Archive for the ‘Quelques conseils ou Retours sur cours’ Category

RÉPONSES A VOS COMMENTAIRES.

Sunday, November 27th, 2011

Encore merci à tous pour votre participation active!

Voici quelques réponses à vos commentaires :

Je propose à Marilou de lire deux posts que j’ai écrits voilà déjà un moment et pouvant lui être utiles, dans la mesure où ils concernent la descente d’encolure :

  • “Mains basses ou pas?” (27/12/07)
  • “Approche du travail les mains hautes.” (30/03/08)
Si bien sûr, ces posts ne suffisent pas, j’ajouterai des éléments.
Que Will se rassure, je suis un peu comme lui, à considérer que “le mors, c’est la main”, et il m’est arrivé un certain nombre de fois, de conseiller à des cavaliers d’essayer d’apporter quelques corrections à leurs actions de mains, avant d’envisager de changer de mors.
Cependant, voici ce qui m’est arrivé il y a quelques semaines. Mon cheval, qui avait le même mors depuis des années, s’est mis à secouer la tête à chaque fois que je le bridais. Même s’il disparaissait après quelques instants, l’inconfort semblait important.
J’ai fait venir le dentiste, mais cela n’a rien changé. J’ai alors envisagé qu’Arly puisse être sensible au contact froid du métal. Je sais combien il est douloureux pour un humain d’avoir les collets dentaires dénudés, alors pourquoi pas pour un cheval! Depuis que j’utilise un mors en résine, Arly se laisse brider sans réaction particulière.
Alors je peux tout à fait concevoir  qu’un cheval ne supporte pas un mors trop lourd, des canons trop gros ou trop fins. J’ai monté un cheval qui avait le palais particulièrement plat et ne supportait que les mors à double brisures, ceux à brisure unique faisant une saillie qui le blessait.
FILET 'GOLD BRAS', DOUBLE BRISURE HH (41003028) - Cliquez sur l'Image pour la Fermer
Pour terminer, je tiens à remercier Silou, par qui j’ai appris l’existence de Britta Schöffmann que je ne connaissais pas, et encore moins son échelle de progression. Certains seront sans doute choqués par tant d’ignorance, Silou je l’espère, sera rassurée : toute éventualité de plagiat se trouve ainsi rejetée.
Je ne nie pas pour autant avoir des référents qui m’inspirent et m’aident parfois à avancer ou à mieux comprendre certaines choses.
Ainsi, si j’étais confrontée à un problème venant d’outre rein, je n’hésiterais pas à donner le nom du médecin auquel je m’adresserais. De la même façon, je n’hésite pas à citer le nom de Gerd Heuschmann, vétérinaire bien connu d’outre Rhin, et aux propos duquel, j’adhère tout à fait.
Gerd Heuschmann - Dressage moderne : un jeu de massacre ?
Plus sérieusement, à propos de l’adduction et de l’abduction, je tenais à souligner que ce sont des mouvements qui ne sont pas exclusivement liés aux déplacements latéraux.L’adduction se produit aussi quand un membre se rapproche de l’autre, et l’abduction, quand il s’en écarte (bien sûr, je parle de bipède antérieur ou postérieur).
Sur cette photo, les antérieurs sont plutôt en abduction car ils s’écartent l’un de l’autre.
Sur cette autre, ils sont en adduction, car ils se rapprochent l’un de l’autre.
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec Silou, lorsqu’elle dit que les éthologues ne se mettent pas à la portée des gens, et je trouve bien au contraire que  les auteurs que j’ai cités sont vraiment accessibles. Si je prends l’exemple du livre de Jean-Claude Barrey, il me semble clair et compréhensible, avec l’avantage d’offrir au lecteur plus versé des les sciences, des encadrés dans lesquels ce dernier peut trouver des données plus pointues et moins vulgarisées. Et puis lire plusieurs fois un passage un peu plus technique n’est pas bien grave si l’on est passionné! Cela aide aussi à mieux le fixer.
Je pense que pour qu’un apprentissage soit réussi et qu’il y ait appétence pour le mouvement appris, il faut, comme toujours, trouver un juste équilibre entre les répétitions d’exercices et les temps de repos, le rodage ne s’obtenant pas par le rabâchage. Le cavalier doit sentir quel rythme convient à tel ou tel cheval, il n’y a pas de recette miracle.
A votre tour, et comme le suggère Silou, n’hésitez pas à donner votre avis!!

TRAVAILLER BAS ET LONG, PLUTÔT QUE BAS ET ROND.

Tuesday, May 10th, 2011

Ce sujet me semble tellement intéressant et important qu’il me semble préférable de faire une réponse à Silou, ouverte à tous.

Lorsque je dis :“Attention ! Ne pas forcer dans ce travail et toujours garder la ligne du dessus étirée car, sans quoi, il peut y avoir un écrasement du disque dans sa partie postérieure avec micro hernies vers le canal médullaire…” Silou se demande si :
“… ce commentaire signifie qu’on doit toujours travailler “bas et long” c’est à dire chanfrein en avant de la verticale, sans chercher le chanfrein vertical et interdire absolument au cheval de venir en dedans de la verticale sous peine de perdre l’effet bénéfique ou dois- je comprendre que même en descente totale d’encolure le cheval peut venir se mettre creux et ainsi créer un endroit de pincement ???”

Non, en descente d’encolure, il y a peu de risques qu’un cheval se creuse. Ce que je veux dire, c’est de faire bien attention à ce que le cheval ne passe pas en arrière de la verticale, sous peine de voir des lésions des cervicales survenir tôt ou tard.

Le cheval peut commencer bas et étiré vers l’avant, et venir progressivement jusqu’à la verticale, si cela lui est possible.

Mais j’insiste vraiment sur le fait qu’il ne faut, ni plaquer la tête du cheval, ce qui force sur les premières cervicales, ni trop “enrouler” l’encolure, ce qui force sur les autres cervicales.

 Ici, le cheval est encore trop en arrière de la verticale.

Ci dessous, l’attitude est meilleure.

Avec un cheval “neuf” à peine travaillé, ou avec un cheval correctement travaillé, le cavalier a juste à surveiller sa main.

 Avec un cheval qu’il faut re-dresser, la chose n’est pas aussi aisée et peu prendre beaucoup de temps. Le travail rênes longues peu s’avérer très bénéfique pour faire oublier momentanément au cheval le rapport conflictuel qu’il a eu avec une mauvaise main. Il faut le libérer du carcan qui l’enfermait.

Avec certains cas particulièrement enfermés, il faut aller jusqu’à susciter chez le cheval, l’envie de tirer les rênes vers l’avant…et vers le bas, évidemment!

Ensuite, il y a la conformation et la souplesse du cheval, qui peuvent être des freins à un travail correct. Un cheval court dans sa ligne du dessus, ou ne serait-ce que dans son encolure, peut avoir des difficultés à s’étirer, à moins qu’il ne soit souple. Mais s’il est trop “musculeux”, ce sera également plus délicat pour lui. Je ne parle même pas du vrai raide, à qui il faudra encore plus de temps.

 

 

 

 

Jordan a une ligne du dessus assez courte, et peine parfois à se déployer.

Mais il y a aussi  les sujets trop laxes, qui passent en arrière de la verticale d’un rien. Je constate assez souvent cette tendance sur les chevaux ibériques, souvent très souples et réactifs. Et ce n’est pas parce qu’ils le font spontanément, et sans que l’action de main soit nécessairement très importante, qu’il faut l’accepter. Attention, c’est parce que ces chevaux sont souples et qu’ils sollicitent beaucoup et avec facilité leurs articulations, qu’ils ont souvent de l’arthrose. Je pense qu’à qualité égale de travail, avec un cavalier qui ne force pas, les articulations d’un cheval raide, sont en quelque sorte, protégées par ce manque de souplesse.

Je vous donne un exemple concret rapporté à l’humain : je suis d’un naturel raide. Je ne me suis fait qu’une fois une entorse pas très sévère, après être toutefois tombée d’une bonne hauteur d’une échelle. A contrario, j’ai une amie beaucoup plus souple que moi qui s’est fait une entorse du genou avec  rupture du ligament croisé antérieur juste parce qu’elle projetait sa jambe vers l’avant pour un pas de danse…A méditer.

En conclusion,  je pense qu’il faut commencer le travail monté par un travail en extension d’encolure. Cet étirement est très important, assouplissant les chevaux raides, et assurant l’ intégrité physique des plus souples. Il en va dans ce domaine, des chevaux comme des humains, pour lesquels les étirements sont fortement conseillés.

Toutefois un rappel de certaines règles à respecter n’est pas inutile. On augmente en premier lieu la température du corps avant de commencer les étirements : on ne demande rien de contraignant à froid.

Ensuite il ne faut pas forcer pour obtenir plus. Il faut savoir être patient et se contenter de ce que donne chaque cheval. Même si c’est peu, c’est mieux que pas du tout. Se rappeler que si certains sont en extension en deux séances, d’autres mettent des mois, et certains ne le seront peut-être jamais. Ce n’est pas pour autant qu’il faut abandonner l’exercice, et encore moins se fâcher. Proportionnellement au potentiel physique, le cheval qui met son nez par terre ne travaille peut-être pas plus que celui qui reste 50cm plus au dessus. En ce qui me concerne, je ne poserai probablement jamais mes mains à plat sur le sol, mais à force de pratiquer les étirements chaque soir, j’ai gagné en souplesse, et de mois en mois, je descends un peu plus bas.

A suivre, si vous voulez développer…

REPONSES AUX QUESTIONS POSEES : SUITE.

Monday, February 21st, 2011

Voici quelques réflexions relatives à des questions posées récemment sur ce blog.


Je reviens sur le commentaire d’Alexandra dans lequel elle dit qu’elle part au galop en mettant les deux jambes. Je trouve cela un peu dommage dans la mesure où cet ensemble d’actions perd un peu de sa valeur mécanique, ou plutôt physique sur le cheval.

En effet chaque jambe, en agissant comme ceci ou comme cela  a un effet bien précis sur le cheval : effet impulsif, effet de redressement des hanches etc…Pour ma part, pour un départ au galop, je sollicite particulièrement, dans un premier temps, le postérieur interne par l’action de ma jambe intérieure à la sangle. Je suis éventuellement sur un cercle, pour revenir ensuite à la piste dans un soupçon d’épaule en avant, et quand je sens mon cheval prêt à partir, alors seulement je glisse très légèrement ma jambe extérieure en arrière pour déclencher le galop, avec, bien sûr, tous les dosages requis pour chaque cheval, et donc chaque sensibilité. Je me garde bien de surcharger le cheval d’une trop importante difficulté supplémentaire.

 Je fais une petite parenthèse en pensant à ce que Silou racontait dans son commentaire à propos  des tours et des tours en épaule en dedans effectués pour résoudre un problème : il n’est en effet pas rare de voir des cavaliers vouloir rectifier des défauts liés à une difficulté, en ajoutant une autre difficulté. Par exemple : le cheval a des problèmes pour partir droit au galop, et se traverse toujours un peu, donc le cavalier se met en épaule en dedans et demande le départ ainsi, alors que c’est beaucoup plus difficile. Je pense qu’il vaudrait mieux gymnastiquer avant le départ, redresser, et partir au galop. Cela me paraît davantage respecter le physique du cheval et la logique de l’apprentissage.

Les erreurs que l’on peut commettre lors de l’apprentissage d’un exercice peuvent être dues à une mauvaise évaluation de la sensibilité du cheval. Il peut s’agir aussi, et je le rencontre souvent, d’une mauvaise répartition du dosage des aides. Prenons l’exemple de l’aide de l’assiette dansl’épaule en dedans. Lorsqu’il est recommandé de mettre le poids du corps à l’extérieur, il ne s’agit en aucun cas d’appliquer coûte que coûte ce conseil à la lettre. Il est, avant toute chose, indispensable de sentir son cheval afin d’apprécier au mieux dans quelle mesure exactement on peut mettre en application ce conseil : un peu, moyennement, beaucoup, voire pas du tout.
Pour terminer ce post, j’aimerais “rebondir” sur le dernier commentaire envoyé par Laurence. Ce qu’elle dit est tout à fait intéressant, et comme elle, j’utilise beaucoup la “tension” de mon dos pour partir au galop. Néanmoins, j’ajouterai la nuance suivante. Quoi que je fasse, j’essaie toujours de rechercher le maximum de profondeur dans l’assiette pour être toujours liée au dos du cheval afin de ne pas le gêner dans sa locomotion. J’évite de bloquer le rein, car alors c’est tout le bassin qui se verrouille.

A suivre, une autre discussion à propos de vos commentaires…

DE L’UTILISATION DE LA JAMBE EXTERIEURE DANS CERTAINS EXERCICES.

Sunday, February 13th, 2011

Il est clair qu’il peut y avoir confusion chez le cheval si, épaules en dedans, têtes au mur et départs au galop sont entamés par l’action de la jambe extérieure.
Pour l’épaule en dedans, je commence par déplacer les épaules vers l’intérieur après avoir pris soin d’activer le postérieur interne grâce à la jambe intérieure à la sangle, puis action de la jambe extérieure si besoin est.
Personnellement, je ne suis pas pour reculer de façon systhématique la jambe extérieure dans l’épaule en dedans. Au risque d’en faire hurler certains, j’ose dire que déjà, j’autorise un jeune cheval qui découvre l’épaule en dedans, et qui donc fait ce qu’il peut, à chasser légèrement les hanches dès les tout débuts de l’apprentissage.

J’ai vu de nombreux chevaux hésiter à aller de côté tout simplement parce que la jambe extérieure trop présente,  venait contrarier l ’ action de la jambe intérieure qui tentait de faire marcher latéralement. Ensuite, lorsque le cheval a bien compris le déplacement de côté, je règle la place des hanches, d’abord en règlant parfaitement celle des épaules, puis si vraiment cela s’avère insuffisant, je canalise par un léger retrait de la jambe extérieure.
Pour la tête au mur, je demande toujours un léger ploiement interne de l’encolure et de la tête avant de reculer ma jambe extérieure, et dans le départ au galop, j’essaie de ne pas déplacer les épaules vers l’intérieur, ni de marquer autant le pli.
Certe il y a toujours des cas particuliers qui demandent des recours à des attitudes plus marquées et plus propices à la confusion. Dans ces cas là, la voix est une aide précieuse qui peut aider à la différenciation des exercices, et quoi qu’il en soit, ces attitudes ne doivent pas durer dans le temps.

A suivre…

RECTIFICATIONS!

Friday, December 3rd, 2010

Il me coûte un peu de devoir expliquer que lorsque je suggère dans un post qu’un cheval ou qu’un cavalier peut être limité, ce n’est évidemment pas qu’il est bête!!! Non mais voyons! Soyons un peu sérieux, ce post est un peu plus élevé que cela tout de même!
Depuis 25 ans que j’enseigne, il m’est fort heureusement venu à l’esprit qu’un cheval ou un cavalier pouvait être limité par ses capacités physiques et par son degré d’apprentissage!

Passée cette introduction, il me paraît nécessaire d’apporter quelques indications plus fournies à propos de mon dernier post.
Je suis heureuse de constater qu’il ne vous laisse pas sans réactions. Réactions vives, même!
C’est très bien, car cela relance le dialogue.
Mais ceci montre également combien il est difficile, en quelques mots, de se faire bien comprendre.
En cherchant à être concise pour ne pas ennuyer le lecteur, j’ai sans doute omis de préciser certains points sans lesquels mes propos ne reflètent pas suffisamment l’esprit dans lequel j’utilise mes mains et mes jambes.


Avant toutes choses, j’aimerais préciser que lorsque je parle de simultanéité des jambes et des mains, il ne s’agit en aucun cas du “tirer et pousser en même temps”, ou du “pousser sur la main”, si vous préférez, principe contre lequel je suis opposée.

Adrien, qui est bien loin du “pousser sur la main”!

Maintenant, je vais tenter de vous éclairer davantage sur l’emploi de mes mains. Ayant une notion très classique, voire baroque du contact, je n’hésite pas, lorsque je le peux, quand mon cheval est prêt, à avoir les rênes détendues, flottantes, diraient certains, comme on le voit souvent sur les gravures équestres du XVIIe et XVIIIe siècle.

Donc, quand je pratique le mains sans jambes- jambes sans mains, je ne me contente pas de ne plus rien demander avec les mains tandis que je mets les jambes, non, je rends vraiment de la main en l’avançant, et en ouvrant les doigts. Evidemment, cette action peut ne durer qu’une petite seconde!

             

 

 En ce qui me concerne, c’est dans le travail du rassembler que je ne souffre aucun compromis dans l’emploi des jambes et des mains. C’est l’alternance uniquement, éventuellement sur un laps de temps très très court, certes, mais l’alternance. Je trouve que cela donne plus de “liberté” au cheval. De plus, j’aime l’idée de jouer de façon très délicate sur l’équilibre du cheval : engager les hanches, grandir l’avant main, revenir aux hanches, et ainsi de suite. 

C’est vrai également que je n’aime guère l’effet d’ensemble, que je n’emploie que de façon rarissime, et pas dans le rassembler.

Donc, pour revenir à la simultanéité des mains et des jambes, il faut relativiser. Pour moi, dès lors que le contact avec la bouche du cheval est établi grâce à des rênes tendues, j’estime déjà avoir une action de mains.

 J’ en ai monté, des chevaux dits “détraqués”, et j’en monte encore des plus ou moins délicats.

Je prendrai un exemple : je travaille un cheval, Quico, qui part extrêmement bien au galop. Il n’est pourtant pas toujours facile dans sa bouche, mais une fois légèrement rassemblé, il part avec une légèreté et un maintien de son attitude tout à fait agréable, la main du cavalier en totale cession, donc jambes sans mains.

 A l’inverse, je travaille un petit cheval, Noyalo, sans doute plus facile dans  son rapport avec la main du cavalier mais qui, ayant une petite raideur aux niveau des hanches,  ne s’articule pas encore très bien dans ses départs au galop. Si je désire m’y prendre comme avec Quico pour partir au galop, donc être en descente de mains, j’ai systématiquement les mains emmenées en avant par un coup de tête. En effet, au lieu de rester placer et de s’articuler, il part d’un coup, avec élan, en se mettant à plat et donc en s’ouvrant. Ainsi mes mains sont-elles entraînées vers l’avant. Une fois au galop il retrouve une attitude plus juste.

 Cette difficulté diminue parallèlement à une bonne progression dans le travail, malgré tout, pour limiter cette mauvaise attitude,  j’ai juste décidé que mes mains ne se laisseraient pas emmener en avant, et que mon cheval resterait dans la même cadence. Ceci ne se fait pas par miracle, se sont bien mes aides régulatrices, buste et mains, qui régulent. Avant la demande, il est en place, et c’est bien au moment de la demande que je dois être vigilante. Mais je ne fais juste qu’essayer de maintenir ce que j’ai en amont du départ, je ne prends pas plus . Je laisse à Noyalo le temps qu’il lui faut pour s’organiser, et trouver la bonne réponse.Toutefois j’estime être dans la simultanéité des deux groupes d’aides.

J’ai alors bien sûr un départ au galop bien plus correct, mais n’estime pas du tout que ce résultat soit équivalent à ce que me donne Quico. Je sais que je vais devoir encore beaucoup travailler pour obtenir  entière satisfaction : départ à l’assiette et en descente de mains.

J’espère que cet exemple vous a parlé et que vous comprenez un peu mieux quel emploi je fais de mes mains et de mes jambes.

Le dialogue reste ouvert!

QUICO : LE RETOUR

Sunday, October 17th, 2010

Bravo, bien vu pour l’abaissement des hanches un peu plus marqué sur la seconde photo. A quoi j’ajouterai que, par voix de conséquence, le grasset est plus fléchi également.
Plus subtil est le fait, souligné par Hélène, que l’allégement de la rêne intérieure sur la seconde photo, permet au cheval de se redresser latéralement, et longitudinalement, en reportant un peu de poids sur son épaule extérieure, ou du moins, en allégeant l’épaule intérieure.

 Où l’on voit que ce sont tous ces petits détails qui font la différence.

Si l’on prend l’exemple de la main, quelques centimètres plus en arrière suffisent à chambouler le fragile équilibre de la légèreté.

utilisation de la main à cheval mh lelièvre

 

LEGERETE.

Wednesday, October 13th, 2010

Observez ces deux photos ci-dessous :

  • Sur la première, le cavalier a la main légèrement trop en retrait, et n’est pas en descente de main.
  • Sur la seconde, la main est légèrement avancée, le cavalier est en descente de main.

  

travail de légèreté blog mh lelièvre

 

travail dans la légèreté blog mh lelièvre

 

Le cheval ne semble t-il pas plus à l’aise sur la seconde photo? Observez bien son arrière main.

Il vaut encore mieux effectuer une descente de main à un moment inopportun, que de ne pas en faire assez souvent, au risque de priver son cheval de ces petits moments de confort et d’autonomie qui lui rendent le travail moins contraignant et de ce fait, un peu plus agréable.

Et puis, rappelons nous en permanence, qu’il faut monter la ceinture vers les mains!!

J’attends vos remarques sur l’arrière main de Quico (et oui, il s’appelle Quico).

DE L’UTILISATION DE LA JAMBE.

Thursday, September 23rd, 2010

Adrien au Portugal

Nous avons précédemment parlé de la jambe fixe. Mais une jambe fixe n’est bien entendu pas une jambe qui a l’interdiction formelle de bouger.

De même nous avons parlé de la jambe décontractée. Et la jambe décontractée, à son tour, n’est pas une jambe qui ne doit se contracter en aucun cas.

Le cavalier peut être amené ponctuellement à bouger soit l’une, soit les deux jambes. En effet, il peut utiliser une jambe isolée en arrière de la sangle pour déplacer les hanches ou partir au galop, mais il peut aussi être amené à faire une action un peu “électrique” des deux jambes à la sangle, pour remobiliser l’attention d’un cheval froid. Alors, il décollera très légèrement les deux mollets, puis les  approchera de façon vive et de courte durée pour le stimuler, et finira par un retour au tonus musculaire zéro. J’insiste sur le fait d’écarter les mollets avant de s’en servir, de manière à ce que l’action soit vraiment “détachée” du cheval, elle n’en est que plus efficace. Pour finir, un cavalier qui fait piaffer son cheval, recule délicatement les deux jambes comme pour aller chercher les postérieurs, et les inciter à s’engager davantage.

 

jambe qui recule légèrement comme pour aller chercher les postérieurs.

La question n’est donc pas de ne pas utiliser ses jambes, mais de les utiliser à bon escient (donc pas en permanence, car alors le cheval se blase et n’apprend pas l’autonomie), et en alternant : contraction, pour créer l’action, et décontraction, pour récompenser la réponse. Il vaut mieux revenir plusieurs fois à ce principe, que de  négliger la décontraction, sous le prétexte que lors de cette phase le cheval se relâche.

Si un cheval est blasé aux jambes, ou s’il n’est pas encore éduqué aux jambes, alors il faut travailler la leçon de la jambe. Voilà à peu près comment elle se déroule : action de jambes (quelle qu’elle soit, une jambe isolée ou les deux) par contraction légère des seuls muscles utiles au mouvement (s) effectué (s) par la ou les jambes, puis décontraction immédiate dans l’attente de la réponse. S’il n’y a pas de réponse, alors action de la cravache (dans le calme et de sang froid, cela va de soi), puis caresser et recommencer aussi souvent que nécessaire. Au cavalier de déterminer, en fonction du niveau du cheval, le nombre de fois ou il répètera sa demande avant d’en venir à la cravache. De plus, pour ne pas surprendre sa monture, il  devra toujours poser cette dernière avant de l’utiliser de manière plus ferme.

Voilà, si certains points vous semblent être à développer, n’hésitez pas à me le faire savoir, et je tâcherai d’aller plus avant dans mes explications.

ENCORE QUELQUES PETITS CONSEILS.

Wednesday, September 15th, 2010

Comment ressentir les différentes parties de son corps afin de mieux les maîtriser.

Voici un exercice inspiré des techniques de relaxation. Sa mise en oeuvre s’avère plus délicate dans le contexte qui nous intéresse, dans la mesure où ce contexte, en l’occurrence, être à cheval, est moins propice à la concentration, que le contexte habituellement requis pour une séance de relaxation, souvent faite, le corps au repos dans un endroit calme et le plus silencieux possible.

Le but que le cavalier vise en entreprenant ce travail, est la conscience de chaque partie de son corps, pour accéder à une décontraction contrôlée, obtenue par une plus grande maîtrise de l’abaissement du tonus musculaire.

Pour commencer, il faut essayer de choisir le moment et l’endroit le plus calme possible pour dérouler sa séance. Ensuite, je recommande de commencer à l’arrêt, avant de s’exercer au pas puis aux autres allures.

Si vous avez suffisamment confiance en votre cheval, fermez les yeux pour ne pas vous laisser distraire, et ne laissez pas votre esprit vagabonder.

Vous allez au contraire vous concentrer  pour  optimiser votre sens du toucher, en affinant votre conscience des contacts. Concentrez vous : votre peau vous envoie des messages. Elle vous parle lorsqu’elle souffre, mais elle vous parle aussi simplement pour vous dire qu’elle ressent le contact de tel ou tel tissu, de telle partie de cuir, des flancs du cheval si vous êtes à cru. Bref, elle ne cesse de vous envoyer des informations que vous allez tenter d’intercepter et d’analyser.

Vous commencerez par le crâne et vous redescendrez jusqu’aux orteils, en prenant partie par partie, et en concentrant votre attention sur chacune des différentes partie du corps.

A chaque fois, vous tâcherez de visualiser intérieurement la partie du corps concernée, en essayant de ressentir la matière avec laquelle elle est directement en contact. Ce sera un excellent moyen d’améliorer la conscience de votre corps, segment par segment, et d’en maîtriser, par la suite, son équilibre et  son tonus musculaire.

C’est aussi un  bon procédé pour vider son esprit de tout ce qui l’encombre habituellement, et donc d’accéder à plus de décontraction.

Par la suite, avec un peu d’entraînement, vous parviendrez à de bons résultats sans fermer les yeux et aux trois allures.

 

Essayez, et donnez vos impressions. 

Chambord Samedi à 7h30. Quel merveilleux endroit pour se recentrer et se vider la tête. Une vrai séance de relaxation!!

REPONSES A VOS QUESTIONS : SUITE

Friday, September 10th, 2010

A propos de :

  • Les petites blessures du cavalier :

Demandez à un cycliste professionnel s’il n’a aucun désagrément lié à sa pratique sportive, et je pense qu’il vous répondra très certainement que, si, cela lui arrive de temps à autre. Le corps n’est pas fait pour subir des contraintes répétées, et en l’occurrence, en  ce qui concerne mon propos : les frottements dus à la selle. La peau arrive à se défendre à certains endroits, par exemple aux mains, où elle fabrique du tissu  supplémentaire pour se protéger (la corne), mais à d’autres, cela n’est pas possible. Alors même si l’on prend un maximum de mesures de précaution, on ne maîtrise pas tous les facteurs responsables de ces petits désagréments, et il me semble donc normal que cela puisse arriver ponctuellement. Et bien sûr, je n’échappe pas à cette règle!

  • L’assiette dans les transitions descendantes :

J’ai souvent entendu dire qu’il fallait bloquer l’assiette pour effectuer les transitions descendantes. Je ne suis pas en accord avec cette idée. Il n’y a pas un seul  exercice que le cheval ne puisse faire sans faire fonctionner son dos, et le cavalier, s’il veut rester en harmonie avec ce dernier, doit considérer qu’il doit à son tour, maintenir le bon fonctionnement de son dos, et de son assiette. Comment espérer obtenir le liant dans une transition, si soi-même on se fige. De plus, qui dit blocage du bassin, dit contraction des abdominaux, et impossibilité de respirer par le ventre. Hors, on sait combien la respiration abdominale est primordiale pour accéder à la décontraction.

  • Les talons descendus :

Ils ne doivent l’être que parce que la cheville étant décontractée, reste  très flexible. Le talon, par conséquent, descend sous le poids de la jambe qui se déploie et “tombe (si elle aussi, est décontractée) dans celui-ci”. A priori, il n’est pas nécessaire de forcer sur la cheville pour obtenir ce résultat. Néanmoins, pour des personnes manquant de souplesse comme moi (je ne suis pas laxe du tout), voici un petit exercice facile à faire pour étirer les muscles des mollets et favoriser ainsi, la descente du talon. Mettez vous sur une marche les pieds joints, en laissant dépasser dans le vide, environ les deux tiers postérieurs des pieds, puis descendez les talons de ce que vous pouvez, sans vous faire mal. Répétez cela quand vous voulez, dès que vous avez une marche à disposition. Sachez restez raisonnables!!

  • Le soutien du dos :

 Si tous les cavaliers se tenaient déjà comme ils se tiennent à pied, une grande partie du travail de redressement du buste serait faite. Hors, pour la piéton lambda qui n’a pas de problème majeur, se tenir droit est naturel, se fait inconsciemment, et dans un relatif état de décontraction. Si à cheval, les choses se compliquent, ce n’est pas tant à cause du dos, qu’à cause d’autres parties du corps qui ne réagissent pas correctement face aux mouvements du cheval.  Si le bassin s’oriente et se mobilise correctement de façon sychrone avec le dos du cheval, et si le cavalier garde son équilibre de piéton, bien au dessus de ses pieds, alors le reste est plus facile à gérer, et le dos du cavalier n’a guère de raisons de se relâcher. Lorsque la poitrine se ferme, les épaules se rabattant vers l’avant, et que le haut du corps se relâche, provoquant des ondulations disgracieuses et des secousses désagréables, c’est en général que les lombaires ne s’articulent pas comme elles le devraient. Dans le cas contraire, le rein étant souple et mobile, le dos reste naturellement soutenu,  la poitrine ouverte, et les omoplates comme se resserrant l’une vers l’autre.

 C’est promis, pour Marie-Laure, et tous ceux que ça intéresse, je ferai d’ici une dizaine de jours, un post sur l’utilisation des jambes. Les piqûres de rappel sont toujours nécessaires!