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LA TOXICITÉ DE LA PORCELLE ENRACINÉE.

vendredi, mars 21st, 2014

Le pissenlit qui fait tomber les chevaux.

 

 

Porcelle enracinée (en deux temps!)

Les beaux jours reviennent. Ce joli printemps précoce nous permet enfin de monter nos chevaux sans nous engoncer sous trois couches de pulls. Adieu boue et frimas qui s’invitaient jusque dans nos chaussettes et bonjour terrains légers aptes à la reprise d’un travail plus régulier.

Pour nos chevaux -enfin ceux qui ont la chance de vivre une vraie vie de cheval avec le plus d’heures possibles passées au pré- c’est aussi la promesse d’une herbe vitaminée et abondante qui ne va pas tarder à déclencher sa pousse.

Or l’herbe d’avril peut contenir un ennemi silencieux, très handicapant pour nos compagnons équins et parfois mortel s’il n’est pas détecté à temps : la porcelle enracinée.

Hypochoeris radicata de son nom savant est une plante de la famille des pissenlits, une dicotylédone très résistante à la sécheresse (voir planches botaniques car elle n’est pas facile à distinguer de ses consoeurs inoffensives). C’est une vivace très commune, à fleurs jaunes perchées sur de longues tiges avec à son pied – et c’est surtout à cela qu’on la reconnait- une rosace vert foncé formée de feuilles poilues et dentelées semblables à celles du pissenlit. Originaire de grande Bretagne, la porcelle enracinée pousse partout en France hors des terrains agricoles (les traitements fréquents aux herbicides l’en chassent). On la rencontre dans les pelouses, sur les bords des routes et les pâturages. Très commune sur sols moyennement acides et sablonneux, elle fleurit classiquement de mai à septembre plusieurs fois.

Fleur et feuille de Porcelle enracinée.

D’instinct, les chevaux n’en mangent pas. Mais s’il existe un sur-pâturage ou une raréfaction de l’herbe à cause de la sécheresse (en fin d’été par exemple) ou encore si vous possédez un incorrigible gourmand, il arrive qu’ils en croquent de temps en temps. Or cette plante est très appètente (d’ailleurs pour les humains on peut sans danger la manger en salade), voire même addictive selon certains vétérinaires. Les gloutons qui l’ont goûtée y reviennent alors fréquemment jusqu’à l’intoxication.

Une fois ingérée par le cheval (fraîche ou dans le foin) à des doses variables selon les individus et leur sensibilité, la toxine de cette plante déclenche une altération progressive de la locomotion : le mouvement de harper.

C’est un mouvement atypique caractérisé par une hyperflexion des postérieurs. Dans les cas extrêmes, le cheval va jusqu’à se toucher le ventre avec les postérieurs, puis finit par faire des bonds de lapin, ne plus pouvoir marcher et meurt. Mais qu’on se le dise, une rémission totale est possible si le mal est détecté à temps.

Beaucoup de vétérinaires et d’ostéopathes ignorent encore l’existence de cette affection qui atteint les muscles et le système nerveux de nos compagnons et gagne du terrain en France depuis 2003, une année de canicule. De nombreux cas ont été recensés en Midi-Pyrénées, au sud de la région parisienne et dans la Loire à cette époque.

Afin de ne pas perdre un temps précieux à chercher ce qui peut bien arriver à votre cheval s’il montre des difficultés de locomotion, je vais vous raconter l’histoire de Yaico mon cheval de 8 ans qui aurait bien pu trouver la mort à cause de ce pseudo pissenlit.

Yaico est un bel entier espagnol bai, gentil et doué pour le dressage, mais c’est un incorrigible glouton. Arrivé tout droit d’Espagne où il a du manquer d’herbe bien verte étant poulain, sa passion dans la vie est : brouter. Une véritable obsession. Il ne laisse sa chance à aucune petite herbe de dépasser les autres. Rustique de nature, il a vite fait de grossir et je dois le rationner à longueur d’année sous peine de le voir se transformer en percheron.

Yaico et sa « maman » .

Alors que rien n’avait changé dans sa routine (même pré, même travail, même alimentation), à la fin du printemps dernier, Yaico a commencé à avoir des difficultés légères et intermittentes pour bouger ses postérieurs, tourner dans le box, reculer, donner ses pieds, et surtout descendre du van par l’arrière.

Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. Comme tous les espagnols, il est d’une grande souplesse et compensait ses raideurs en faisant des pas de coté et quelques figures de style, peu académiques il est vrai. Etant de tempérament joueur, ces mouvements pouvaient se confondre avec quelques pas un peu brouillons dont il a l’habitude.

Au fil du temps, sur une période de trois mois environ, j’ai noté de plus en plus de positions bizarres pour se rouler ou se relever lorsqu’il se couchait. Et surtout un reculer de plus en plus étrange avec les postérieurs en flexion, comme s’il billardait des postérieurs, et de façon asymétrique. Idem lors des transitions descendantes dont le dernier pas se concluait par une flexion des postérieurs plus ou moins prononcée. Par ailleurs le cheval allait très bien et tous ces symptômes étaient plutôt espacés, ce qui fait que je ne m’affolais pas outre mesure.

J’ai fait venir une ostéopathe qui lui a diagnostiqué une sciatique, puis deux… ! Malgré le repos, les massages, la rééducation, l’argent dépensé et l’inquiétude croissante, aucune amélioration. Un jour, à l’attache, en voulant reculer, il est même tombé de tout son long car les antérieurs reculaient mais les postérieurs restaient cloués au sol. Je l’ai aidé à se relever, il était sonné, surpris de ce qui lui arrivait, mais n’avait pas l’air de souffrir. En effet, la maladie n’est pas douloureuse, ce qui la rend encore plus difficile à détecter !

C’est un second ostéopathe qui m’a mise sur la voie. Après la description des symptômes au téléphone, il évoque d’emblée la porcelle enracinée. Pour ma part, le végétal est un illustre inconnu. Je lui demande quand même de venir examiner Yaico. Après une « révision » du cheval en bonne et due forme, il semble confirmer le mal. C’est la première fois que j’entends parler de cette plante alors que des récits terrifiants m’avaient été racontés sur le sénéçon, un autre ennemi redoutable et souvent mortel de nos pâtures.

Consultation vétérinaire dans la foulée. Après avoir écarté les problèmes d’accrochement de la rotule, les lombalgies, l’éparvin, les miopathies diverses et variées, le syndrome de shivering, et par acquis de conscience avoir réalisé un bilan sanguin complet, mon vétérinaire me confirme lui aussi – faute d’autres pistes- « la maladie de harper », dont il a par ailleurs tout juste entendu parler. Précisons au passage qu’aucune analyse sanguine ou autre ne permet de repérer la présence de la toxine dans l’organisme. Ce serait trop simple !

L’affection est aussi appelée « harper australien » à cause d’une épizootie de grande ampleur observée en Australie et en Nouvelle Zélande, qui a permis de décrire la maladie et de faire le lien avec la plante. Plus proche de chez nous, on a vu ces dernières années pas mal de cas dans la Sarthe.

Pour Yaico, on sortait enfin du brouillard et on tenait sans doute le diagnostic. Restait à discuter de la possible rémission et des moyens (assez faibles finalement) dont on disposait pour l’aider à guérir. Bien sûr, en me promenant dans son pré et sur ma pelouse où il aime particulièrement brouter après le travail, je remarquais un bon nombre de porcelles enracinées entièrement croquées par le goinfre ou dont les fleurs étaient consciencieusement tondues. Les fleurs étant à priori encore plus toxiques que les feuilles.

Depuis ce jour je voue une haine tenace à la moindre fleur jaune qui pointe ses étamines dans mon jardin et que j’abats sans pitié à coup de bêche. Tant pis pour la salade de pissenlits !

Une fois la maladie repérée, il s’avère que le meilleur traitement est… le temps. Enfin, si le stade de la maladie n’est pas trop avancé, car on distingue 4 stades distincts correspondant à des symptômes croissants. Pour Yaico il semblerait que l’on en était au stade 2. Evidement, la première mesure était de l’empêcher de retoucher à la moindre feuille de porcelle enracinée.

Différents méthodes ont été essayées au cours de l’histoire pour guérir le harper (c’est une maladie connue depuis l’Antiquité). Il existe même un acte chirurgical (barbare) mais possible, dont le résultat est irrégulier : parfois spectaculaire, parfois inopérant. Des injections de corticostéroïdes donnent également des résultats mitigés. Le caractère épizootique du harper a souvent été démontré et notamment chez des chevaux d’une même famille (par exemple une jument et son poulain), la sensibilité à la toxine serait-elle héréditaire ? En fait, beaucoup d’inconnues subsistent quant à cette pathologie. Les rares chercheurs qui se sont penchés sur le sujet…cherchent. Les poneys et les ânes n’y sont pas sensibles, même si on leur en donne en grande quantité. Certains chevaux non plus et ce indépendamment de la race ou du sexe. On ne sait pas pourquoi certains sujets passent au travers de l’intoxication.

Chez moi par exemple, Yaico partage ses pâtures avec un selle français absolument pas touché par cette intoxication ! Celui ci ne touche-t-il pas à la plante ou n’y est-il pas sensible ?

Après avoir fait pas mal de recherches sur internet, consulté et recoupé des témoignages, bavardé sur des forum… Je n’étais pas très rassurée quant à l’issue de l’aventure. D’autant que mon vétérinaire restait dans le flou sur l’avenir de mon cheval et notamment son avenir sportif. Seul l’ostéopathe averti était optimiste et préconisait un bon draineur hépatique pour aider à éliminer le poison de l’organisme de Yaico.

Selon l’étude vétérinaire de Pierre Collignon (la thèse la plus complète que j’ai consultée sur le sujet) conduite sur 58 chevaux atteints, le temps de rémission spontanée a varié entre 8 mois et quelques années. Certains sujets sont morts, mais 90 % des chevaux observés s’en sont sortis sans séquelles. On dit même qu’un cheval tournant actuellement en concours de dressage international s’est totalement remis de cette maladie. De quoi envisager un avenir tout à fait honorable pour Yaico !

Ce qui est certain, c’est que la rémission est lente et progressive.

Actuellement Yaico va beaucoup mieux (cela fait maintenant à peu près un an), il recule presque normalement sans harper, donne à nouveau volontiers ses pieds et fait demi tour dans son box comme une danseuse étoile à l’entraînement. Certains jours, une petite gêne peut réapparaître et il descend du van encore difficilement. Mais pour le reste, je ne remarque aucune irrégularité d’allures même lors des transitions descendantes.

Je l’ai aidé à éliminer la toxine de son organisme en lui donnant un draineur hépatique à base de plantes tous les jours pendant 6 mois. Je fais actuellement une pause pour ne pas trop le carencer. L’exercice s’est également révélé très bénéfique. Après une séance de travail, même au stade le plus critique de la maladie, il se déplaçait mieux. Les chevaux atteints doivent marcher le plus possible, c’est un facteur clé de la guérison. En plus d’aider l’organisme à éliminer, il est probable que l’exercice entretienne les connexions nerveuses et les muscles atteints. D’autant que les malades ne souffrent pas en mouvement (jusqu’au stade 3).

J’ai également adapté le travail du cheval. En main, je l’ai aidé à bouger et à se placer de telle sorte qu’il n’ait jamais à tourner serré ou se déplacer autrement qu’en avant et droit. Pas de reculer bien sûr. Certaines séances montées étaient assez périlleuses. Lors des cercles au galop notamment, où son arrière main pouvait s’affaisser tout à coup : Yaico trébuchait alors et se rattrapait du mieux possible. Nous ne sommes jamais tombés mais nous avons eu quelques frayeurs. En fin de travail les irrégularités s’atténuaient.

Au bout du compte, le plus difficile fut presque de traiter les prés. Une fois la porcelle installée, adieu à l’herbe bio. C’est le seul cas ou l’on se réjouit d’avoir des herbicides bien musclés à disposition dans nos campagnes ! Le traitement consiste à utiliser un herbicide de type Boston ou Bofix à raison de 4 litres par hectare. Si l’on est pas agriculteur soi même, il faut demander à quelq’un du secteur agricole de l’obtenir car le produit n’est pas accessible au commun des mortels. Ensuite, il faut respecter certaines conditions pour traiter : la température doit être supérieure à 8 degrés la nuit, sans pluie à venir, ni brouillard, ni vent, et le produit doit être pulvérisé avant la pousse d’avril (mi avril) ou en « sève descendante » en automne, lorsque la porcelle enracinée ne fleurit plus.

Les chevaux seront tenus éloignés de leur pré pendant au moins trois semaines.

Nous avons traité le pré de Yaico au pulvérisateur à main. A défaut de matériel agricole adapté, mon mari s’est courageusement attelé à la tâche, chaussé de bottes bien étanches, de gants et d’un masque de protection. Il a fait nombre de kilomètres à pied en pompant, pompant, tel un shadok (pour les vieux qui connaissent la série) !

Au bout d’un mois, la plante est devenue violacée, puis s’est étiolée et a disparu. Avec elle les autres trèfles, pissenlits, pâquerettes…Sans regrets.

Si les surfaces à traiter ne sont pas trop grandes ou que l’on est un adepte inconditionnel du bio (il est certain que l’usage des produits conventionnels est néfaste pour l’environnement), on peut envisager l’arrachage manuel. Il faut quand même une certaine motivation, car il convient d’enlever la totalité de la racine pivotante, la plante étant capable de se régénérer à partir de son système racinaire.

L’hiver est passé sans nouvelle trace de porcelle enracinée dans nos prés. Je guette à l’heure actuelle une repousse éventuelle de l’ennemi, sachant que les graines ne sont pas détruites par l’herbicide. L’idéal serait donc un traitement herbicide suivi d’un labour à 30 cm et d’un ensemencement avec un mélange de graminées, quasiment chaque année…Une bataille a été gagnée pour cette fois mais pas la guerre.

L’augmentation considérable de la proportion d’ Hypochoeris radicata semble liée à la sécheresse survenue en France en 2003. Les prévisions climatologiques donnent à penser que de nouveaux réchauffements vont sévir dans les années à venir, ce qui laisse prévoir une augmentation du harper australien en France. Malheureusement très peu d’études se penchent sur le problème. Un travail serait en cours à l’INRA de Nouzilly (Indre et Loire) mais je n’ai pas eu de détails sur le sujet.

Alors, en attendant de nouvelles informations, soyez vigilants, promenez vous le nez dans l’herbe des pâtures pour savoir si le risque existe.

Mais n’en oubliez pas de profitez du printemps !

 

Christine Lévêque*.

 

PS : Merci à Romain Girard (l’ostéopathe, botaniste à ses heures) pour son intuition et au docteur David Jumert pour son suivi de la santé de nos chevaux.

 

*Christine Lévêque est journaliste. Elle a dirigé pendant 12 ans le service Amérique Latine de Courrier international.

PHOTOS :

 

 

 

 

Sur la figure 1, on voit les tiges et feuilles de la mauve à petites fleurs Malva parviflora qui est une plante annuelle. Cette Dicotylédone de la famille des Malvacées fut parfois soupçonnée par certains auteurs comme pouvant être incriminée dans la maladie du harper australien, mais les publications qui l’évoquent restent très minoritaires.

Le pissenlit commun Taraxacum officinale est visible sur la figure 2. Cette plante ubiquitaire de la famille des Astéracées est vivace, et peut, à première vue, être confondue avec Hypochoeris glabra ou Hypochoeris radicata. Elle possède en effet une racine pivotante, des feuilles en rosette et des fleurs de couleur jaune. Cependant, les feuilles sont lisses et à contour découpé, la tige est nettement plus courte que dans le genre Hypochoeris et n’est jamais divisée.

La figure 3 présente une vue de la plante entière de la porcelle glabre Hypochoeris glabra prise en début de floraison. Elle met en évidence la forte ressemblance entre Hypochoeris glabra et Hypochoeris radicata (figure 4), mais la différence se fait principalement à la forme des feuilles, hipsides pour Hypochoeris radicata (figure 5) et glabres pour Hypochoeris glabra (figure 6). Ces deux plantes sont des Dicotylédones de la famille des Astéracées (anciennement Composées), à racine pivotante et offrant une très bonne résistance à la sécheresse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PIROUETTE RENVERSÉE : SUITE ET FIN.

dimanche, mars 16th, 2014

Il est temps maintenant de tenter la pirouette renversée!

A partir du cercle décrit initialement, il va falloir envisager de dessiner une figure de plus en plus petite jusqu’à ce que les antérieurs restent quasiment sur place, tandis que les postérieurs décrivent un petit cercle.

Il faut donc dans un premier temps, conduire les épaules comme lorsque l’on souhaite faire un cercle plus petit, en visualisant parfaitement son tracer (cela compte énormément pour la réussite de l’exercice), et en déplaçant progressivement les mains vers l’intérieur du cercle, l’utilisation des jambes restant identique.

Jusqu’ici, il n’y a pas de réelle difficulté. C’est à partir du moment où le cheval doit tourner sur place que l’exercice peut devenir plus délicat! On rencontre fréquemment deux types de problèmes :

  1. le cheval peine à se fixer au centre du cercle, cherchant à déplacer ses épaules sur un cercle trop grand. Dans ce cas, le cavalier doit renforcer l’action de ses mains, mais surtout sans rien bloquer sous peine de voir s’éteindre l’impulsion. Il faut veiller avec beaucoup de rigueur à être toujours parfaitement équilibré sur ses deux fesses afin d’agir en conservant le plus possible l’encolure au milieu des deux rênes!
  2. au contraire, le cheval se fixe au centre mais tourne sans lever suffisamment les pieds qui restent comme collés au sol. Il perd trop d’impulsion, et le cavalier doit lui demander de se déplacer un peu plus en avançant. Pour ce faire, il mollit des doigts et tonifie son dos et son assiette dans le but de lui demander plus d’énergie. Si ce n’est pas assez, le mouvement doit être momentanément interrompu et le cheval reporté en avant avec les deux jambes. Ceci doit pouvoir se régler en deux ou trois secondes.

Avec ces quelques éléments vous devriez pouvoir vous faire une idée de ce qu’est une pirouette renversée. Ceci étant, la liste des conseils n’étant pas exhaustive, si vous avez des difficultés non évoquées plus haut, n’hésitez pas à m’en faire part, et je m’efforcerai de vous aider.

 

 

DIFFÉRENCE ENTRE PIROUETTE ET PIROUETTE RENVERSÉE.

dimanche, février 16th, 2014

 1 : Retour sur la pirouette.

Essai de descriptif :

(Pour plus de précision concernant la pirouette, vous pouvez vous référer aux posts écrits le 03/11/09, le 05/06/11, et le 15/05/13) Pour les deux exemples, la pirouette et la pirouette renversée, et pour une meilleure compréhension des explications, nous partirons du principe qu’à chaque fois, le cavalier part d’un cercle à main droite pour exécuter soit  l’un soit  l’autre des deux exercices. 

Le cheval décrit un petit cercle avec ses postérieurs (dans une bonne pirouette, les postérieurs restent presque sur place), tandis que ses antérieurs décrivent un cercle concentrique plus grand autour de ces derniers. C’est un déplacement côté concave, le cheval étant incurvé vers l’intérieur du cercle. Une plus grande amplitude de mouvement est demandée aux antérieurs afin que les épaules précèdent les hanches. Ces dernières doivent toujours donner l’impression de vouloir passer en avant des hanches! Le cheval croise son postérieur et son antérieur gauches par dessus son postérieur et son antérieur droits, le déplacement du postérieur ayant moins d’amplitude que celui de l’antérieur, comme nous l’avons déjà indiqué. Les membres gauches travaillent essentiellement en adduction. Quant aux membres internes, leur travail n’est pas équivalent! Comme les épaules décrivent un plus grand cercle, l’antérieur interne travaille en abduction pour aller chercher son terrain. Les postérieurs étant censés décrire un plus petit cercle, le postérieur interne travaille sur place en pivot, se levant et se reposant au sol pendant que le postérieur externe vient se poser devant lui. La pirouette a pour but d’apprendre au cheval à s’équilibrer en se grandissant et en abaissant ses hanches, et par voie de conséquence, à s’alléger du devant et à renforcer la musculature de son arrière-main. Elle développe par ailleurs la mobilité des antérieurs et des épaules. 

2 La pirouette renversée.

Essai de descriptif :

Le cheval décrit un petit cercle avec ses antérieurs (dans une bonne pirouette renversée, les antérieurs restent presque sur place), tandis que ses postérieurs décrivent un cercle concentrique plus grand autour de ceux-ci.  Ils partent vers l’extérieur. C’est un déplacement côté convexe, le cheval étant incurvé vers l’extérieur du cercle. Une plus grande amplitude de mouvement est demandée aux postérieurs. Le cheval écarte son postérieur et son antérieur gauches. Ils travaillent en abduction, l’antérieur ayant toutefois moins d’amplitude de mouvement que le postérieur. Quant aux membres droits, leur travail n’est pas équivalent!  Comme les épaules décrivent un plus petit cercle, l’antérieur droit travaille sur place en pivot, se levant et se reposant au sol tandis que le postérieur droit croise par dessus le gauche, en adduction. La pirouette renversée ne met pas le cheval sur les hanches. Au contraire, ce dernier reporte un peu de poids sur l’avant, afin de libérer l’arrière main pour mieux la mobiliser.  Elle développe la mobilité des postérieurs, dénoue la région lombaire et favorise la tension de la ligne du dessus. 

C’est un excellent exercice d’assouplissement, et nous verrons dans le prochain post comment s’y prendre pour l’aborder  le plus facilement possible!

 

Sur cette vidéo, vous pouvez voir un cheval exécuter une pirouette renversée, sans pour autant la maîtriser encore, de sorte que l’on peut le voir déplacer son cercle. Cela rend le travail de pivot de l’antérieur droit quelque peu aléatoire. De plus le cheval n’est pas encore suffisamment décontracté pour avoir une attitude plus étirée. 

QUEL MORS L’HIVER?

samedi, janvier 25th, 2014

Avez-vous pensé que l’hiver, le métal d’un mors pouvait être très froid, et par conséquent engendrer un vrai désagrément pour votre cheval?

La sensibilité des dents au froid peut être très grande chez l’humain, alors pourquoi pas chez le cheval?

Sans faire de sensiblerie, pourquoi ne pas envisager de solution plus confortable pour le cheval en choisissant par exemple un mors en résine?

Il en existe de nombreux et il serait fort étonnant qu’aucun ne soit adapté à la bouche de votre monture!

PRÉPARATION D’UN EXERCICE.

samedi, janvier 18th, 2014

La meilleure façon de préparer un exercice n’est pas celle qui consiste en un regain de concentration ou d’application de la part du cavalier juste au moment de faire l’exercice.

Le plus sûr moyen d’obtenir un bon résultat, est de veiller en permanence à la qualité de l’allure et de l’attitude du cheval, de manière à pouvoir faire n’importe quelle transition, montante ou descendante, ou à pouvoir tourner, à tout instant.

Les seules limites au choix des exercices sont bien évidemment les capacités du cheval, et du cavalier!

Les enseignants sont les premiers responsables quand ils demandent à leurs élèves de se préparer à exécuter tel ou tel exercice par ce genre d’injonction : « Préparez-vous pour marcher au trot, marchez au trot! » Et hop! En quelques secondes, préparation puis exécution!!

Lorsque le cavalier se prépare au dernier moment, il agit dans l’urgence, réunissant subitement tous les moyens qu’il pense indispensables pour lui assurer la réussite de l’exercice. Le cheval est alors comme assailli de toutes parts, il se contracte, c’est de bonne guerre, et fournit un résultat souvent bien peu satisfaisant!

Un travail bien mené offre plusieurs bénéfices : d’abord celui d’avoir un cheval juste qui, au fil des séances, améliore son état physique et son état psychique,  mais aussi, et c’est bien là le sujet de ce post, pour le cavalier, un moyen d’avoir plus de facilité à aborder les exercices, le cheval étant mieux préparé!

Une séance de travail, même courte, doit se tenir du début à la fin! Dès lors que le cavalier ajuste ses rênes il doit penser à travailler, non pas nécessairement pour faire un exercice ou une figure compliqués, mais pour avoir un cheval attentif et disponible, prêt alors pour enchaîner le travail avec plus de liant et d’aisance.

Lorsque j’entends un cavalier (et pas forcément un débutant) dire qu’il s’ennuie vite en dressage car rapidement il ne sait plus quoi faire, je me dis qu’il n’a pas vraiment compris qu’un cheval « se travaille » avant tout pour lui-même, pour son bien-être, pour qu’il ait le moins de difficultés possibles à évoluer sous la selle de son cavalier. Bien sûr les figures et autres mouvements sont utiles, mais le seul fait de marcher à la piste ou de passer un coin est un vrai travail en soi. Faire une figure n’a de valeur que s’il y a une véritable recherche d’amélioration de l’attitude du cheval.

Un enseignant se doit d’inculquer cette philosophie de travail le plus tôt possible dans la carrière d’un cavalier! Il n’est jamais trop tôt pour commencer à bien faire. Le jeune cavalier fera ce qu’il pourra, mais au moins dans un état d’esprit juste.

Une bonne séance est comme un puzzle, chaque pièce devant être à sa place. N’importe quel puzzle, aussi simple soit-il, demande d’être fait avec rigueur. Il en va de même pour une séance de travail d’un cheval!

 

DE L’IMPORTANCE DU DOS!

dimanche, janvier 5th, 2014

On constate fréquemment qu’un cheval exécute mieux un exercice lorsque le cavalier utilise son dos lors de la demande.

Bien sûr il n’est pas question ici d’un exercice qui serait exclusivement demandé sur seul ordre du dos, comme il pourrait s’agir dans le cas d’un cheval qui aurait  appris par exemple, à s’arrêter quand le cavalier se penche en arrière…ou en avant, peu importe. Là, il s’agirait d’un apprentissage par association, qui n’est pas le propos de ce post.

Non, ici j’aimerais évoquer le dos comme aide « sublimant » les autres aides. J’aurait pu dire « renforçant », mais ce mot ne me plaît guère car il n’induit pas la notion de mise en valeur des autres aides.

Le cavalier qui utilise son dos correctement, avec tonicité, utilise ses aides avec plus de délicatesse!

Mais le dos a un autre effet, et non des moindres, celui de mobiliser le mental  et le physique du cheval. Je n’apprendrai à personne qu’un cheval est une véritable éponge qui absorbe tous les états de son cavalier pour les faire siens. Que le cavalier soit tonique, et son cheval va se tonifier. Si le cavalier tonifie son dos, il envoie des informations à sa monture qui mobilise son mental, pour à son tour tonifier sa ligne du dessus.

Monté ainsi, chaque cheval, en fonction de ses capacités, est prêt à exécuter ce qu’on lui demande de façon optimale.

Attention toutefois, un dos tonique n’est pas un dos rigide qui ferait plus de tord que de bien! Un dos tonique garde une certaine souplesse.

D’ailleurs, le bon cavalier doit aussi savoir « mollir » du dos, s’il se trouve sur un cheval lui-même rigide, ou bien tendu nerveusement.

En conclusion, la bonne utilisation du dos est la garantie d’une utilisation plus précise et plus subtile des aides!

DOS-JAMBES.

dimanche, décembre 29th, 2013

En dressage, mieux vaut un dos fort et des jambes relâchées qu’un dos mou et des jambes dures!

 

 Dos légèrement relâché.

Dos plus fort!

QUELLE LONGUEUR D’ÉTRIERS POUR FAIRE DU DRESSAGE?

dimanche, décembre 22nd, 2013

Lorsque l’on pratique le dressage, il est toujours tentant de chausser très long. C’est une erreur je pense!

En effet, l’expérience m’a prouvé que chausser trop long posait dans la plupart des cas plus de problèmes que chausser trop court.

Pendant longtemps, et avant d’avoir une bonne maîtrise de son corps, le cavalier voit l’essentiel de ses contractions siéger au niveau du bassin. La charnière lombo-sacrée fonctionne mal, et les hanches se verrouillent. Ce mauvais fonctionnement du bassin peut avoir pour conséquence plusieurs problèmes, dont les plus fréquemment rencontrés sont:

  •  Les adducteurs qui se contractent, et provoquent un resserrement  des cuisses autour du cheval. Cela ayant pour effet de réduire la surface de contact de l’assiette, et de reculer le centre de gravité. Ce déséquilibre entraîne à son tour un retrait de la main.
  • La fermeture de l’articulation coxo-fémorale qui entraîne à sa suite la fermeture de l’articulation du genou. La jambe remonte et si le cavalier est chaussé trop long, il perd ses étriers.

Chausser légèrement plus court permet au cavalier de mieux gérer les corrections. Car dans le premier cas, si les jambes sont un peu plus fléchies, elles pourront moins facilement se serrer, et pour ce qui est du second cas, l’étrier se perd moins facilement s’il est chaussé un peu plus court.

J’ai vu récemment sur deux élèves, bien des soucis disparaître en raccourcissant juste d’un seul trou les étrivières!

 

Ces deux cavalières ont raccourci leurs étriers, et voyez, même si leur position reste à parfaire, comme elles semblent plus en équilibre que sur les premières photos!

Cela vaut le coup d’essayer!!

N’hésitez pas à nous dire ce que cela a donné!

 

 

LE CHANFREIN A LA VERTICALE.

samedi, novembre 23rd, 2013

Bien qu’ayant par deux fois écrit sur le sujet de la latéro-flexion et les conséquences qui s’ensuivent quant à la verticalité ou non du chanfrein, j’aimerais vous suggérer de nouvelles  idées pour améliorer votre travail. Vous pouvez retrouver les deux précédents posts traitant du sujet « en cliquant ici ».

En plus de ce qui est mentionné dans les deux posts en question qui peut expliquer la bascule de la nuque, d’autres facteurs peuvent également en être responsables. En voici deux particulièrement :

  • Le manque de rectitude : si le cheval est tordu, en étant par exemple trop plié au niveau épaules-encolure, il y a tous les risques qu’il bascule la nuque. Il faut un alignement harmonieux des différentes parties de son corps pour pouvoir envisager une amélioration de la flexion latérale de la nuque. Il faut penser à diminuer le pli par une rêne directe extérieure!
  • Une hauteur inadaptée de la nuque : de par la structure des vertèbres de cette région, une certaine hauteur de la tête est requise pour obtenir une bonne  latéro-flexion de la nuque. En dessous, cela peut s’avérer plus délicat, voire impossible pour le cheval (bien sûr, un cheval complètement contracté la tête en l’air n’y parviendrait pas non plus). Les limites peuvent varier légèrement d’un cheval à l’autre. Pour le grandir il faut penser à faire un léger demi arrêt.

Efraim a tendance à basculer rapidement la nuque. Ici, il est déjà trop ployé et légèrement trop bas, donc il bascule la nuque!

Il a suffit de le redresser et de le grandir légèrement pour améliorer la latéro-flexion de la nuque!

METTRE SA JAMBE AU BON MOMENT.

dimanche, novembre 17th, 2013

Dans un exercice où l’utilisation d’une seule jambe est requise,  l’action de cette dernière ne doit pas se faire de façon aléatoire, à n’importe quel moment.

Il est important en effet, que la jambe agisse au moment le plus opportun, afin d’obtenir du cheval la plus grande compréhension, permettant la réponse la meilleure, et la plus rapide.

Si l’on prend l’exemple d’une épaule en dedans et que l’on souhaite optimiser l’engagement du postérieur interne, il est préférable d’intervenir sur celui-ci au moment où il est au soutien c’est à dire en l’air, car c’est là qu’il est le plus mobile. De plus étant en l’air, il est prêt à se poser, tandis que si l’on agit alors qu’il est à l’appui, c’est à dire posé, il faudra d’abord attendre que le mécanisme de l’allure lui permette de se lever de nouveau pour aller ensuite se poser. Il y a perte de temps et de précision.

L’idéal est de sentir le moment où le postérieur se lève. Seulement voilà, ce n’est pas si simple et l’apprentissage est parfois long avant d’y arriver.

Le mouvement des antérieurs est plus facile à sentir car le cavalier est plus près de l’avant main que de l’arrière main, ses cuisses reposant le long des épaules.

En dernier recours, le cavalier peut toujours regarder le mouvement des épaules (alors qu’il ne peut voir celui des postérieurs), ce qui le renseigne sur la place des antérieurs. Cependant je rappelle que regarder plutôt que sentir est une mauvaise habitude qui ne doit rester qu’une aide très ponctuelle.

Le but de ce post est de donner justement quelques conseils pour pouvoir agir correctement même si l’on ne sent pas encore le mouvement des postérieurs :

  1. Au pas, lorsque l’antérieur externe se pose, le postérieur interne se lève;
  2. Au trot, lorsque l’antérieur externe se lève, le postérieur interne se lève;
  3. Au galop, lorsque le cheval est en bascule sur l’avant main, le postérieur interne est levé.
Ces brefs moments ne laissent pas beaucoup de temps au cavalier pour agir, mais s’il met sa jambe de façon synchrone avec l’élévation du postérieur, il obtiendra très certainement de bien meilleurs résultats sur son engagement.
Une autre conclusion s’impose : il ne sert à rien de plaquer sa jambe en permanence durant toutes les phases d’un exercice!!