Archive for the ‘Quelques conseils ou Retours sur cours’ Category

LE REBOND DANS LE PIAFFER.

Friday, May 18th, 2012

Le rebond dans la mobilisation sur place donnant le piaffer, s’acquiert par la mise en place de séries d’exercices bien ciblés.

Bien sûr, un cheval ayant naturellement de la force, présentera un rebond déjà assez marqué, dès le début de l’apprentissage du piaffer.

Pour les autres, les départs au trot très cadencé de l’arrêt, voire du reculer, ainsi que de la mobilisation sur place, seront indispensables  au développement de la force musculaire nécessaire à l’acquisition du rebond.

Les allongements-ralentissements sur de très courtes durées avec un cheval conservant bien sa tonicité dans les ralentissements, pourront s’avérer très intéressants également. Sans oublier non plus les précieux départs au trot de, et dans, l’épaule en dedans, qui, s’ils sont délicats à réaliser pour le cheval, lui font prendre une excellente cadence.

Au delà du seul choix de ces exercices, il faudra en surveiller leur mise en oeuvre, la tonicité devant  rester un point clé.

Aucune “mollesse” ne sera acceptée de la part du cheval, qui devra systématiquement être reporté en avant à chaque fois que l’impulsion diminue.

Même si l’aide d’une tierce personne munie d’une badine peut très ponctuellement être utile, et à la seule condition qu’elle s’en serve avec délicatesse, je déconseille toutefois d’insister comme cela se voit parfois, au delà d’une certaine limite.

Il s’agit juste de donner un rythme de départ au cheval, à l’aide de deux ou trois petites touches seulement, et en aucun cas de l’accompagner à chaque foulée d’un coup de cravache cinglant et ce, pendant de trop longues secondes, qui risquent d’ailleurs, de finir par le tétaniser!

 

LATINA ET LE PIAFFER.

Wednesday, May 16th, 2012

Voici des nouvelles de Latina et de son apprentissage du piaffer.

La jument a pris de la force, et même si elle cherche encore beaucoup sa cadence et son équilibre, elle tend à se stabiliser dans l’exercice.

Sa cavalière a bien travaillé la descente de jambes. Elle est moins fébrile, et de fait, la jument est  plus calme.

Il est évident aussi, que lorsque la cavalière ne s’agite pas, la jument s’organise plus aisément.

Cette petite jument ayant beaucoup de pur sang, elle s’agace vite, et la recherche du calme sera une priorité. Sur cette vidéo, pour bien faire, il aurait fallu arrêter quelques secondes plus tôt.

A suivre… 

TENTATIVE DE PIAFFER SANS FILET.

Tuesday, May 8th, 2012

Même s’il ne piaffe pas encore très bien, Fun a très tôt semblé manifester une attirance pour le travail du rassembler.

En effet, contre toute attente, alors que sa morphologie ne le disposait guère à être à l’aise dans ce type d’exercices, la compréhension de la mobilisation sur place ne lui a posé aucun problème.

Il n’en va pas de même du pas espagnol que ce noble poney ne considère sans doute pas comme assez valorisant pour sa personne. De ce fait, lorsque Fun a enfin exécuté quelques légères jambettes presque dignes de ce nom, c’est probablement pour faire plaisir à sa chère cavalière, si patiente et si douce avec lui!

Je reviens avec un ton plus sérieux, à mes propos sur l’appétence  pour un exercice plutôt que pour un autre. Je trouve intéressant de constater que Fun se lassant très vite du pas espagnol,  finit souvent par quelques foulées de mobilisation sur place, en lieu et place des jambettes!

Récemment, Camille a voulu tester le travail de la descente de main ainsi que la sérénité de son poney au travail. Elle a donc ôté le filet, pour le moment remplacé par une cordelette passée autour de l’encolure.

Bien que beaucoup de points restent encore à parfaire, le résultat est relativement probant, le poney ne cherchant pas à se soustraire à ce qui lui est demandé. Il est serein, certes ne fait pas énormément d’efforts, mais au moins, n’est pas sous tension, et c’est déjà énorme!

Cette petite vérification sans filet n’est pas inutile, il reste encore à pouvoir retirer la cordelette pour être vraiment dans la descente de main.

Nous suivrons les progrès de Fun et de sa cavalière dans les semaines à venir.

 

RÉSISTANCES.

Wednesday, April 18th, 2012

Dans l’art de l’équitation, lorsque que l’on parle des résistances, les termes employés sont souvent proches de ceux employés dans l’art de la guerre. On combat, on rompt, ou bien encore, il est question de s’opposer, ou de résister… aux lignes ennemies.

Dans combattre, il y a battre. Dans rompre, il y a l’idée de  briser, de casser, et dans s’opposer ou résister, il y a une notion de lutte trop évidente.

Si le cheval n’est pas, et n’a jamais été l’ennemi de l’homme, l’inverse se vérifie trop souvent, et sans raison!

Pour ma part, je préfère utiliser des vocables plus souples et qui correspondent mieux à ma philosophie de l’équitation : absorber pour mieux diluer, voire dissoudre les résistances.

Si, comme bon nombre de cavaliers, je rêve de devenir centaure, et ne faire qu’une avec mon cheval, je dois accepter les résistances de celui-ci, puis les faire miennes afin de les faire disparaître.

Un petit tour du côté du dictionnaire n’est pas inutile pour clarifier mon propos. Les définitions proposées sont les suivantes :

Absorber : Faire pénétrer quelque chose en soi, en vue de l’assimiler, ou faire disparaître quelque chose comme par assimilation progressive. Il est bien ici question de faire sien et non de s’opposer.

Dissoudre : Décomposer en désagrégeant les éléments constituants, voire amener un corps solide ou gazeux à former un mélange homogène avec un liquide.

Si la 1ère définition semble bien correspondre à l’intention qui est la mienne lorsque je rencontre les résistances de mes amis équidés, la seconde peut paraître nettement moins adéquate. Les expressions corps solides, gazeux et liquides ne semblent pas très appropriées au domaine qui nous concerne, me direz vous!

Mais imaginez un instant que votre cheval et ses résistances soient le corps solide, et que le cavalier se ressente comme l’élément liquide. Il oeuvrera  pour la dissolution des résistances afin de retrouver une homogénéité dans le rapport de force entre son cheval et lui-même, de sorte que tout devienne plus…coulant!

DE L’IMPORTANCE DE DÉCONTRACTER LES ORTEILS !

Sunday, February 12th, 2012

Le titre de ce post pourrait prêter à sourire, mais en réalité, il sert à mettre en évidence l’importance du plus petit élément du corps du cavalier. Car, que celui-ci vienne à dysfonctionner, et c’est la posture toute entière  qui dysfonctionne.

Oh, bien sûr! Pas toujours de façon notoire, mais suffisamment pour que l’impression d’harmonie qui émane du couple cheval-cavalier soit altérée.

Si cette harmonie semble quelque peu altérée, c’est peut-être que le cheval n’est pas très à l’aise, que le “bouquet de sensations”, pour reprendre une expression de J.C. Barrey, qu’il ressent, perd en cohérence et ne permet pas un résultat optimal dans la réalisation du mouvement qui lui est demandé.

Lorsque l’on admire un cavalier parce qu’il est bien placé et qu’il agit avec justesse, c’est la position dans sa globalité que l’on admire, et par voie de conséquence, ce qu’elle produit.

Or, cette position globale est en réalité le résultat d’une maîtrise totale de chaque partie du corps. C’est un peu comparable à un beau puzzle : aucune pièce ne manque, chacune est à sa place, et toutes sont orientées dans le sens qui doit être le leur.

La posture est le résultat des actions combinées du système nerveux, des muscles, des articulations et du squelette. Elle est aussi le reflet des émotions et de l’état mental du cavalier.

Sans cesse la posture, du fait de sa constante interaction avec le cheval, doit se modifier afin de se réajuster au mieux en toutes circonstances. Le cavalier reçoit des stimuli qui sont traités par le système nerveux central. Des commandes de réorganisation posturale sont ainsi envoyées au corps qui s’adapte pour se ré-harmoniser en permanence avec le cheval.

Pour que le cavalier ait une sensation agréable de son corps comme globalité, il ne doit pas perdre de vue qu’il y a en amont, un long  travail portant sur la maîtrise de l’accord entre association et dissociation subtiles des différentes parties du corps. Ceci étant le résultat de la possibilité de maintenir décontractées les parties du corps non impliquées lors d’une action. Les informations parasites sont alors évitées, et le cavalier garde toute sa cohérence vis-à-vis de sa monture.

Ainsi, pour en revenir au titre de ce post, et pour conclure, vous comprendrez que lorsque je fais travailler un élève, je ne néglige nullement de lui parler de la décontraction des ses orteils. Ceux-ci peuvent être, ou la cause, ou la conséquence d’un problème. Dans le premier cas, des doigts de pied en appui forcé contre la semelle, peuvent tout simplement s’opposer à la descente de la jambe. Ils contribuent à verrouiller la cheville, et empêchent ainsi le talon de descendre librement, et la jambe de trouver toute sa place. Dans le second cas, ils peuvent être un des signes visibles d’une jambe contractée et non descendue, conséquemment au mauvais équilibre du buste, ou à un bassin verrouillé.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas anodin, et il est très intéressant de faire travailler le cavalier sur la conscience qu’il a de la place et de l’état de ses orteils. J’ai pris les orteils comme exemple, mais il en va de même pour toutes les autres parties du corps.

Je pense qu’il y a un travail fort enrichissant à faire sur la relaxation mise au service de l’équitation. J’ai déjà abordé ce thème voilà plusieurs mois sur un post. Si vous êtes intéressés, vous pouvez aller le lire en cliquant sur le lien suivant : “En cliquant ici” .

 

 

 

 

 

RÉPONSES A VOS COMMENTAIRES.

Sunday, November 27th, 2011

Encore merci à tous pour votre participation active!

Voici quelques réponses à vos commentaires :

Je propose à Marilou de lire deux posts que j’ai écrits voilà déjà un moment et pouvant lui être utiles, dans la mesure où ils concernent la descente d’encolure :

  • “Mains basses ou pas?” (27/12/07)
  • “Approche du travail les mains hautes.” (30/03/08)
Si bien sûr, ces posts ne suffisent pas, j’ajouterai des éléments.
Que Will se rassure, je suis un peu comme lui, à considérer que “le mors, c’est la main”, et il m’est arrivé un certain nombre de fois, de conseiller à des cavaliers d’essayer d’apporter quelques corrections à leurs actions de mains, avant d’envisager de changer de mors.
Cependant, voici ce qui m’est arrivé il y a quelques semaines. Mon cheval, qui avait le même mors depuis des années, s’est mis à secouer la tête à chaque fois que je le bridais. Même s’il disparaissait après quelques instants, l’inconfort semblait important.
J’ai fait venir le dentiste, mais cela n’a rien changé. J’ai alors envisagé qu’Arly puisse être sensible au contact froid du métal. Je sais combien il est douloureux pour un humain d’avoir les collets dentaires dénudés, alors pourquoi pas pour un cheval! Depuis que j’utilise un mors en résine, Arly se laisse brider sans réaction particulière.
Alors je peux tout à fait concevoir  qu’un cheval ne supporte pas un mors trop lourd, des canons trop gros ou trop fins. J’ai monté un cheval qui avait le palais particulièrement plat et ne supportait que les mors à double brisures, ceux à brisure unique faisant une saillie qui le blessait.
FILET 'GOLD BRAS', DOUBLE BRISURE HH (41003028) - Cliquez sur l'Image pour la Fermer
Pour terminer, je tiens à remercier Silou, par qui j’ai appris l’existence de Britta Schöffmann que je ne connaissais pas, et encore moins son échelle de progression. Certains seront sans doute choqués par tant d’ignorance, Silou je l’espère, sera rassurée : toute éventualité de plagiat se trouve ainsi rejetée.
Je ne nie pas pour autant avoir des référents qui m’inspirent et m’aident parfois à avancer ou à mieux comprendre certaines choses.
Ainsi, si j’étais confrontée à un problème venant d’outre rein, je n’hésiterais pas à donner le nom du médecin auquel je m’adresserais. De la même façon, je n’hésite pas à citer le nom de Gerd Heuschmann, vétérinaire bien connu d’outre Rhin, et aux propos duquel, j’adhère tout à fait.
Gerd Heuschmann - Dressage moderne : un jeu de massacre ?
Plus sérieusement, à propos de l’adduction et de l’abduction, je tenais à souligner que ce sont des mouvements qui ne sont pas exclusivement liés aux déplacements latéraux.L’adduction se produit aussi quand un membre se rapproche de l’autre, et l’abduction, quand il s’en écarte (bien sûr, je parle de bipède antérieur ou postérieur).
Sur cette photo, les antérieurs sont plutôt en abduction car ils s’écartent l’un de l’autre.
Sur cette autre, ils sont en adduction, car ils se rapprochent l’un de l’autre.
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec Silou, lorsqu’elle dit que les éthologues ne se mettent pas à la portée des gens, et je trouve bien au contraire que  les auteurs que j’ai cités sont vraiment accessibles. Si je prends l’exemple du livre de Jean-Claude Barrey, il me semble clair et compréhensible, avec l’avantage d’offrir au lecteur plus versé des les sciences, des encadrés dans lesquels ce dernier peut trouver des données plus pointues et moins vulgarisées. Et puis lire plusieurs fois un passage un peu plus technique n’est pas bien grave si l’on est passionné! Cela aide aussi à mieux le fixer.
Je pense que pour qu’un apprentissage soit réussi et qu’il y ait appétence pour le mouvement appris, il faut, comme toujours, trouver un juste équilibre entre les répétitions d’exercices et les temps de repos, le rodage ne s’obtenant pas par le rabâchage. Le cavalier doit sentir quel rythme convient à tel ou tel cheval, il n’y a pas de recette miracle.
A votre tour, et comme le suggère Silou, n’hésitez pas à donner votre avis!!

TRAVAILLER BAS ET LONG, PLUTÔT QUE BAS ET ROND.

Tuesday, May 10th, 2011

Ce sujet me semble tellement intéressant et important qu’il me semble préférable de faire une réponse à Silou, ouverte à tous.

Lorsque je dis :“Attention ! Ne pas forcer dans ce travail et toujours garder la ligne du dessus étirée car, sans quoi, il peut y avoir un écrasement du disque dans sa partie postérieure avec micro hernies vers le canal médullaire…” Silou se demande si :
“… ce commentaire signifie qu’on doit toujours travailler “bas et long” c’est à dire chanfrein en avant de la verticale, sans chercher le chanfrein vertical et interdire absolument au cheval de venir en dedans de la verticale sous peine de perdre l’effet bénéfique ou dois- je comprendre que même en descente totale d’encolure le cheval peut venir se mettre creux et ainsi créer un endroit de pincement ???”

Non, en descente d’encolure, il y a peu de risques qu’un cheval se creuse. Ce que je veux dire, c’est de faire bien attention à ce que le cheval ne passe pas en arrière de la verticale, sous peine de voir des lésions des cervicales survenir tôt ou tard.

Le cheval peut commencer bas et étiré vers l’avant, et venir progressivement jusqu’à la verticale, si cela lui est possible.

Mais j’insiste vraiment sur le fait qu’il ne faut, ni plaquer la tête du cheval, ce qui force sur les premières cervicales, ni trop “enrouler” l’encolure, ce qui force sur les autres cervicales.

 Ici, le cheval est encore trop en arrière de la verticale.

Ci dessous, l’attitude est meilleure.

Avec un cheval “neuf” à peine travaillé, ou avec un cheval correctement travaillé, le cavalier a juste à surveiller sa main.

 Avec un cheval qu’il faut re-dresser, la chose n’est pas aussi aisée et peu prendre beaucoup de temps. Le travail rênes longues peu s’avérer très bénéfique pour faire oublier momentanément au cheval le rapport conflictuel qu’il a eu avec une mauvaise main. Il faut le libérer du carcan qui l’enfermait.

Avec certains cas particulièrement enfermés, il faut aller jusqu’à susciter chez le cheval, l’envie de tirer les rênes vers l’avant…et vers le bas, évidemment!

Ensuite, il y a la conformation et la souplesse du cheval, qui peuvent être des freins à un travail correct. Un cheval court dans sa ligne du dessus, ou ne serait-ce que dans son encolure, peut avoir des difficultés à s’étirer, à moins qu’il ne soit souple. Mais s’il est trop “musculeux”, ce sera également plus délicat pour lui. Je ne parle même pas du vrai raide, à qui il faudra encore plus de temps.

 

 

 

 

Jordan a une ligne du dessus assez courte, et peine parfois à se déployer.

Mais il y a aussi  les sujets trop laxes, qui passent en arrière de la verticale d’un rien. Je constate assez souvent cette tendance sur les chevaux ibériques, souvent très souples et réactifs. Et ce n’est pas parce qu’ils le font spontanément, et sans que l’action de main soit nécessairement très importante, qu’il faut l’accepter. Attention, c’est parce que ces chevaux sont souples et qu’ils sollicitent beaucoup et avec facilité leurs articulations, qu’ils ont souvent de l’arthrose. Je pense qu’à qualité égale de travail, avec un cavalier qui ne force pas, les articulations d’un cheval raide, sont en quelque sorte, protégées par ce manque de souplesse.

Je vous donne un exemple concret rapporté à l’humain : je suis d’un naturel raide. Je ne me suis fait qu’une fois une entorse pas très sévère, après être toutefois tombée d’une bonne hauteur d’une échelle. A contrario, j’ai une amie beaucoup plus souple que moi qui s’est fait une entorse du genou avec  rupture du ligament croisé antérieur juste parce qu’elle projetait sa jambe vers l’avant pour un pas de danse…A méditer.

En conclusion,  je pense qu’il faut commencer le travail monté par un travail en extension d’encolure. Cet étirement est très important, assouplissant les chevaux raides, et assurant l’ intégrité physique des plus souples. Il en va dans ce domaine, des chevaux comme des humains, pour lesquels les étirements sont fortement conseillés.

Toutefois un rappel de certaines règles à respecter n’est pas inutile. On augmente en premier lieu la température du corps avant de commencer les étirements : on ne demande rien de contraignant à froid.

Ensuite il ne faut pas forcer pour obtenir plus. Il faut savoir être patient et se contenter de ce que donne chaque cheval. Même si c’est peu, c’est mieux que pas du tout. Se rappeler que si certains sont en extension en deux séances, d’autres mettent des mois, et certains ne le seront peut-être jamais. Ce n’est pas pour autant qu’il faut abandonner l’exercice, et encore moins se fâcher. Proportionnellement au potentiel physique, le cheval qui met son nez par terre ne travaille peut-être pas plus que celui qui reste 50cm plus au dessus. En ce qui me concerne, je ne poserai probablement jamais mes mains à plat sur le sol, mais à force de pratiquer les étirements chaque soir, j’ai gagné en souplesse, et de mois en mois, je descends un peu plus bas.

A suivre, si vous voulez développer…

REPONSES AUX QUESTIONS POSEES : SUITE.

Monday, February 21st, 2011

Voici quelques réflexions relatives à des questions posées récemment sur ce blog.


Je reviens sur le commentaire d’Alexandra dans lequel elle dit qu’elle part au galop en mettant les deux jambes. Je trouve cela un peu dommage dans la mesure où cet ensemble d’actions perd un peu de sa valeur mécanique, ou plutôt physique sur le cheval.

En effet chaque jambe, en agissant comme ceci ou comme cela  a un effet bien précis sur le cheval : effet impulsif, effet de redressement des hanches etc…Pour ma part, pour un départ au galop, je sollicite particulièrement, dans un premier temps, le postérieur interne par l’action de ma jambe intérieure à la sangle. Je suis éventuellement sur un cercle, pour revenir ensuite à la piste dans un soupçon d’épaule en avant, et quand je sens mon cheval prêt à partir, alors seulement je glisse très légèrement ma jambe extérieure en arrière pour déclencher le galop, avec, bien sûr, tous les dosages requis pour chaque cheval, et donc chaque sensibilité. Je me garde bien de surcharger le cheval d’une trop importante difficulté supplémentaire.

 Je fais une petite parenthèse en pensant à ce que Silou racontait dans son commentaire à propos  des tours et des tours en épaule en dedans effectués pour résoudre un problème : il n’est en effet pas rare de voir des cavaliers vouloir rectifier des défauts liés à une difficulté, en ajoutant une autre difficulté. Par exemple : le cheval a des problèmes pour partir droit au galop, et se traverse toujours un peu, donc le cavalier se met en épaule en dedans et demande le départ ainsi, alors que c’est beaucoup plus difficile. Je pense qu’il vaudrait mieux gymnastiquer avant le départ, redresser, et partir au galop. Cela me paraît davantage respecter le physique du cheval et la logique de l’apprentissage.

Les erreurs que l’on peut commettre lors de l’apprentissage d’un exercice peuvent être dues à une mauvaise évaluation de la sensibilité du cheval. Il peut s’agir aussi, et je le rencontre souvent, d’une mauvaise répartition du dosage des aides. Prenons l’exemple de l’aide de l’assiette dansl’épaule en dedans. Lorsqu’il est recommandé de mettre le poids du corps à l’extérieur, il ne s’agit en aucun cas d’appliquer coûte que coûte ce conseil à la lettre. Il est, avant toute chose, indispensable de sentir son cheval afin d’apprécier au mieux dans quelle mesure exactement on peut mettre en application ce conseil : un peu, moyennement, beaucoup, voire pas du tout.
Pour terminer ce post, j’aimerais “rebondir” sur le dernier commentaire envoyé par Laurence. Ce qu’elle dit est tout à fait intéressant, et comme elle, j’utilise beaucoup la “tension” de mon dos pour partir au galop. Néanmoins, j’ajouterai la nuance suivante. Quoi que je fasse, j’essaie toujours de rechercher le maximum de profondeur dans l’assiette pour être toujours liée au dos du cheval afin de ne pas le gêner dans sa locomotion. J’évite de bloquer le rein, car alors c’est tout le bassin qui se verrouille.

A suivre, une autre discussion à propos de vos commentaires…

DE L’UTILISATION DE LA JAMBE EXTERIEURE DANS CERTAINS EXERCICES.

Sunday, February 13th, 2011

Il est clair qu’il peut y avoir confusion chez le cheval si, épaules en dedans, têtes au mur et départs au galop sont entamés par l’action de la jambe extérieure.
Pour l’épaule en dedans, je commence par déplacer les épaules vers l’intérieur après avoir pris soin d’activer le postérieur interne grâce à la jambe intérieure à la sangle, puis action de la jambe extérieure si besoin est.
Personnellement, je ne suis pas pour reculer de façon systhématique la jambe extérieure dans l’épaule en dedans. Au risque d’en faire hurler certains, j’ose dire que déjà, j’autorise un jeune cheval qui découvre l’épaule en dedans, et qui donc fait ce qu’il peut, à chasser légèrement les hanches dès les tout débuts de l’apprentissage.

J’ai vu de nombreux chevaux hésiter à aller de côté tout simplement parce que la jambe extérieure trop présente,  venait contrarier l ’ action de la jambe intérieure qui tentait de faire marcher latéralement. Ensuite, lorsque le cheval a bien compris le déplacement de côté, je règle la place des hanches, d’abord en règlant parfaitement celle des épaules, puis si vraiment cela s’avère insuffisant, je canalise par un léger retrait de la jambe extérieure.
Pour la tête au mur, je demande toujours un léger ploiement interne de l’encolure et de la tête avant de reculer ma jambe extérieure, et dans le départ au galop, j’essaie de ne pas déplacer les épaules vers l’intérieur, ni de marquer autant le pli.
Certe il y a toujours des cas particuliers qui demandent des recours à des attitudes plus marquées et plus propices à la confusion. Dans ces cas là, la voix est une aide précieuse qui peut aider à la différenciation des exercices, et quoi qu’il en soit, ces attitudes ne doivent pas durer dans le temps.

A suivre…

RECTIFICATIONS!

Friday, December 3rd, 2010

Il me coûte un peu de devoir expliquer que lorsque je suggère dans un post qu’un cheval ou qu’un cavalier peut être limité, ce n’est évidemment pas qu’il est bête!!! Non mais voyons! Soyons un peu sérieux, ce post est un peu plus élevé que cela tout de même!
Depuis 25 ans que j’enseigne, il m’est fort heureusement venu à l’esprit qu’un cheval ou un cavalier pouvait être limité par ses capacités physiques et par son degré d’apprentissage!

Passée cette introduction, il me paraît nécessaire d’apporter quelques indications plus fournies à propos de mon dernier post.
Je suis heureuse de constater qu’il ne vous laisse pas sans réactions. Réactions vives, même!
C’est très bien, car cela relance le dialogue.
Mais ceci montre également combien il est difficile, en quelques mots, de se faire bien comprendre.
En cherchant à être concise pour ne pas ennuyer le lecteur, j’ai sans doute omis de préciser certains points sans lesquels mes propos ne reflètent pas suffisamment l’esprit dans lequel j’utilise mes mains et mes jambes.


Avant toutes choses, j’aimerais préciser que lorsque je parle de simultanéité des jambes et des mains, il ne s’agit en aucun cas du “tirer et pousser en même temps”, ou du “pousser sur la main”, si vous préférez, principe contre lequel je suis opposée.

Adrien, qui est bien loin du “pousser sur la main”!

Maintenant, je vais tenter de vous éclairer davantage sur l’emploi de mes mains. Ayant une notion très classique, voire baroque du contact, je n’hésite pas, lorsque je le peux, quand mon cheval est prêt, à avoir les rênes détendues, flottantes, diraient certains, comme on le voit souvent sur les gravures équestres du XVIIe et XVIIIe siècle.

Donc, quand je pratique le mains sans jambes- jambes sans mains, je ne me contente pas de ne plus rien demander avec les mains tandis que je mets les jambes, non, je rends vraiment de la main en l’avançant, et en ouvrant les doigts. Evidemment, cette action peut ne durer qu’une petite seconde!

             

 

 En ce qui me concerne, c’est dans le travail du rassembler que je ne souffre aucun compromis dans l’emploi des jambes et des mains. C’est l’alternance uniquement, éventuellement sur un laps de temps très très court, certes, mais l’alternance. Je trouve que cela donne plus de “liberté” au cheval. De plus, j’aime l’idée de jouer de façon très délicate sur l’équilibre du cheval : engager les hanches, grandir l’avant main, revenir aux hanches, et ainsi de suite. 

C’est vrai également que je n’aime guère l’effet d’ensemble, que je n’emploie que de façon rarissime, et pas dans le rassembler.

Donc, pour revenir à la simultanéité des mains et des jambes, il faut relativiser. Pour moi, dès lors que le contact avec la bouche du cheval est établi grâce à des rênes tendues, j’estime déjà avoir une action de mains.

 J’ en ai monté, des chevaux dits “détraqués”, et j’en monte encore des plus ou moins délicats.

Je prendrai un exemple : je travaille un cheval, Quico, qui part extrêmement bien au galop. Il n’est pourtant pas toujours facile dans sa bouche, mais une fois légèrement rassemblé, il part avec une légèreté et un maintien de son attitude tout à fait agréable, la main du cavalier en totale cession, donc jambes sans mains.

 A l’inverse, je travaille un petit cheval, Noyalo, sans doute plus facile dans  son rapport avec la main du cavalier mais qui, ayant une petite raideur aux niveau des hanches,  ne s’articule pas encore très bien dans ses départs au galop. Si je désire m’y prendre comme avec Quico pour partir au galop, donc être en descente de mains, j’ai systématiquement les mains emmenées en avant par un coup de tête. En effet, au lieu de rester placer et de s’articuler, il part d’un coup, avec élan, en se mettant à plat et donc en s’ouvrant. Ainsi mes mains sont-elles entraînées vers l’avant. Une fois au galop il retrouve une attitude plus juste.

 Cette difficulté diminue parallèlement à une bonne progression dans le travail, malgré tout, pour limiter cette mauvaise attitude,  j’ai juste décidé que mes mains ne se laisseraient pas emmener en avant, et que mon cheval resterait dans la même cadence. Ceci ne se fait pas par miracle, se sont bien mes aides régulatrices, buste et mains, qui régulent. Avant la demande, il est en place, et c’est bien au moment de la demande que je dois être vigilante. Mais je ne fais juste qu’essayer de maintenir ce que j’ai en amont du départ, je ne prends pas plus . Je laisse à Noyalo le temps qu’il lui faut pour s’organiser, et trouver la bonne réponse.Toutefois j’estime être dans la simultanéité des deux groupes d’aides.

J’ai alors bien sûr un départ au galop bien plus correct, mais n’estime pas du tout que ce résultat soit équivalent à ce que me donne Quico. Je sais que je vais devoir encore beaucoup travailler pour obtenir  entière satisfaction : départ à l’assiette et en descente de mains.

J’espère que cet exemple vous a parlé et que vous comprenez un peu mieux quel emploi je fais de mes mains et de mes jambes.

Le dialogue reste ouvert!