pas question ici d’un exercice qui serait exclusivement demandé sur seul ordre du dos, comme il pourrait s’agir dans le cas d’un cheval qui aurait  appris par exemple, à s’arrêter quand le cavalier se penche en arrière…ou en avant, peu importe. Là, il s’agirait d’un apprentissage par association, qui n’est pas le propos de ce post.

Non, ici j’aimerais évoquer le dos comme aide « sublimant » les autres aides. J’aurait pu dire « renforçant », mais ce mot ne me plaît guère car il n’induit pas la notion de mise en valeur des autres aides.

Le cavalier qui utilise son dos correctement, avec tonicité, utilise ses aides avec plus de délicatesse!

Mais le dos a un autre effet, et non des moindres, celui de mobiliser le mental  et le physique du cheval. Je n’apprendrai à personne qu’un cheval est une véritable éponge qui absorbe tous les états de son cavalier pour les faire siens. Que le cavalier soit tonique, et son cheval va se tonifier. Si le cavalier tonifie son dos, il envoie des informations à sa monture qui mobilise son mental, pour à son tour tonifier sa ligne du dessus.

Monté ainsi, chaque cheval, en fonction de ses capacités, est prêt à exécuter ce qu’on lui demande de façon optimale.

Attention toutefois, un dos tonique n’est pas un dos rigide qui ferait plus de tord que de bien! Un dos tonique garde une certaine souplesse.

D’ailleurs, le bon cavalier doit aussi savoir « mollir » du dos, s’il se trouve sur un cheval lui-même rigide, ou bien tendu nerveusement.

En conclusion, la bonne utilisation du dos est la garantie d’une utilisation plus précise et plus subtile des aides!

LE CHEVAL DROIT SUR SON CERCLE.

dimanche, octobre 27th, 2013

La notion de rectitude sur le cercle ne s’oppose pas à la notion d’incurvation, mais à la notion de torsion.

En effet, dans la mesure des possibilités structurelles de son rachis, le cheval doit épouser de façon harmonieuse le cercle qu’il est en train de décrire.

S’il ne se ploie pas assez, c’est qu’il est raide et manque de gymnastique,  s’il se ploie trop, et c’est ici que la notion de torsion apparaît, il faut le redresser.

Le cheval droit sur son cercle, donc incurvé correctement, est un cheval qui n’échappe pas des épaules, ne tombe pas à l’intérieur, ne chasse pas les hanches, ne bascule pas la nuque, et qui peut ainsi libérer pleinement son énergie (contrôlée bien évidemment), tout en offrant une agréable légèreté.

A suivre, retour sur les transitions galop-trot…

LES BONNES RÉSOLUTIONS DE LA RENTRÉE!

mardi, septembre 3rd, 2013

Profitons de cette nouvelle rentrée pour reformuler clairement nos objectifs de travail avec notre cheval!

Chevaux et cavaliers ont bien souvent fait une pause estivale. Les premiers la prolongeraient bien volontiers, tandis que les seconds piaffent d’impatience à l’idée de  reprendre l’activité de leur monture!

Ne serait-ce pas le moment de repartir sur de bonnes bases? Avec une vraie  philosophie de travail?

J’aimerais insister tout particulièrement sur un point qui me semble primordial, et qui est la condition sine qua non pour dire qu’ un dressage est de qualité.

Lorsque vous faites faire un exercice à votre cheval, demandez-vous si les actions mises en place pour sa réalisation sont vraiment « lisibles »  par celui-ci : que veut dire cette action de main ou cette autre, que signifie cette action de jambe?

Avant de poursuivre en insistant, au risque de transformer votre séance en séance de musculation, assurez-vous que chaque étape est comprise, car demandée simplement et sans confusion possible pour le cheval.

Si l’on prend l’exemple d’une épaule en dedans paraissant  bien exécutée, on constate que le cheval rentre dans le cadre des aides de l’épaule en dedans. Mais si le dressage est très bien mené, cela veut dire qu’auparavant, le cheval a appris à répondre parfaitement à une simple jambe isolée, et à mobiliser de façon optimale ses épaules sur un simple déplacement des mains, de sorte qu’au moment de la demande de l’épaule en dedans, le langage des mains et des jambes lui est plus compréhensible.

Ne faîtes pas que modeler le physique de votre monture, comme vous le feriez avec un matériau sans vie!

Soyez dans une démarche didactique, afin de développer également les facultés cognitives de votre compagnon équin!!

A MEDITER!

samedi, avril 27th, 2013

« Une contraction est une contre-action »

 

Qu’en pensez- vous?

Dans l’attente de vos avis et réactions…

(Surtout, n’hésitez pas!!)

LES TROIS GRANDES ETAPES DE LA FORMATION DU CAVALIER.

lundi, mars 18th, 2013

A voir de nombreux cavaliers évoluer dans leur pratique de l’équitation, j’ai l’impression que trois grandes phases se détachent de l’ensemble d’un parcours équestre, de son point de départ jusqu’à son aboutissement.

1ère phase : dissociation des aides;

2ème phase : accord des aides;
3ème phase : indépendance des aides.
Ces trois grandes périodes s’imbriquent nécessairement les unes dans les autres, le cavalier débutant devenant un jour confirmé, et le cavalier confirmé, après de longues années de travail, devenant un cavalier (voire un écuyer) abouti, admiré par ceux qui le regardent.
Le débutant découvre d’abord un nouvel équilibre, puis les aides et leur emploi. N’étant pas stable, il a des difficultés à coordonner ses mouvements, et ne peut en général n’utiliser que ses jambes ou ses mains à la fois, les unes servant bien souvent à se tenir au cheval tandis que les autres agissent. Il est dans la dissociation des aides,(non volontaire). Le dosage des aides et la décontraction sont encore bien loin.
A force de persévérance, ce cavalier se stabilise, maîtrise mieux ses gestes, et parvient même à utiliser ses mains et ses jambes simultanément, accédant ainsi progressivement au statut de cavalier confirmé.
Le cavalier confirmé possède désormais un bon équilibre, et n’éprouve donc plus la nécessité de se « raccrocher » à sa monture. Par le biais d’ exercices de plus en plus complexes, le travail sur l’accord des aides s’installe, et s’améliore de plus en plus.
Cette phase est longue. Certains, qui sont le plus grand nombre d’ailleurs, n’iront jamais au delà et s’en accommodent parfaitement, pensant parfois qu’ils sont arrivés à une entière maîtrise de la technique, et qu’ils n’ont plus qu’à apprendre des exercices de plus en plus difficiles à leur cheval.
Pour d’autres, la tâche est ingrate. Ils savent qu’il reste encore beaucoup de travail. Le plus délicat, mais le plus beau, reste encore à atteindre : l’aisance totale !
Parce qu’ils cherchent et se remettent en question, ceux-là n’ont pas une progression tout à fait linéaire. De grands bonds en avant, à ce qui leur semble être des régressions vertigineuses, ils avancent lentement (mais sûrement) vers l’ultime étape.
A ce stade, la frustration est parfois grande pour ces cavaliers dont on pourrait dire qu’ils en savent trop, ou pas assez. En effet, ils n’ont plus l’innocence du débutant qui va en quelque sorte à l’essentiel par des moyens, certes grossiers, mais fort simples, et ne possèdent pas encore la dextérité  du cavalier abouti dont les actions paraissent d’une simplicité absolue tant elles sont fines!
A ce stade souvent, les actions sont trop nombreuses, souvent trop compliquées et parfois maladroites. Une seule raison : une maîtrise imparfaite du corps.
Lorsque le cavalier confirmé aura dépassé ce dernier handicap, il aura enfin atteint la dernière étape qui fera de lui un cavalier abouti!

Ce cavalier est capable de ressentir chaque partie de son corps, d’en évaluer immédiatement l’état de tension musculaire, et d’effectuer la plus fine correction afin que le dosage de ses actions soit le plus juste possible. C’est parce qu’il a une conscience totale et parfaite de son corps, que ce cavalier a pu accéder à l’indépendance des aides qui mène à cet état de grâce où celui-ci semble ne faire qu’un avec sa monture, dans un état de décontraction donnant à imaginer que c’est le cheval qui mène la danse !